Travailleurs étrangers temporaires: l'autre côté de la médaille

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

L'utilisation de 45 travailleurs étrangers temporaires pour réaliser des tâches et même remplacer des employés permanents des services techniques de la Banque Royale à Toronto a semé colère et consternation cette semaine. Avec raison, parce qu'il s'agit d'un détournement scandaleux d'un programme pourtant tout aussi utile que méconnu du grand public.

La Banque Royale tout comme le gouvernement fédéral - responsable de la gestion du programme des travailleurs étrangers temporaires - n'ont pas eu l'air très fin lorsqu'on a appris, en début de semaine, que des employés prochainement licenciés des services techniques de la banque étaient affectés à la formation de travailleurs étrangers temporaires qui vont bientôt occuper leurs postes.

La Banque Royale, qui veut délocaliser une quarantaine de postes de soutien technique en Inde, s'est prévalue du programme des travailleurs étrangers temporaires pour former ses futurs employés à Toronto. C'est bien beau, la sous-traitance, mais c'est tout le contraire que vise ce programme d'embauche temporaire de travailleurs étrangers.

Depuis quelques années, une entreprise canadienne peut avoir recours à de la main-d'oeuvre spécialisée étrangère lorsqu'elle fait la preuve que les ressources qu'elle sollicite sont inexistantes dans son environnement immédiat.

L'entreprise doit également assurer que les conditions de travail de ces travailleurs temporaires sont les mêmes que celles de ses travailleurs canadiens qui réalisent le même boulot, dans la même usine.

Il n'est pas question ici de permettre l'embauche de cheap labour pour réduire les frais d'exploitation d'une société canadienne, mais de la dépanner parce qu'elle n'arrive pas à combler ses besoins de main-d'oeuvre. Le cas catastrophe de la Banque Royale - qui aurait été imitée par d'autres institutions financières canadiennes, selon la rumeur des médias sociaux - contrevenait totalement aux paramètres du programme puisque les travailleurs étrangers en stage d'apprentissage à Toronto étaient payés au tiers du salaire de leurs formateurs qu'ils devront éventuellement remplacer...

Un programme nécessaire

Plusieurs ont appris l'existence du programme des travailleurs étrangers temporaires par la forte médiatisation de l'exemple erratique de la Banque Royale, et nombre d'entre eux sont donc convaincus qu'il s'agit d'un programme pervers qui doit être aboli au plus vite. Ce n'est pourtant pas le cas.

Dans le Québec industriel d'aujourd'hui, le programme des travailleurs étrangers temporaires est une nécessité absolue pour quantité d'employeurs qui n'arrivent pas à combler leurs besoins de main-d'oeuvre.

Mardi, j'étais à Saint-Georges de Beauce pour rencontrer Charles Dutil, président de Manac, plus important manufacturier canadien de semi-remorques. L'usine de Saint-Georges roule à bonne cadence. Plus de 400 travailleurs y assemblent, sept jours sur sept, une cinquantaine de semi-remorques. La semaine, les ouvriers travaillent sur deux horaires, et une autre équipe assure la production de week-end.

L'an dernier, Charles Dutil a dû avoir recours au programme de travailleurs étrangers temporaires afin de pourvoir des postes de soudeurs. Il n'arrivait pas à trouver des soudeurs dans le bassin de main-d'oeuvre de la région.

«Des soudeurs pour travailler la semaine, de jour ou de soir, j'en ai. Mais c'était impossible de trouver des soudeurs qui étaient prêts à travailler durant les fins de semaine. On a donc embauché 15 soudeurs portoricains sur une base temporaire.

«Ils sont chez nous pour 18 mois, et si je n'arrive pas à combler mes besoins, je vais demander une prolongation de visas et ça peut même aller jusqu'à des demandes de citoyenneté», m'explique l'entrepreneur.

Un problème généralisé

Cette pénurie de soudeurs n'est pas unique à la Beauce, c'est une réalité qui perdure depuis une dizaine d'années et qui affecte toutes les régions du Québec. Une réalité à laquelle m'avait sensibilisé à l'époque le commissaire industriel de Drummondville, Alex Buissière.

Croisé hier à l'Événement Carrières - un genre de Salon de l'emploi - au Palais des congrès de Montréal, il en a rajouté.

«Les jeunes ne suivent plus de formation de métier. Soit ils abandonnent l'école, soit ils vont à l'université. Depuis 10 ans, on est en pénurie constante de soudeurs, de tôliers, d'assembleurs ou de machinistes à Drummondville.

«On a systématiquement recours au programme de travailleurs étrangers temporaires pour trouver des gens de métier qui ont de l'expérience», m'explique Alex Buissière, entre deux rencontres à son stand de la Société de développement économique de Drummondville.

Pas moins d'une centaine d'emplois industriels sont disponibles dans les entreprises qu'il représente. Dans certains cas, il s'agit de besoins urgents qui vont nécessiter l'embauche de travailleurs de l'extérieur.

«Avec le temps, le programme est devenu extrêmement performant, alors qu'il faut compter un délai moyen de trois mois pour clore un dossier. On peut parfois aller chercher des compétences manquantes en l'espace d'un mois seulement», poursuit Alex Buissière.

La Banque Royale et le gouvernement fédéral ont peut-être terni l'image de ce programme, mais il demeure d'une extrême utilité pour bien des entreprises qui désespèrent de poursuivre leur développement, faute de compétences prêtes à les épauler.

Partager

publicité

Commentaires (24)
    • Cela ressemble aux mines : fly in fly out des travailleurs étrangers. Conditions et salaires dépendent totalement du patronat. Le manque de main d'oeuvre qualifiée est un faux problème c'est plutôt une économie détournée aux profits de ces derniers. Mobilité de la main d'oeuvre = baisse salariale déguisée en puisant dans le bassin étranger.

    • Si c'est à cause d'une pénurie de candidats que la banque RBC (Royal Bank of Canada, belle façon d'échapper à la loi 101) à délocalisé des poste vers l'Inde pourquoi enlevait-t-elle des emplois à une quarantaine de travailleurs canadiens? La RBC s'est excusée de s'être fait prendre à cet exercice et se promet de raffinner cette pratique de manière pour ne plus être prise la main dans le sac!

    • Chez VisaPro.ca, nous sommes spécialisés en mobilité internationale (permis de travail, immigration, citoyenneté) et nous traitons ce genre de dossier sur une base régulière pour combler des postes dans des domaines touchés par de fortes pénuries.
      La liste des fonctions jugées "en pénurie" est constamment réévaluée par les autorités compétentes, donc l'essence du programme et, dans une plus large mesure, des efforts déployés pour favoriser l'immigration (temporaire et/ou permanente) sont parfaitement justifiée.
      Qui plus est, il existe plusieurs garde-fous pour s'assurer que les ressources étrangères recrutées ne sont pas traitées inéquitablement par rapport aux employés Canadiens et ce justement afin d'éviter les double standards et les congédiements injustes de travailleurs canadiens. Plus de détails ici : http://www.visapro.ca/fr/services/visas-de-resident-temporaire
      Le problème, c'est que dans le présent cas, une faille a été décelée dans le programme et a été utilisée à mauvais escient. Ce n'est pas la norme heureusement!

    • Au Quebec la madame la présidente Leroux de Desjardins est pas mieux, elle veut augmenter son salaire de $3.3 millions à $5 ou $6 millions, question d'être en ligne avec les patrons des banques. Si la petite madame aux dents croches n'est pas contente qu'elle démissionne!!
      Elle est entrain de faire la mise à pied de bien des gens en Caisse. Desjardins n'est plus la Coop qu'elle était grâce à Mme Leroux. Au lieu de faire le ménage de pauvres employés, que Madame Leroux:
      1- Baisse son salaire qu'elle ne mérite pas!
      2- Au salaire qu'elle gagne actuellement, elle devrait aller voir un spécialiste pour faire arranger ses 2 dents en avant, ses dents de CASTOR!

    • Je ne suis pas certaine de comprendre. Une certaine compagnie de télécom fort connue fait exactement cela depuis plusieurs années: envoyer les jobs de ses employés qualifiés et souhaitant travailler à des employés à l'étranger. Formés par les employés qui vont perdre leur job. Une rumeur persistante veut que ceux outremer soient LOIN d'être payés et d'avoir les mêmes conditions que les employés du Québec. Ils ont d'ailleurs commencé à sortir de leur torpeur, s'aperçoivent qu'on les exploite honteusement et ils réclament leur part du gâteau: on rapatrie donc les emplois mais à rabais!
      On veut couper dans l'aide sociale, on veut couper l'assurance chômage, on veut que vous travailliez jusqu'à avoir un pied dans la tombe parce qu'on a aussi repoussé l'âge de la retraite. Mais on regarde nos jobs ficher le camp à l'étranger les bras croisés.
      Le gouvernement espère vraiment couper ses dépenses en créant des chômeurs, des assistés sociaux ou des gens qui ne pourront plus trouver autre chose que flipper des boulettes au salaire minimum? Il espère avoir des rentrées d'argent importantes avec une population qui ne paiera plus d'impôts tantôt parce que pas assez payée?
      La crasse pure et simple. Entre "fat cats", on se soutient. Les grosses corporations qui contribuent (achètent?) aux partis politiques. Peu importe si le Québec est en train de se tiers-mondialiser. L'argent est dans les poches des trop riches avec la complaisance des gouvernements. Au diable les autres! Par riche, je n'entends pas le gars qui fait $300,000 par année à force de bûcher, mais les banques et les grosses compagnies.
      Répugnant....

    • Non, ce n'est pas un programme nécessaire, en ce sens qu'il ne vise qu'apparemment à combler de supposés postes où la main-d'?uvre serait "introuvable".
      On voit bien le genre de "preuve" que doit fournir l'employeur, en fait aucune preuve. C'est un bar ouvert pour les exploiteurs, cela contribue au chômage et à une détérioration des conditions de travail et salariales des travailleurs canadiens. La grande majorité de ce cheap labor arrive ici sous de fallacieux prétextes et le ministère qui gère ce programme est complice.
      Nous en sommes à environ 300 000 cheap labor, on se souvient par exemple des mineurs chinois importés parce que nos mineurs ne parlaient pas mandarin. C'est du gros n'importe quoi et nous sommes des imbéciles de laisser faire. Ce programme est un scandale, une véritable honte nationale.
      "Le programme fédéral en lui-même a été critiqué comme étant un outil qui permet aux entreprises de décider d?embaucher des employés étrangers temporaires qui peuvent être payés jusqu?à 15 pour cent moins cher que les Canadiens."
      C'est une directive du gouvernement fédéral qui permet de payer ces gens-là 15 % moins cher que les travailleurs canadiens. Il est évident que c'est une invitation pour les exploiteurs et c'est une attaque directe aux conditions de travail des canadiens. C'est du nivelage par le bas et cela affecte les conditions de travail. Il est plus que temps que ce programme soit aboli, les fraudeurs punis et le cheap labor retourné d'où il vient.
      Il y a bien des limites à voir gesca défendre n'importe quelle man?uvre, même la plus répugnante.

    • Ce que je sais aussi et ce que monsieur Decarie ne dis pas c,est ce qu'un employeur demande d'un Canadien avant embauche. C'est a dire en plus d'avoir son metier ils doit aussi avoir en sa possesion les certificats du CWB toute position Mig,flux core, stick..ect. Ils demandent aussi en plus les certifications WHIMIS ou SIMDUT, certifications de travail en hauteur, certifications en santé et securité ASP, certificat de conduite de charriot elevateur et de plate forme elevatrice et de girafe, deGenie Boom et aussi une certification d'operateur de crane (pont roulant). Oh sans oublier la carte de competence compagnon pour le metier concerné. Le tout payé par par la personne desirant etre embauché. Apres decomptes cela frise les 3000$. Pensez vous vraiment qu'un personne au chomage a les moyens? Mais ces compagnies en contre parties offrent toute la formation et defraient les couts des certificat aux employés etrangers temporaires.

    • @ Unbeauceron
      J'imagine que cet employeur affiche complet, mais l'exception ne fait pas ici la regle.
      Voici quelques offres vues sur Emploi Quebec:
      Metier de mecanicien industriel: St-Nicolas 19.62$ t une aute a $20.34, Saint-Ephrem de Beauce $17.92 ..Saint Juste de Lobiniere de $16.13 à $21.85
      Metier de Soudeur: St-Nicolas $20.34/hr et ils demandent ceci DEP en soudage OU cartes du CWB DEP en mécanique ou électromécanique. 2 metiers et ils sont payées seulement a $20.34 il faut vraiment etre pingre. Pour le reste des postes ou le salaire est comment dire negotiable...ils commencent en general a $15 et je sais de quoi je parle.
      Je me souviens d'avoir fait 500Km pour aller a une entrevue. On me promettait un job a 24$. Ok et c'est pas encore une fortune, mais bon je me suis presenté a l'entrevue et une fois assis ce n'etait plus le meme scenario. Hey!! J'ai plus de 25 ans de metier et un paquet de carte et certificats de competences en poches ils m'ont offert que $19/hr point final. Le deplacement m'a couté au bas mot $200 juste en gas. Qui va me rembourser pour leur mensonges?? Un autre pour un contrat d'un mois au Lac St-Jean le contracteur etait en Beauce ou pres de là...J'ai negocié le salaire au telephone a 25$ et tout etait parfait jusqu'a ce que je demande que ce soit mis sur papier ou confirmé par email ou fax avant de me taper un 1000km..J'ai jamais eu de confirmation...Des compagnies comme ça il y en a plein au Quebec et en Beauce...mon cher monsieur j'ai ecrit ici en connaissance de cause car je suis en chomage periodique et toujours a la recherche d'un job mais pas a n'importe quel salaire...J'ai comme tout le monde des obligations financieres. Et c'est pas avec un salaire de 23$ et moins que je vais arriver a les payer. Et accepter un salaire en dessous, c'est a la banqueroute...Avec les responsabilitées familiales et financieres et le cout de la vie d'aujourd'hui un 23$/hr et moins ont considerent cela que de l'argent de poche, du petit change.

    • «Avec le temps, le programme est devenu extrêmement performant, alors qu'il faut compter un délai moyen de trois mois pour clore un dossier. On peut parfois aller chercher des compétences manquantes en l'espace d'un mois seulement», poursuit Alex Buissière.
      Ça me fait penser au film ''It\'s a Free World'' de Ken Loach, au sujet d'un agence de placement. Au début, l'intention est bonne, placer des gens et les faire travailler. Par la suite, elle remarque qu'elle est dans un cercle vicieux, qu'elle exploite les travailleurs.
      Ce que dit Alex Buissière, c'est pareil. Le programme a été conçu avant tout pour les travailleurs temporaires. Avec le temps, il est devenu tellement ''performant''. Il fait partie maintenant de la culture d'entreprise, une manière d'engager du cheap labor.
      La pénurie de la main d'oeuvre qualifié, il y en a pas. C'est une pure invention des employeurs. Il peut être facilement être confirmer sur le terrain, ce que les économistes ne font jamais. Ils se contententent de la version des employeurs.
      http://affaires.lapresse.ca/economie/canada/201304/11/01-4640041-la-preuve-dune-penurie-de-main-doeuvre-est-mince.php

    • Pour: Yanamarre
      Cesaire
      et info. général
      Je connais les conditions chez Manac - C'est syndiqué et la convention est disponible. Un soudeur-mondeur d'expérience est à 22.96$ / Hr. pour la période Mai 2013 à Avril 2014.
      Ce n'est pas 12, 14 ou 15$ / Hr.
      Aussi sur le quart de weekend, c'est "Travaillé 36 heures = Payé 40" - Ça revient à 25.51$ / Hr. travaillé.
      (Avec bénéfices et contributions au Fond de pension...)
      Pour les "hors-Beauce" - Arrêter de penser que nous sommes des "shops-de-couture" avec du staff à 10.00$ / Hr.
      C'est jobs là...c'est les Chinois qui les ont aujourd'hui.
      En 2013, un bon soudeur qui est aussi un bon travailleur - il y a une différence. ET qui a le désir de travailler et ça il est possible que ça demande une relocalisation; ne serait pas au chômage.

    • J'ai vu:
      Pour restaurant , laveur de vaisselle avec expérience sur machine Hobbart demandé , 30 ans et plus , doit être marié . Salaire ( $2.00 de plus que le salaire minimum )

    • Monsieur Decarie vous ecrivez n'importe quoi....Je vais vous dire ce qui se passe vraiment...Je suis homme de metier et aussi soudeur au chomage et jamais je ne m'engagerai a demenager et changer de region pour un salaire juste au-dessus du salaire minimum pour un homme de metier. Ce qui represente moins de 60% du salaire que je gagnais. Tout le monde le sait en Beauce les employeurs ne paient pas. Ils vivent sur une autre planete. Ces compagnies qui se plaignent au gouvernement se sont des compagnies qui ne s'ajuste pas a la realité et au cout de la vie Canadienne d'aujourdhui. Ils veulent des employées de metier qualifié mais ils les paient bien en dessous de la moyenne Canadienne. Un apprenti de la construction gagne plus que ce que ces compagnies offrent...Comment osent ils aujourd'hui offrir des salaire de 12$, 15$, 18$ ou 20$ de l'heure pour des gens de metiers? A 20$/hr au Quebec ils te reste tout juste 500$....On va ou avec 500$ par semaine aujourd'hui avec le cout de la vie??? Ces compagnies qui se plaignent s'emplissent les poches aux detriments de leur employés. Ils vont chercher des travailleurs etranger temporaire sous de faux pretextes car la seule raison qu'il ne trouve pas c'est par ce qu'ils offrent rien en retour Ont veux UN BON SALAIRE ET DE BONS AVANTAGES POINT FINAL. Et cela COMMENCE PAR UN 24$-25$/hr avantages ce qui represente la moyenne Canadienne.

    • Merci de poursuivre vos recherches, elles ne seront pas vaines. Les pilotes canadiens ont tenté de se faire entendre, mais qu'en est-il ? http://m.youtube.com/watch?feature=plcp

    • Une suggestion, pour résoudre ce problème, serait que le ministère des resources humaines du Canada prenne en main la responsabilité de publier à travers le pays les postes difficiles à combler pour une période d'un mois avant de faire appel à des employés étrangers. Ces postes pourraient être aussi envoyéees aux HRs de toutes les compagnies canadiennes qui procèdent à des reductions de personnels. Je pourrais vous faire une liste de compagnies de hautes technologies qui procèdent maintenant à des licenciement, je le fais parce que j'ignore les conséquences.
      Actuellement, le ministère des resources humaines du Canada dépenses beaucoup d'énergie à espioner des chômeurs, je pense que cette énergie mise à la dispositions des chômeurs pour trouver un emploie serait plus profitable pour le pays.

    • J'oeuvre en TI depuis plus de 21 ans et à titre de recruteur j'ai du recruter énormément de travailleurs TI. Ne vous faîtes pas leurer par les objectifs de la banque c'est de la délocalisation pure et simple. Il y a suffisament de travailleurs compétents au Canada. Les sociétés Indiennes utilisent à fond ces programmes en espérant s'incruster au sein des équipes de support en premier lieu et ensuite viser l'ensemble des opérations. Ces gens sont clairement une menace pour les travailleurs d'ici. D'ici 8 ou 10 ans l'ensemble du secteur TI connaîtra un choc équivalent à l'industrie textile. Les groupes de lobby indien sont puisants. Le coût pour un ingénieur indien est l'équivalent de 30 $ heures de l'heure. Leur expertise est de piêtre qualité les 3 premières années mais ils apprenent très vite. En 20 ans de pratique ,les tâches transférées en Inde y sont toujours demeurées. Il serait naif de croire aux expressions du genre : chaîne de valeurs, centre de compétence ce ne sont que des termes pour décrire la délocalisation. Il n'existera tout simplement pas de retour d'ascenceur avec les indiens . À preuve les États-Unis ont longtemps cru pouvoir revendre leurs technologies maritimes en échange mais ils se sont fait berné jusqu'à la fin. Les TI sont un secteur stratégique et nous devrions fermer les marchés, nos travailleurs sont tout à fait compétents

    • Justement votre collègue, M. Vailles a écrit le contraire:
      \'\'La conclusion la plus frappante des chercheurs a trait à la surqualification des diplômés des écoles de métier. Globalement, 47% de ces diplômés finissent par occuper un emploi pour lequel ils sont surqualifiés. «Plusieurs sortent de ces écoles, mais n'ont pas d'emplois dans leur domaine. Les écoles admettent peut-être davantage les élèves en fonction des places et des profs disponibles que de la demande réelle du marché», croit Claude Montmarquette, dont l'étude n'a toutefois pas validé ce constat sur le terrain.\'\'
      Pendant ce temps, les employeurs crient au manque de main d'oeuvre qualifié et vont chercher à l'étranger. Pourtant on a plein de diplômés qui ne trouvent pas du travail dans leur domaine.
      Les économistes, vous connaissez bien les employeurs et leurs besoins, mais semblez totalement ignorants sur les chercheurs d'emploi et les diplômés.

    • Ce que je retiens, entre autre de la situation de la RBC, c'est que comme dans beaucoup d'entreprises aujourd'hui, il y a "petits brillants"....avec peu de morale (dans le cas de RBC, probablement de leur service des RH) qui sont convaincus qu'ils ont la responsabilité de tout faire pour démontrer à leur employeur qu'ils ont à coeur le succès de leur entreprise quitte à mettre en place des procédures illégales ou moralement discutables...... Jusqu'au jour un un autre plus brillant trouvera une façon d'éliminer leur poste à leur tour.

    • M. Décarie,vous écivez :L'an dernier, Charles Dutil a dû avoir recours au programme de travailleurs étrangers temporaires afin de pourvoir des postes de soudeurs. Il n'arrivait pas à trouver des soudeurs dans le bassin de main-d'oeuvre de la région.
      Avez-vous profité de votre visite en Beauce pour demander à M. Dutil combien il payait pour un soudeur d'expérience ? Je crois qu'en commençant chez Canam, on n'offre même pas $20./l'heure. Me semble que vu le contexte de pénurie, Canam pourrait se forcer un peu. Me semble que pénurie=rareté=rémunération haussée.
      Je crois que, comme plusieurs intervenants, ce programme sert surtout les objectifs de réduction des coûts des entreprises.
      En passant, s'il est vrai qu'il y a pas mal d'emplois de soudeurs de disponibles, allez donc voir le site d'emploi-Québec et regardez les salaires offerts. C'est souvent du $14./h ou à discuter, ce qui, vous en conviendrez, n'est pas très alléchant. Rien pour encourager quelqu'un à quitter sa région pour aller à Drummondville ou St-Georges. On ne fait pas vivre une famille avec ça !

    • M. Décarie, vous ne montrer qu'une version, celui de l'employeur. Vous devrez demander ce que pense les diplômés et les chercheurs d'emploi.
      Je donne un exemple, un vrai. Un employeur a besoin urgent d'un machiniste... avec 10 d'expérience. Ceux qui sortent de l'école ont-ils 10 ans d'expérience en partant? et ceux qui sont en recherche d'emploi, non plus. On met les exigences hauts dans le but exprès pour ne pas trouver un candidat et on va chercher à l'étranger... avec l'aide du gouvernement. Ce cas n'est pas unique, plusieurs employeurs contournent et profitent de ces mesures pour remplir un peu plus les proches.
      Former un nouvel employé, les employeurs ne veulent pas à cause du coûts et du temps, aussi le travailleur étranger remporte vite.
      Faut pas croire tous ce que tous ce que les employeurs disent. Le manque de main d'oeuvre qualifié, ils font parti du problème que de la solution.
      Je souhaite que le 1% que les entreprises paient pour la formation, soit repenser. Une partie doivent donner en crédit d'impôt pour ceux qui engagent des diplômés.

    • Mr. Décarie, je vous encourage à creuser ce dossier épineux qui va bien au-delà des emplois de métiers.
      On pense trop souvent que ce phénomène n'est réservé qu'au monde de l'agriculture. Il nous frappe de plein fouet dans les technologies de l'info, et ce, de plus en plus au niveau des contenus, de la gestion de projets, etc.. Emplois pour lesquels nous avons développés beaucoup d'expertise, subventionnés des diplômes universitaires via nos impôts (printemps érables....rrrr!) pour un grand bassin de travailleurs.
      Les contrats en sous-traitance de services professionnels octroyés souvent pour 10 ans avec les IBM, Accenture, CGI, etc... sont devenus les plus grands échappatoires vers les travailleurs de l'Asie, qui sont amenés ici pour des périodes allant jusqu'à 3 ans souvent.
      Exemple:
      - Ces grandes firmes collusionnaires charge 150$/hr à des ministères fédéraux ou provinciaux pour un travail X.
      - Ils n'ont souvent pas les ressources humaines pour réaliser le contrat.
      - Ils offrent ensuite ce travail au gens d'ici à 70$/hr. Ce qui donnerais environ la même chose que pour un salarié.
      - Ils prétendent ne trouver personne et se tourne ensuite vers sa filliale Indienne et amène qqu pour 25$/hr. WOW!!! Quel profit.....
      Et des histoires de factures à 220$/hr, y en a des tonnes. Les projets à Montréal où 40% des gens assis en permanence viennent de l'Asie sont partout!!!!
      En délocalisant nos usines de production, nos services professionels, pour soi-disant demeurer compétitif, nous délocalisons AUSSI le savoir-faire. Lorsqu'il y a un besoin de main-d'oeuvre, il est trop facile pour les entrepreneurs d'aller chercher le cheap labor outre-frontières. Il serait donc intéressant de connaître les salaires offert à ces travailleurs portoricains.
      Pensons que la majorité des investissements au Québec proviennent des sphères gouvernementales. On finance donc les délocalisations avec nos impôts.
      CATCH 22...Sommes-nous imbéciles? Non ...IMPUISSANTS peut-être!!

    • Toujours la même histoire, il faut avoir 10 ans d'expérience en sortant de l'école ou encore
      Recherche:
      Ingénieur en aéronautique (maîtrise en xxx) 2 ans d'expérience, parlant français, anglais, espagnol et mandarin.
      On offre 35 000$/an

    • Très bon article.
      Malheureusement, vous ne mentionnez pas si ces travailleurs étrangers doivent travailler en français, ce qui pourrait être une embûche pour les entreprises québécoises.

    • Il y aura toujours des gens, sociétés, trop avide qui trouvent le petit trou ou une échappatoire d'une mesure existante à aider les gens ou entreprises et se remplir les poches. Quand c'est pas le gouvernement même. Quand on les attrappent par exemple, on devrait les punir si sévèrement que çà décourageait les futurs à ne pas le faire

    • Alors Monsieur Décarie expliquez nous pourquoi les gens des ressources humaines disent à ceux qui cherchent un emploi que 90 % des emplois disponibles sont cachés, qu'il faut se démener comme un diable pour les trouver... sous peine même de se faire couper le chômage depuis peu?

Commenter cet article

Les commentaires sont maintenant fermés sur cet article.

Nous vous invitons à commenter les articles suivants:


Veuillez noter que les commentaires sont modérés et que leur publication est à la discrétion de l'équipe de Cyberpresse. Pour plus d'information, consultez notre nétiquette. Si vous constatez de l'abus, signalez-le.

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer