La Coop fédérée, loin d'être pépère

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(Montréal) On associe trop souvent les entreprises coopératives à des organisations d'un autre âge qui opèrent de façon défensive dans une économie parallèle. Des entités mal outillées pour percer et faire une différence dans la vraie et très compétitive économie de marché. Un préjugé facile et pourtant tenace.

Si le Mouvement Desjardins illustre à lui seul l'impertinence de cette mauvaise perception du monde coopératif, La Coop fédérée est un autre bel exemple d'une entreprise coopérative qui joue depuis 90 ans un rôle actif et essentiel dans l'économie québécoise et qui déborde depuis 10 ans dans le reste du Canada.

Plus grande entreprise agroalimentaire au Québec, La Coop fédérée a fait passablement parler d'elle au cours des derniers mois.

En plein psychodrame de l'annonce de la fermeture de la centrale nucléaire de Gentilly de Bécancour, la coopérative a annoncé en octobre dernier un projet de construction d'une usine d'engrais azoté dans le parc industriel de Bécancour.

En partenariat avec la coopérative indienne Indian Farmers Fertiliser Cooperative (IFFCO) qui va contrôler 51% de l'usine de fabrication d'urée, le groupe québécois et deux autres partenaires financiers prévoient investir 1,2 milliard pour l'érection pour établir cette usine qui emploiera 200 travailleurs spécialisés.

Le projet doit d'abord passer l'étape des consultations du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement qui doivent débuter dans les prochains mois. Une fois le feu vert obtenu, la construction devrait débuter à la fin de 2013.

La Coop fédérée prévoit absorber la moitié de la production annuelle de 1,2 million de tonnes d'urée qui sera produite dans cette nouvelle usine et qui remplacera les achats que la coopérative réalisait auprès de fournisseurs du Moyen-Orient et de Russie.

La coopérative prévoit écouler cet engrais essentiel à l'agriculture via son réseau pancanadien de 175 magasins spécialisés qui réalise incidemment des revenus annuels de 600 millions. Une fraction du chiffre d'affaires de 4,9 milliards qu'a enregistré La Coop fédérée en 2012.

Outre son importante division Olymel de transformation de porcs et de poulets, qui génère des revenus de 2,4 milliards, l'entreprise opère une bannière de vente de nourriture pour animaux qui réalise des revenus de 300 millions; une autre qui commerciale les grains (500 millions); une filiale de produits pétroliers, Sonic, qui affiche des ventes de 750 millions et enfin un réseau de 180 quincailleries Unimat qui produit quelque 300 millions de revenus annuels.

La Coop fédérée a annoncé le mois dernier que sa division Unimat avait entrepris des négociations avec le groupe BMR en vue d'une fusion des deux entreprises de commerce de détail.

BMR est un regroupement de 187 quincailleries qui enregistre des revenus annuels de 1,3 milliard qui sont donc beaucoup plus importants que ceux de Unimat, mais ce serait la plus petite des deux entreprises qui prendrait le contrôle de l'autre.

Claude Lafleur, le directeur général de La Coop fédérée, n'a pas voulu commenter hier l'état des discussions en rappelant que les deux groupes avaient convenu de garder les négociations confidentielles.

Même si Unimat a contribué à la rentabilité de La Coop fédérée en 2012, Claude Lafleur convient que cette division souffre depuis quelques années déjà du ralentissement des dépenses en rénovation.

«Le regroupement des deux entreprises nous permettrait de réaliser nos coûts communs», a laissé tomber Claude Lafleur. À l'image du modèle Rona, le groupe de 300 quincailleries pourrait bénéficier d'une distribution centralisée.

Autre preuve du dynamisme de l'entreprise coopérative, elle a réalisé l'an dernier l'acquisition de Big Sky Farms en Saskatchewan, l'un des plus importants producteurs de porcs au Canada - avec un million de porcs par année - qui alimentera l'usine de transformation qu'Olymel possède en Alberta.

En cours d'année, La Coop fédérée a également renforcé sa base de capital en émettant pour 100 millions de dollars d'actions privilégiées que se sont partagés le Fonds de solidarité de la FTQ et Capital régional et coopératif Desjardins.

Heureuse coïncidence, le Fonds de solidarité est à la fois actionnaire de BMR et de La Coop fédérée. Est-ce que cette double allégeance va favoriser le rapprochement espéré? On le verra sous peu.

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Commentaire (1)
    • Je suis membre d'une COOP d'alimentation incluant des produits de quincaillerie UNIMATdans mon village, aussi une station de Service Sonic et un guichet Desjardins, sans l'aide de al COOP Fédérée nous n'y serions jamsis arrivés et le tout est très rentable tout en créant des jobs.

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