Notre retraite comme le pont Champlain

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Quand j'entends Ottawa dire qu'il n'est pas question de colmater les trous de nos régimes de retraite publics, je crains que nos vieux jours ressemblent au pont Champlain.

Voilà des années qu'on discute des failles de notre système de retraite. Mais au lieu d'apporter les correctifs nécessaires, on préfère pelleter les problèmes en avant. Plus on attend, plus ça se dégrade. Et dans 40 ans, la solution coûtera encore plus cher. Gageons qu'il faudra commander une super-poutre en catastrophe pour que ça tienne debout!

Parmi les ministres des Finances des provinces réunis ces derniers jours au lac Meech, il y avait pourtant un consensus très clair pour bonifier le Régime des pensions du Canada (RPC) et son équivalent au Québec, le Régime des rentes du Québec (RRQ). Mais comme le fédéral est farouchement contre, c'est l'impasse.

Dans ce contexte, Alban D'Amours reprend son bâton du pèlerin. Il veut vendre au reste du Canada l'idée de sa rente longévité. Cette rente qui serait versée à tous les travailleurs à partir de 75 ans jusqu'à la fin de leurs jours était la pièce centrale du rapport déposé en avril dernier par son comité d'experts mandaté par Québec.

«Notre rente longévité, nous y croyons encore fermement. Elle doit inspirer le Québec et les provinces, soutient M. D'Amours. Convainquons le reste du Canada que c'est la voie à suivre. Ce n'est pas parce qu'Ottawa dit non que tout s'arrête. Le débat dure depuis des années. Et il va se poursuivre.»

Traduit dans la langue de Shakespeare, le rapport D'Amours «circule» à Ottawa et à Toronto. «Vous direz que je suis optimiste, mais je pense que le «momentum est en train de se bâtir», avance l'ancien patron du Mouvement Desjardins.

«Le Québec pourrait faire cavalier seul, enchaîne-t-il. Mais on convient tous que l'approche optimale serait que le Canada dans son ensemble adopte cette voie-là.»

Plusieurs provinces prônent la bonification pure et simple du RPC/RRQ. Certaines voudraient doubler le régime. Les prestations permettraient ainsi aux retraités de remplacer la moitié de leurs revenus d'emploi, contre seulement le quart en ce moment, jusqu'à concurrence d'un salaire de 51 100$. Les retraités pourraient donc recevoir jusqu'à 24 300$ par année, au lieu d'un maximum de 12 150$ présentement.

Mais une bonification de la RRQ a plusieurs inconvénients.

La RRQ comporte un important déficit intergénérationnel. On ne voudrait pas alourdir davantage le fardeau des jeunes.

On sait déjà qu'ils devront cotiser trois fois plus que leurs aînés parce que le taux de cotisations n'était pas suffisant au départ. La RRQ sera en mode rattrapage au moins jusqu'en 2017, et peut-être même jusqu'en 2019. La cotisation atteindra alors 11% du salaire, séparée à parts égales entre l'employeur et l'employé.

Doubler la générosité de la RRQ mènerait le taux de cotisation à plus de 20%. Il n'en faut pas tant pour que le patronat déchire sa chemise et que le lobby des services financiers crie à la «nationalisation» de la retraite.

Pour eux, la rente longévité serait donc un moindre mal, une solution de compromis. En effet, la cotisation de la rente longévité serait de seulement 3,3% du salaire par année (1,65% employeur/employé). Beaucoup moins cher qu'une bonification du RPC/RRQ.

Comme elle ne serait versée qu'à partir de 75 ans, la rente longévité n'inciterait pas les travailleurs à quitter le marché du marché trop vite, comme le redoute Ottawa avec une bonification du RPC/RRQ.

Et puis, les travailleurs auraient encore la responsabilité d'épargner pour leurs premières années de retraite. Pour y parvenir, ils auraient la flexibilité d'investir à leur guise (CELI, REER, immobilier, etc.). De quoi calmer les investisseurs qui n'aiment pas se faire dicter leurs choix.

Enfin, la rente longévité respecterait l'équité intergénérationnelle puisqu'elle serait pleinement capitalisée. Autrement dit, l'argent accumulé par les travailleurs d'aujourd'hui servirait uniquement à payer les rentes de leur propre génération dans 20 ou 30 ans, et non pas celles des retraités actuels.

Mais le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, ne veut rien entendre. Il estime qu'il n'est pas nécessaire de sortir un «bazooka» pour régler un problème ciblé.

Ciblé? Vraiment? Les Québécois accusent un grave déficit d'épargne-retraite. Seulement le tiers des travailleurs pourront compter sur une rente de leur employeur, essentiellement des employés de la fonction publique. Et les retraités ne peuvent pas non plus s'appuyer trop fort sur l'État, qui remplace à peine 39% de leurs revenus, comparativement à 59% dans l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Mais Ottawa craint de tuer l'économie et l'emploi en haussant les cotisations pour mieux financer la retraite des Canadiens. Cependant, si on n'agit pas maintenant, l'économie subira un dur coup dans 20 ou 30 ans quand les travailleurs seront forcés de réduire leur niveau de vie, faute d'épargne.

Il est vrai que le contexte économique actuel est peu propice à une augmentation des cotisations. Mais rien n'empêche d'y réfléchir et de viser une implantation progressive. «Si on ne fait rien maintenant, le coût sera beaucoup plus grand à l'avenir», insiste M. D'Amours.

Sa rente longévité n'est peut-être pas parfaite. Entre autres, on sait qu'elle favorisera beaucoup moins les gagne-petit en leur faisant perdre une partie de leur Supplément de revenu garanti (SRG) à la retraite.

Il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'un bon point de départ pour des discussions entre les provinces. Il faut y penser maintenant. Inutile d'attendre le moment idéal pour se mettre à épargner davantage. Il n'arrivera jamais.

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ALBAN D'AMOURS SUR...

... le manque d'épargne-retraite

«Les Québécois n'épargnent pas suffisamment. Plus de la moitié des travailleurs qui gagnent entre 25 000 et 90 000$ par année ne peuvent pas espérer avoir un revenu de remplacement de plus de 60% à la retraite. Ça met en danger leur sécurité financière.»

... le futur Régime volontaire d'épargne-retraite (RVER)

«Le RVER est une solution intéressante, mais elle n'est pas suffisante. Elle est intéressante parce qu'elle responsabilise les entreprises. Elle permet de stimuler l'épargne. Mais elle n'est pas suffisante parce qu'elle n'offre pas de rente garantie à la fin de vos jours. Le RVER ne permet pas de gérer le risque de longévité. Dire que le RVER va tout régler, c'est manquer de vision.»

... les régimes de retraite publics

«Il faut revoir la relation coûts/bénéfices. Et ça passe par une restructuration. Il faut se donner la possibilité de revoir les droits acquis. C'est un grand pas à franchir, mais nous l'avons recommandé. Il faut revoir les promesses. Il faut revoir le financement.»

... les négociations à venir

«Dans la poursuite des choses, il faut que les parties prenantes se disciplinent de manière à ce que l'on trouve les voies de négociation les plus efficaces possible et qu'on évite l'impasse.»

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Commentaires (29)
    • @frudelik: Ne soyez pas si négative, faite vos calculs et vous serez étonné combien d'argent vous pouvez économiser en arrètant de la gaspiller sur des choses inutiles.

    • La vraie solution au problème est l'éducation des citoyens pour qu'ils épargnent pendant les années productive. Il faut faire le plein des CELI et des RER et pour faire ceci il faut se disipliner dans nos dépenses. On n'a pas besoin un auto neuf, le loyer d'un logement est souvent plus économique qu'acheter une maison ou un Condo. On n'a pas besoin d'aller au restaurant tous les semaines, acheter tous les nouveaux gadgets électroniques etc. Ceux qui veulent épargnr peuvent le faire, les parents l'ont fait, les jeunes le peuvent aussi. Quand tu as une augmentation de salaire, mette-la de côté au lieux de la dépenser, moi je l'ai fait et j'ai commençé avec des petits salaires. Aujourd'hui je vive de mes propres moyens mais je conduit encore more auto de 1980, je n'ai pas de iphone, mon laptop fonctionne très bien, le restaurant c'était pour des occasions spéciales etc etc. Allez les jeunes bouger et ne gaspiller pas vos salaires, épargner pour vos vieux jours et souscriver à des bonnes assurances, vous en aurait besoin.

    • En fait, à moins que tous ces pays tripotent leurs chiffres, voici le tx d’épargne des ménages pour les pays suivants pour 2013: Espagne 13.6%, Portugal 12.1%, Italie 4.5% et le Canada 3% !
      Joyeuses Fetes
      NM

    • @Igreck
      C'est bien connu, tous bénéficient des mêmes conditions («connu le même été que moi»). Parlez-en à votre serveuse au restaurant ou votre caissière à l'épicerie ou bien la surveillante à l'école de votre enfant. Ces gens, qui remplissent des fonctions que vous ne pourriez vous passer, n'ont tout simplement pas les moyens de remplir leur cotisation maximale de REER. Êtes-vous si naïf?

    • Comme le dit si bien fboudreau (18 décembre 2013 07h37) « Si certaines cigales ont rien à manger l'hiver venu c'est leur problème. Elles ont eu le même été que moi. » On apprenait la semaine dernière que l'endettement des ménages canadiens n'a jamais été aussi élevé. Non seulement, plusieurs de nos concitoyens n'épargnent pas pour leur retraite (ou pour réaliser des projets d'achat de biens durables) mais ils empruntent pour se payer des voyages, des autos de luxe, etc. car selon eux, ils le méritent !?! Cependant, quand le pays se sera «italisé», «espagnisé», «portugalisé» ou pire «grecquisé» qui c'est que c'est qui va encore casquer... les fourmis !

    • En effet, proposer la fuite n’est pas une solution! Mettons qu’avec les chiffres du Revenu Disponible récemment publier, je ne vois pas comment le ménage médian ou moyen puisse parvenir à mettre de l’argent de côté. À moins, à moins, à moins bien sur de repenser complètement sa vie active et/ou une explosion de la productivité ici au Québec. Soit dit en passant, plus j’avance en âge, moins j’ai besoin d’argent pour vivre, si j’observe la génération qui me précède, ma conclusion, loin d’être scientifique est qu’elle dépense très peu d’argent en général, se pourrait-il que nos projections en termes de revenus à la retraite soient un peu trop ambitieuses. La seule mise en garde que je tiens auprès des gouvernements est de ne pas lorgner du côté des excédents d’épargne privés dans les REER pour combler des déficits ailleurs, à moins bien sur de vouloir causer des émeutes et une révolution qui ne sera pas tranquille.
      NM

    • @ kanaille
      Fuir, c'est l'exemple que vous montrez à vos enfants? J'imagine que c'est pour ça qu'on a la société que l'on a... Fuir devant les problèmes au lieu de les affronter.

    • Si nous avons une seule leçon a tirer de ce qui nous arrivent au Québec, C'est que nos élites ne savent aucunement géré de façon responsable, ils ont fait de cette province, un gouffre.Si vous etes jeunes et diplomé FUYER!

    • Je ne fais pas confiance au système de rente géré par le gouvernement où tout le monde paie pour tout le monde. Je préfère voir mon compte personnel REER-CELI-NENR ... Au moins, je sais grosso modo combien j'aurai à ma retraite. À moi d'épargner pour moi-même. Tant pis pour les cigales.
      Une chance que les conservateurs sont là pour protéger les intérêts de ceux qui épargnent eux-même pour leur retraite.
      Il y a assez d'espace de cotisation avec les REER, CELI et NENR. Nous n'avons pas besoin du gouvernement et de la caisse de dépôt de placement pour gérer notre argent à notre place. Si la rente de longévité voit le jour, je déménage en Ontario.
      Au pire, augmentez les limites de cotisation du CELI ou REER, mais svp, n'augmentez pas les rentes.

    • Je me joins à d'autres commentateurs dans le camp des contres.
      En effet, à 10% de contribution de mon revenu en cotisation OBLIGATOIRE d'épargne retraite, ça m'apparait plus que suffisant. Selon le tableau 1 du rapport D'Amour, ça devrait remplacer 47% de mon revenu (vs 42% pour les pays OCDE)à 65 ans. Si je décide d'attendre 70 ans (et tenir compte de l'espérance de vie améliorée) ma rente augmentera alors de 42%, et représentera près de 70% de mon revenu. Plus que suffisant
      N'oublions pas que le rapport d'Amour a été préparé par le même groupe d'actuaires qui ont mis en place les régimes d'employés publics qui ne savent plus que faire de leur énormes déficits, sinon que de les faire absorber par le simple citoyen, voilà la vraie situation et le pourquoi de toute cette diversion politique.
      Soyons réaliste Mme Grammond et présentons les vraies données: le problème n'en est pas un d'épargne, mais de rendement à la baisse et d'accepter une plus grande espérance de vie.
      10% d'épargne via RRQ et une possibilité de 18% dans un REER, m'apparait plus que suffisant...ajouter à nos impôts de disons 30%, la TPS/TVQ à 15%....faudrait bien en garder un peu pour le logement, la nourriture et vivre un p'tit peu. Cessons d'analyser seulement la situation des privilégiés qui se sont négociés des régimes en or à PD...et qui aujourd'hui jouissent de l'immunité gouvernememtale et de leur capacité de taxer.

    • @mike.p
      Votre commentaire me laisse pantois. Votre position est défendable, je n'ai pas de problème avec ça. Encore faut-il prendre le temps d'avancer des arguments qui reposent sur autre chose que des émotions. J'espère sincèrement recevoir de votre part des démonstration de l'analogie avec Ponzi.
      Puis, il est facile de dire que vous «vivre(z) avec mes décisions de placements », mais qui sera, en finale, responsable de vous si vous seriez ruiné? Vers qui vous tournerez-vous?

    • Bravo à Denis 825 de propager cette idée d'impôt négatif... cela s'apparente au Revenu Minimum Garanti qui a été élaboré dans les années 80 et qui visait à encourager le travail et l'épargne.
      Les solutions existent, mais elles ne sont pas appliquées par les gouvernements... dû à la peur? De toutes façons, qui voterait pour un parti qui voudrait régler le problème? Faudra-t-il envoyer Régis Labaume comme 1er ministre?
      Le problème, au Québec, ce sont les solutions mur-à-mur pour tous.
      On a une société à 3 paliers de richesse et on conçoit des programmes pour tous, indépendamment du palier.

    • Bravo à mike.p, à Denis 825 et à Francis Boudreau ! La rente longévité n'est qu'une variante, légèrement modifiée, du RRQ. Dans les deux cas, tout comme pour le RVER, cela s'appelle induire les contribuables en erreur. Il est totalement faux de croire que ceux-ci leur offrira une meilleure autonomie financière. Ils auront seulement l’IMPRESSION d'avoir un meilleur revenu. Mais en fait, encore une fois, ce sera les 20% des mieux nantis qui en profiteront le plus. Car, faudrait l'avouer, avec de tels régimes TOTALEMENT IMPOSABLES, le contribuable qui jouira d'un plus faible impact fiscal à la retraite, obtiendra plus d'argent. Or, tel que le révèle les courbes de M. Laferrière depuis 15 ans, seuls les couples pouvant obtenir des revenus de retraites supérieurs à 55,000$ pourront bénéficié d'impacts inférieurs à 38.4% à leur retraite. Pour la MAJORITÉ de la clientèle visée par le RVER les diverses mesures socio-fiscales, viendront leur amputer plus de 42%. Or, combien de contribuables visée par le RVER et la Rente longévité obtiendront une économie supérieur à ce taux ?
      De plus, la rente longévité et la bonification au RRQ semblent peut-être merveilleuse pour les salariés, mais que fait-on des travailleurs autonomes ? Avec les rendements de famine que nous offre le RRQ, en plus d'un revenu totalement imposable, je demande, moi aussi, d'avoir la liberté d'investir mon épargne comme bon me semble. Or, à titre de conseiller financier

    • Bon ben, coudonc. Ok. N'allez pas voir les etats financiers annuels, y a rien a voir, circulez!

    • Vous écrivez: "Doubler la générosité de la RRQ mènerait le taux de cotisation à plus de 20%." C'est faux. Des analyses actuarielles sérieuses ont démontrées qu'il faudrait plutôt augmenter les cotisations de 6-7 points de pourcentage, ce qui mènerait le taux de cotisation à 17-18%, divisé en parts égales entre l'employé et l'employeur. Il importerait également de mentionner que doubler la générosité du RPC/RRQ n'est pas la seule option de bonification de ce régime. Une augmentation plus modeste mérite également l'attention... d'autant plus qu'elle fait moins peur.

    • Alain d'Amour vie sur une autre planete, c'est a dire celle des babyboomers. Personellement, je prone l'abolition totale de la RRQ. Il s'agit de la plus grosse innéquité intergénérationnel de l'histoire du Québec. La RRQ est ni plus ni moins qu'une pyramide de ponzi et plusieurs personnes ont fait de la prison pour avoir mis en place un système de la sorte. Il y a un mot pour décrire la RRQ : CRIMINEL. J'aimerais beaucoup mieux administrer mon 2500$ qu'ils me volent à chaque année et vivre avec mes décisions de placements au lieu de le donner a une génération qui a déjà vidé les caisses et les poches des générations présente et futur.

    • Voyons, Mme Grammond, nous savons tous fort bien (du moins au Québec)que s'il y a bien un parti sur lequel il ne faut pas compter c'est bien le Parti Conservateur du pas bon à Harpeur !

    • Un des problèmes semblent que plus le gouvernement prend en charge un problème plus les gens se fient sur lui pour ce problème. Pourquoi pas une sorte de programme d'impot négatif. C'est-à-dire une formule ou si le contribuable prouve qu'il s'est fait des revenus de retraite par ses épargnes, on lui octroi une sorte de rallonge jusqu'à concurrence d'un certain revenu pour la même somme.
      Je garoche ça comme ça sur le simple souvenir que j'ai d'Avoir lu ce que c'était qu'un impot négatif par exemple pour les classes les plus pauvres c'était genre si la personne sur le b.s. travaillait pour $2000, le gouvernement complétait son revenu d'un autre $2000 jusqu'à concurence disons de $15,000 (ce sont des chiffres à peu près.
      On ferait la même chose pour un retraité en changeant les chiffres, les gens seraient incités pendant leur vie active d'épargner pour leur retraite et le gouvernement les récompenserait en "accotant" le revenu qu'ils tirent de leurs éaprgnes jusqu'à une certaine limite.

    • Il y a beaucoup de tabous et de non-dits dans tout ça...
      Déjà les REER au Canada sont vraiment investis dans des entreprises qui ont des visions à court terme : minières, etc. Le Canada est devenu un véritable paradis fiscal pour ces entreprises. La presse d'ici n'en parle pas beaucoup alors je me permet de mettre un lien fort intéressant de Libération qui a fait une entrevue avec un professeur de l'UdeM :
      http://www.liberation.fr/economie/2013/11/10/le-canada-est-tres-complaisant-avec-l-industrie-miniere_945980
      Actuellement Desjardins propose quelques placements REER qui misent sur des entreprises plus éthiques mais qui seront, à mon avis, encore là dans 40 ans. Les sables bitumineux dans 40 ans ? on en reparlera...
      Il y a aussi un sujet qui dérange. Certains fonctionnaires ont aujourd'hui des conditions de travail qui relèvent d'une vraie injustice lorsqu'on les compare au privé. Ce sont nos impôts qui paient. C'est donc au contribuable de décider mais là je vais me faire insulter je pense. Pour moi il y a également un problème avec des entreprises comme la STM. On apprend que le ticket de bus va peut-être augmenter. Déjà à 3 $, on figure parmi les tickets les plus chers pour une grande ville. Moi en toute honnêteté, quand je vois les conditions de travail et les salaires que font les employés de la STM, cela me gène de payer 3 $ un ticket. C'est trop cher.
      Je suis plutôt favorable à un nivellement par le haut et une amélioration des conditions de travail en général. Mais je suis étonné quand même qu'on paye des impôts et qu'on ne puisse pas donner son avis sur les conditions de travail des gens que nous payons.
      Je ne veux pas jeter la pierre aux employés eux-mêmes. Je ne condamne personne. Je veux juste signaler que les inégalités entre certaines entreprises au Québec sont grandissantes et que ce c'est certainement pas au public de favoriser cet écart grandissant..

    • Par ailleurs, il n'y aucun lien direct entre la bonification de la RRQ et une incitation à quitter le travail tôt. Le tout est de moduler la pension en fonction de l'âge auquel on la demande. Voire même en fonction de l'état de santé -- puisqu'on est quand même pour priver de retraite une personne trop malade pour travailler, non?
      S. Auclair

    • Le fédéral ne veut pas bouger car la philosophie du parti conservateur est basée sur l'individualisme égoïste et leurs politiques sont dictées par les lobbyistes des grands banquiers qui continuent à se sucrer le bec aux max sur le dos des épargnants. Ces mêmes banquiers qui ont poussé les conservateurs à éliminer les crédits d’impôts dont bénéficient les épargnants aux fonds de travailleurs.

    • Quelqu'un a-t-il des infos sur ce sujet?
      "En 1965, le gouvernement du Québec sanctionne la Loi sur les régimes supplémentaires de rentes (RSR), qui oblige les régimes de retraite à être pleinement capitalisés. Or, en raison d’une sous-cotisation depuis 1912, le régime de retraite de l’ancienne Ville de Montréal affichait en 1966, sous l’administration du maire Drapeau, un déficit actuariel initial évalué à 94,5 millions $. Une somme colossale.
      Ce déficit initial devait être amorti avant le 31 décembre 1990, soit 25 ans plus tard, mais des mesures particulières accordées à la Ville n’ont fait que repousser l’échéance et gonfler la facture.
      Non seulement le gouvernement a-t-il permis à la Ville de se soustraire à l’obligation de financer le déficit, mais elle a aussi été exemptée de verser les cotisations nécessaires pour éviter l’accroissement du déficit pour la période 1968-1969 et exemptée de toute cotisation aux caisses de retraite constituantes du régime de 1968 à 1970.
      Autrement dit, en 1984, toujours sous l’administration de Jean Drapeau, le déficit du régime de retraite s’élevait à 869 millions $. Par acte notarié, la Ville a opté pour un amortissement sur une période de 62 ans. La cotisation spéciale, en sus des versements réguliers, se détaille de la façon suivante :
      1984 : 12,8 millions $
      1985 à 2015 : 27,1 millions $ pour 1985, montant ensuite indexé à un taux annuel de 10% jusqu’en 2000, puis de 6 % jusqu’en 2015.
      2015 à 2045 : 269 millions $ par année
      (...)
      La Ville et les syndicats ont plutôt convenu d’une entente qui modifiait l’acte notarié de 1984 et qui autorisait la Ville à utiliser une partie des surplus des caisses de retraite pour réduire les cotisations devant être consacrées à l’élimination du déficit actuariel. "
      S. Auclair
      (Source: L'aut' journal, mars 2011)

    • Personnellement, j'aime mieux l'épargne privé que ces gros régimes gouvernementaux.
      Il y a toujours le risque, comme ça arrive souvent avec les différentes caisses gouvernementale, qu'il pigent dans la caisse quand les rendements sont bon et qu'il y a un surplus. (Piger dans la caisse peut aussi être indirect, comme cesser les cotisation)
      Mais vu que l'économie est cyclique, c'est justement ces périodes de surplus qui évitent de tomber en déficit en période de baise.
      Plusieurs conseillé mon déjà dit que le risque relatif d'un "placement" gouvernemental type RRQ est plus grand qu'un placement privé qui suit le marché. Les placements du gouvernement suivent aussi le marché, mais le risque politique s'ajoute.

    • Et il ne faut pas oublier que les financiers internationaux convoitent toujours les economies de la classe moyenne (voir Argentina's Economic Collapse - http://www.youtube.com/watch?v=0CzS6eHqtnQ)
      Ca se fait en Grece, en Italie, a Chypre, France, Espagne, Angleterre....
      George Carlin avait mis le doigt sur un bobo...
      George Carlin Education Sucks, Owners of America, Social Security
      http://www.youtube.com/watch?v=Dpcd0woY2KY

    • Ce serait interessant de voir cette rente presente dans le contexte qui a amene les allocations federales pour enfants - mise en place grace aux efforts du credit social et du verbe de Real Caouette. La banque du Canada peut payer tous ces programmes. Elle n'a qu'a emettre la devise sans contrepartie en dette.

      Le syllabaire du Crédit Social
      La richesse est la chose; l'argent est le signe.
      Le signe doit aller d'après la chose.
      Ceux qui contrôlent l'argent et le crédit sont devenus les maîtres
      de nos vies... Sans leur permission nul ne peut plus respirer. (Pie XI)
      Le banquier est le créateur et le destructeur de l'argent. Manufacturer l'argent est un acte de souveraineté qui ne doit pas être lié à la banque.
      L'argent neuf, en venant au monde, appartient aux citoyens eux­mêmes, à tous les citoyens, et devrait leur être remis sous forme d'escompte sur les prix et de dividende social.
      http://www.alterinfo.net/Qu-est-ce-que-le-vrai-Credit-Social-Au-dessus-des-partis-politiques_a31150.html

    • Il est genial de lire que les gouvernements voudraient qu"on epargne plus. Ces memes gouvernements qui n'ont jamais paye leur cote part de leur contributions a differents regimes grace a des passe-passe d'ecritures comptables.
      Deuxiemement, le cochon payeur de taxe est saigne a blanc. C'est bien beau vouloir epargner, encore faudrait-il qu'il m'en reste a mettre de cote.
      Pendant ce temps, les gouvernements successifs continuent a nous faire payer des projets trip d'ego (campus de l'UQTR a Drummondville par exemple et le bon peuple continue a dire "Behhhhh, behhhhhhh"

    • Pourquoi augmenter les contributions au RRQ ou contribuer à la plus grande arnaque du siècle la rente d'autonomie...! L'épargne est une des dernières liberté qui peut encore exister au Québec!
      Pourquoi payé 4% au bien-être de ceux qui verront leur vie se poursuivre au delà de 75 ans! En réalité il n'y a qu'une solution possible et qui est la moins coûteuses en plus:
      Réduire de 10% la facture d'impôt annuelle avec l'obligation dans la loi de constituer un fond d'épargne RVER. Pas besoin de l'employeur pour faire ça...juste besoin d'avoir de la place dans ce qui reste des revenus gagnés pour épargné!

    • Pourquoi ne pas simplement rendre obligatoire une épargne-retraire mais que la personne peut gérer À SA GUISE ou bien faire affaire avec le gouvernement (et ses rendements bas et lourdeur administrative).
      Comme ça les gens qui ont peur ou ne sont pas à l'aise de gérer leurs épargnes feraient affaire avec le gouvernement, et ceux qui veulent gérer eux même leurs épargnes pourraient le faire à leur guise.
      Ça serait comme un REER obligatoire, que tu peux gérer avec ta banque, gérer toi-même ou bien faire gérer par le gouvernement.
      Pour moi, pas question de payer plus à un régime géré par le gouvernement.

    • J'espère que l'option bonification du RRQ / RPC ne sera pas retenu. Au moins le gouvernement conservateur à l'air complètement fermé à l'idée. Ça nous prend des solutions capitalisées. A 11% du salaire pour le RRQ, on a atteint ma limite. Déjà que les jeunes vont devoir payer la dette publique laissée par leurs parents, en plus de la hausse prévue des coûts en santé.
      Ils seraient intéressants que le gouvernement récompense les citoyens responsables de temps en temps. Si certaines cigales ont rien à manger l'hiver venu c'est leur problème. Elles ont eu le même été que moi.
      François Boudreau

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