Des funérailles plus flexibles

Alain Chartier, directeur général d'Harmonia, pose dans la... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Photo Martin Chamberland, La Presse

Alain Chartier, directeur général d'Harmonia, pose dans la chapelle de la basilique Notre-Dame-du Sacré-Coeur, un lieu prisé pour les cérémonies funèbres.

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Les Urgel Bourgie de la métropole n'ont qu'à bien se tenir. L'entreprise Harmonia, de Québec, implante à Montréal son approche événementielle des rites funèbres. Le concept plaira particulièrement aux baby-boomers et aux personnalités publiques dont les proches sont soucieux de trouver la meilleure façon de leur rendre un dernier hommage.

Le modèle traditionnel des rites funèbres, embaumement-cercueil-salon-funérailles-cimetière, est en perte de vitesse pour toutes sortes de raisons, à commencer par la popularité de la crémation. Aujourd'hui, près de 8 corps sur 10 sont incinérés.

La crémation ouvre toute grande la porte de la créativité dans les rituels funéraires, en éliminant les contraintes de temps et d'espace liées à la manipulation de la dépouille. «Le défunt devient plus mobile», dit, pince-sans-rire, Alain Chartier, directeur général d'Harmonia, que nous avons rencontré jeudi dernier à son bureau de Montréal. «Pour quelqu'un originaire de la Côte-Nord qui meurt à Montréal, on peut très bien organiser une cérémonie en présence des cendres à Baie-Comeau 15 jours après le décès», fait-il remarquer.

Harmonia a été cofondée en 2006 par Yvon Rodrigue, Paul Bleau et Alain Chartier. À eux trois, ils cumulent environ 75 années d'expérience dans l'industrie funéraire. MM. Rodrigue et Chartier ont aussi cofondé le Centre funéraire Côte-des-Neiges, aux portes de l'immense cimetière du Mont-Royal.

Dans la région de la Vieille Capitale, l'entreprise détient environ 5% du marché des décès et ça continue de croître. Elle emploie 30 personnes et dispose de quatre points de service. Harmonia vient d'ouvrir un premier bureau dans le Vieux-Montréal; d'autres suivront à Laval et sur la Rive-Sud.

«On a tenu une cérémonie la semaine dernière, donne en exemple M. Chartier. Le défunt était un professeur d'histoire. Tout se faisait au Château Dufresne (une résidence bourgeoise de la rue Sherbrooke Est, au coin de Pie-IX, transformée en musée) en présence des cendres du défunt. Les gens ont d'abord exprimé leurs condoléances et les proches ont échangé pendant quelques heures. On a suivi avec une cérémonie personnalisée. On a eu un célébrant neutre, non religieux, qui avait rencontré la famille et qui avait préparé des textes significatifs: des poèmes, des lectures (...). On parle d'une cérémonie taillée sur mesure en fonction de ce que la famille souhaitait.»

Des lieux prisés

Les musées constituent des lieux recherchés pour ce genre de cérémonie à la carte, comme le Musée national des beaux-arts du Québec, à Québec, ou le Château Ramezay, à Montréal. La chapelle de la basilique Notre-Dame-du-Sacré-Coeur est un autre lieu prisé.

Certes, les entreprises traditionnelles de pompes funèbres s'adaptent à la demande en offrant la crémation sans exposition, le rituel en présence des cendres, la réception des condoléances par la famille, la cérémonie laïque ou pas, et la disposition des cendres dans un columbarium. L'enterrement au cimetière tend à disparaître, à moins que la famille du défunt y possède déjà un lot.

Pour sa part, Harmonia n'a pas ou peu d'éléments d'actif à vendre ou à louer: ni salon ni parc automobile ni cercueils. Elle fait appel à des entreprises spécialisées dans les services dont elle a besoin comme la crémation et le transport du corps. Cette flexibilité permet à la société d'offrir un service complet pour une somme allant de 1500$ à 4000$, comparativement à une facture pouvant atteindre de 8000$ à 15 000$ pour le modèle traditionnel avec cercueil, enterrement et monument.

Pour se faire connaître des Montréalais, Harmonia mise sur le Web. Une recherche sur Google avec les mots-clés «rituel funéraire» ou «crémation» donne de bonnes chances de tomber sur Harmonia.ca. Une campagne de visibilité est en cours à la radio et dans les journaux.

Nombre de décès au Québec

59 300 en 2011

100 000 en 2040 (projections)

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