Quand ça «RIM» avec spéculation

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Michel Girard
La Presse

(Montréal) Chose certaine, la haute direction de Research in Motion (RIM) ne peut pas compter sur les analystes des maisons de courtage pour voir son titre se redresser en Bourse. Le titre est tombé sous la barre des 7,00$ hier, son plus bas niveau des neuf dernières années.

Sur les 47 analystes qui suivent cet ancien fleuron de la Bourse, 19 n'en recommandent rien de moins que la vente. Et les 28 autres analystes se contentent de placer RIM dans la liste des titres «À conserver», sans plus. Et entre nous, quand un titre se ramasse dans cette liste du service de recherche d'une maison de courtage, il faut comprendre que c'est une façon polie de dire aux investisseurs intéressés de vraiment prendre leur mal en patience avec ce titre. Sinon, vendez-le si vous en détenez, ou attendez avant d'en acheter.

Quand un analyste croit réellement dans le potentiel boursier d'un titre, rappelez-vous qu'il a le choix: il l'intègre dans sa liste des recommandations d'achat ordinaire (buy) ou mieux encore, dans sa liste des recommandations exceptionnelles (strong buy).

Comme prix cible pour les 12 prochains mois, les analystes des firmes de courtage visent un cours moyen de 7,91$. L'action de RIM se négocie présentement autour des 6,95$ pièce, son plus bas niveau depuis août 2003.

Il y a à peine quatre ans, en juin 2008, RIM avait touché les 149,90$, pour une capitalisation boursière de quelque 85 milliards de dollars. Aujourd'hui, à 6,95$ l'action, la capitalisation boursière de RIM a fondu à seulement 3,6 milliards.

L'action de RIM a ainsi dégringolé de 95%.

Faute d'avoir l'appui des analystes des maisons de courtage, est-ce que Research in Motion peut tout de même représenter un quelconque intérêt boursier?

Compte tenu de la déprime boursière, dont est actuellement victime RIM, il est impossible de prévoir jusqu'où l'action peut tomber avant de trouver un bon soutien technique. Bien entendu, les prochains résultats financiers et le lancement (avec succès ou pas) du nouveau BlackBerry s'avèreront primordiaux pour la redressement ou non de RIM en Bourse.

Le seul intérêt que présente actuellement RIM pour les investisseurs en est un de pure spéculation. Face à un tel scénario, le spéculateur peut utiliser diverses stratégies, selon le niveau de risque qu'il est prêt à assumer.

L'investisseur peut vendre à découvert (shorter) le titre. Si l'action continue de chuter, il s'enrichira puisqu'il pourra racheter les actions vendues à découvert à prix inférieur. Si le titre monte, il se retrouvera perdant puisqu'il devra racheter des actions à prix plus élevé.

D'autre part, l'investisseur peut simplement acheter un bloc d'actions au cours actuel. Si le titre baisse, il en sera quitte pour encaisser une perte en capital. Si le titre monte, il encaissera un éventuel gain en capital.

Autre stratégie spéculative: acheter des options d'achat si on croit que le titre va grimper au fil des prochains mois ou acheter des options de vente si on anticipe une autre baisse du cours de l'action de RIM. Pour ce faire, il faudra payer une prime.

Hier matin par exemple, pour les options échéant en décembre 2012, on pouvait se procurer une option d'achat avec prix de levée à 7,00$ pour une prime de 1,20$ et une option de vente au même prix de levée pour une prime également de 1,20$.

Pour faire de l'argent avec l'option d'achat, il faudra que le titre dépasse d'ici décembre le prix de 8,20$ (prix de levée de 7,00$ " prime payée de 1,20$ pour l'option).

Dans le cas de l'option de vente, le détenteur fera de l'argent si le titre chute sous 5,80$ (prix de levée de 7,00$ - la prime versée de 1,20$).

Quel est le réel risque du détenteur d'une option d'achat ou de vente? Si l'action végète ou va dans la direction opposée à sa prévision, il risque de perdre (en tout ou en partie) le montant de la prime qu'il a versée. Parenthèse: quand on acquiert «une» option, celle-ci couvre un lot de 100 actions. Si la prime indiquée est 1,20$ l'option, il faut savoir que l'on parle ici d'un débours de 120$ pour cette option puisqu'elle couvre 100 actions.

Vous aimeriez jouer plus prudemment? Il y a moyen d'investir dans l'achat d'actions de Research in Motion tout en optant pour une stratégie conservatrice. Comment? En protégeant son bloc d'actions par l'entremise d'un bloc d'options de vente.

Exemple. Vous détenez 1000 actions de RIM, que vous payez 7,00$. Vous pourriez acheter 10 options de vente (chacune couvrant 100 actions) pour vous protéger contre une future baisse. On a vu précédemment que l'option de vente de décembre au prix de levée de 7,00$ se vendait à une prime de 1,20$. Pour protéger votre bloc de 1000 actions, il vous en coûterait donc 1200$ de prime.

Si l'action devait considérablement chuter, votre perte se limiterait à 1200$. Vous pourriez ainsi céder vos actions à 7,00$. Comme vous avez payé une prime de 1,20$, il vous restera dans les poches 5,80$ l'action.

Si, au lieu de descendre, l'action grimpe, vous commencerez à faire un profit lorsqu'elle dépassera les 8,20$ (votre coût d'achat de 7,00$ l'action, plus la prime versée de 1,20$).

Quand on veut spéculer, il y a un prix à payer.

À vos RIM et périls!

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