Sabia, un bon coup de Charest!

Michel Girard
La Presse

La bonne performance de la Caisse de dépôt et placement au cours du premier semestre va sûrement mettre un peu de baume sur la difficile campagne électorale de Jean Charest.

Après tout, c'est quand même lui qui a nommé en mars 2009 Michael Sabia à la tête de la Caisse et ce, à la suite de la coûteuse mésaventure du papier commercial. Une mésaventure qui a écorché la réputation de son prédécesseur, Henri-Paul Rousseau, et qui a entrainé la Caisse dans une perte monstre de 40 milliards de dollars en 2008.

On se rappellera que le Parti québécois, l'ADQ et Québec solidaire avaient critiqué, sinon dénoncé la nomination de cet ancien grand patron de BCE (Bell), un anglophone par surcroît.

Cela dit, non seulement l'anglophone Sabia s'exprime fort bien en français, mais sous sa férule, la Caisse est vraiment redevenue pro-Québec dans ses investissements.

D'ailleurs, je ne vois pas comment, sous un hypothétique gouvernement péquiste ou caquiste, la Caisse pourrait devenir encore plus nationaliste dans ses investissements, à moins, bien sûr, d'accepter d'augmenter considérablement le niveau de risques. Ce qui, à mon avis, ne serait pas une bonne idée. Ne perdons jamais de vue que la Caisse a le mandat de gérer en bon père de famille notre régime des rentes, les caisses de retraite des employés et ex-employés de l'État et les fonds engloutis dans nombre d'organismes gouvernementaux.

Venons-en à la performance de la Caisse. Pour les six premiers mois de l'année 2012, l'équipe de gestionnaires de portefeuille de Michael Sabia présente un rendement global de 3,5%. C'est vraiment bon, à comparer à l'indice de référence des fonds diversifiés des caisses de retraite qu'utilise la firme Morneau Shepell. Pour la même période semestrielle, l'indice en question rapporte un rendement de 2,2%.

Vous préférez peut-être comparer le rendement de la Caisse avec vos fonds équilibrés, dont les portefeuilles renferment des actions, des obligations, etc. Sachez que l'indice Morningstar des «Fonds équilibrés canadiens neutres» affiche pour le premier semestre un rendement de seulement 1,6%. L'indice Morningstsar des «Fonds équilibrés mondiaux neutres» a mieux fait, avec un rendement de 2,4%. Ces indices Morningstar tiennent compte de tous les fonds équilibrés vendus au Canada par les conseillers en placement.

Là où l'équipe Sabia fait réellement ses preuves, c'est lorsqu'on regarde de près le rendement qu'elle affiche sur la période de trois ans, allant du premier juillet 2009 au 30 juin 2012. Période qui correspond à l'emprise de Michael Sabia sur la Caisse.

Au cours de ces trois années, la Caisse a vu son gigantesque portefeuille augmenter au rythme annuel moyen de 10,5%. Ce qui lui a permis de rapporter 41 milliards de dollars. L'actif net de la Caisse atteint aujourd'hui les 166 milliards.

Pour montrer à quel point un tel rendement moyen de 10,5% est remarquable, rien de mieux que de le comparer à des indices de référence. Vu la complexité de son portefeuille et la proportion importante qu'y occupent ses placements privés dans les infrastructures, les immeubles et diverses compagnies , la Caisse dispose de ses propres indices de référence.

Pour l'ensemble de son portefeuille, la Caisse nous dit que son indice de référence a rapporté pour cette période de trois années (juillet 2009 à juin 2012) un rendement annuel moyen de 8,9%.

C'est donc dire que l'équipe Sabia bat l'indice de référence par 1,6 point de pourcentage.

Sa performance apparaît encore plus éblouissante par rapport à l'indice des fonds diversifiés des caisses de retraite de Morneau Shepell. Sur trois ans, cet indice présente un gain annualisé de 6,9%. Et si on fait référence au rendement médian des caisses de retraite qui sont suivies par Morneau Shepell, celui-ci s'élève à près de 7,3%. La Caisse surpasse donc le rendement médian des gestionnaires des caisses de retraite de trois points de pourcentage.

Durant cette période de trois ans, quel rendement, nous les petits investisseurs, avons-nous obtenu avec nos fonds diversifiés? L'indice Morningstar des «Fonds équilibrés canadiens neutres» laisse entendre qu'on s'est enrichi à hauteur de seulement 6,0% par année. Pour sa part, l'indice Morningstar des «Fonds équilibrés mondiaux neutres» présente une meilleure performance avec un gain annuel moyen de 6,9%.

Sous Michael Sabia, la Caisse fait vraiment belle figure jusqu'à maintenant. Souhaitons-lui de continuer à nous enrichir!

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