Votre cellulaire avec ou sans menottes?

Désormais, les fournisseurs devront déverrouiller gratuitement l'appareil de... (Photo Martin Chamberland, Archives La Presse)

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Désormais, les fournisseurs devront déverrouiller gratuitement l'appareil de leurs clients, alors qu'ils imposaient des frais d'environ 50 $ jusqu'ici.

Photo Martin Chamberland, Archives La Presse

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Cette année, Noël arrive le 1er décembre pour les 30 millions d'utilisateurs de téléphone mobile. À partir d'aujourd'hui, finies les menottes sur les cellulaires, gracieuseté du CRTC.

Désormais, les fournisseurs devront déverrouiller gratuitement l'appareil de leurs clients, alors qu'ils imposaient des frais d'environ 50 $ jusqu'ici. De plus, tous les nouveaux appareils devront être vendus déverrouillés, en vertu des modifications que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) vient d'apporter au Code sur les services sans fil.

Bravo ! Depuis le temps qu'on réclamait l'abolition de cette barrière à la concurrence pure et simple. À partir de maintenant, les clients pourront changer de fournisseur, tout en conservant leur appareil, sans avoir à débourser ces frais de sortie déguisés.

À l'avenir, les consommateurs qui voyagent à l'étranger auront aussi toute la liberté d'acheter une carte SIM d'un fournisseur local et de l'insérer dans leur téléphone.

Il s'agit d'une solution très efficace pour éviter les frais d'itinérance astronomiques imposés par les fournisseurs canadiens aux clients qui utilisent leur appareil à l'extérieur du pays.

Par ailleurs, le déverrouillage des téléphones mobiles pourrait donner une deuxième vie à une tonne d'appareils d'occasion qui dorment dans les tiroirs des Canadiens, étant donné que ceux-ci conservent leur portable moins de trois ans (33 mois en moyenne) avant de s'en procurer un autre. En déverrouillant gratuitement leur ancien appareil, il leur sera plus facile de l'offrir à un proche qui n'a pas besoin d'un modèle dernier cri ou de le revendre sur un site de petites annonces en ligne. L'environnement en sortira gagnant.

***

Mais une question demeure. Même si les menottes ont disparu, les consommateurs qui magasinent un nouveau téléphone doivent se demander s'il est plus économique d'acheter leur nouvel appareil en payant la facture au complet dès le départ ou plutôt de financer leur nouveau joujou avec un contrat de deux ans.

Bien sûr, en optant pour un engagement de 24 mois, ils se retrouveront encore menottés à un fournisseur, car celui-ci leur imposera des pénalités en cas de résiliation anticipée pour couvrir l'amortissement du téléphone. Mais le jeu peut en valoir la chandelle...

Pour en avoir le coeur net, j'ai demandé à Plan Hub de faire des comparaisons. « Le résultat est assez surprenant ! », a constaté Nadir Marcos Mechaiekh, le président de ce site web de comparaison de forfaits cellulaires.

Il a analysé des téléphones plus chers et des modèles d'entrée de gamme. Il a étudié des forfaits minimalistes et d'autres qui s'adressent aux gros utilisateurs. Son constat ? « À partir du moment où le client a besoin de données sur son appareil, il est presque toujours plus intéressant de financer l'appareil dans un contrat de deux ans », résume le spécialiste.

Prenons un client qui reluque le Samsung S8 64 Go. Avec un engagement de 24 mois, il lui en coûtera 1834 $ pour un forfait costaud (appels illimités + 8 Go). C'est 400 $ de moins que s'il payait le téléphone de sa poche (1034 $) et prenait ensuite un forfait « apportez votre téléphone » (1201 $), ce qui lui reviendrait à 2235 $.

En fait, les forfaits « apportez votre appareil » sont une mauvaise affaire, dans la majorité des cas. Et lorsqu'ils sont plus avantageux, l'économie est assez mince.

L'exercice de Plan Hub démontre clairement que les fournisseurs sont moins tendres envers les clients sans contrat, qui présentent un risque plus élevé de désabonnement.

Pas de menottes, pas de cadeaux !

***

Je profite de l'occasion pour souligner d'autres changements dignes de mention pour les utilisateurs de cellulaires, plus particulièrement les familles qui ont un forfait multi-utilisateur.

Le CRTC a clarifié une bonne fois pour toutes que c'est le titulaire du compte (papa ou maman qui paie la facture) qui doit donner son accord pour les frais d'utilisation excédentaire de données et les frais d'itinérance de données au-delà des limites fixées (50 $ et 100 $ par mois, respectivement).

Dans le passé, on a vu des fournisseurs demander l'autorisation à un autre utilisateur (fiston qui n'y comprend rien), ce qui a occasionné des factures surprises.

Le CRTC a aussi précisé que la limite des frais excédentaires s'applique pour l'ensemble du compte, peu importe le nombre d'appareils qui y sont associés.

Même si ces règles sont déjà en vigueur depuis belle lurette et que les clarifications du CRTC s'appliquent déjà depuis plusieurs mois, Telus et Rogers ont demandé une prorogation jusqu'au 31 mars et au 31 mai respectivement.

Le CRTC ne s'est pas encore prononcé. Mais si vous êtes victime d'un choc de facturation à cause du dépassement de données dans un forfait familial, sachez que vous êtes en droit de porter plainte à la Commission des plaintes relatives aux services de télécom-télévision (CPRST).

«À partir de maintenant, les clients pourront changer de fournisseur, tout en conservant leur appareil, sans avoir à débourser des frais de sortie déguisés.»





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