Survivre à la fin du monde

Tous en conviendront, 2012 n'a pas été une année facile. Le pire toutefois, c'est que 2012 n'est toujours pas terminée et que l'on fait encore face à deux épreuves qui apparaissent aux yeux de plusieurs insurmontables. Il faudra d'abord survivre à la fin du monde prévue pour vendredi et que les États-Unis franchissent d'ici le 31 leur fameux précipice fiscal et arrivent à un compromis sur la réduction du déficit fédéral.

Sans avoir été catastrophique, l'année qui s'achève n'a pas été de tout repos à bien des égards. Sur le plan social et politique, 2012 a été marquée par les plus fortes turbulences jamais observées durant les 20 dernières années.

Le mouvement de protestation étudiante contre la hausse des droits de scolarité n'a pas dérougi de tout le printemps. Avec son cortège de manifestations quotidiennes, dont certaines ont dégénéré en affrontements violents avec la police, le printemps érable a diffusé à l'échelle internationale une image déformée de Montréal et de la réalité québécoise.

Tourisme Montréal attribue d'ailleurs en partie à cette mauvaise publicité la baisse de 0,6% du nombre de visiteurs internationaux qui a été enregistrée cette année à Montréal.

Sur le plan politique, le déclenchement d'élections en plein été sur un fond de trame de corruption et de collusion a marqué la fin du règne des libéraux de Jean Charest qui a coïncidé avec le début des audiences de la commission Charbonneau.

Depuis septembre, les Québécois ont eu l'occasion de faire quasi quotidiennement le plein d'indignation, de désabusement et de consternation tout en nourrissant généreusement leur cynisme pour des années à venir.

Une croissance atone

Du côté économique et financier, l'année 2012 n'a pas été beaucoup plus scintillante. Outre le succès de plusieurs entreprises québécoises - Couche-Tard, CGI, Genivar, Cogeco et Saputo notamment - qui se sont illustrées sur la scène internationale en réalisant d'audacieuses transactions, la croissance économique a été atone.

Si le Québec a bien traversé la récession de 2008-2009, c'est grâce en bonne partie à son programme de rénovation des infrastructures pour lequel l'État a quand même dû absorber des coûts de 30% plus élevés que la norme, corruption oblige!

Même si le programme d'infrastructures est toujours en force, il ne peut à lui seul assurer toute la croissance et le Québec a été rattrapé par la réalité économique mondiale.

La zone euro est en récession et le sera encore pour toute l'année 2013. La zone euro est aussi le principal client de la Chine qui vient d'enregistrer son septième trimestre de croissance économique en baisse.

Les États-Unis, qui restent toujours notre principal partenaire commercial, ont connu une reprise de croissance incertaine malgré les interventions répétées de la Réserve fédérale pour relancer la machine.

Bref, l'économie québécoise a fait du surplace en 2012 alors que son Produit intérieur brut devrait terminer l'année avec une timide progression de 0,8% seulement.

Quelque 15 000 emplois ont été créés depuis le début de l'année, contre 85 000 en 2009 en sortie de récession. Ce faible bilan de l'emploi combiné à une croissance économique anémique ont contribué à creuser le trou de 500 millions dans la colonne des revenus anticipés du nouveau ministre des Finances Nicolas Marceau.

Franchir le précipice

Il reste seulement une douzaine de jours pour clore cette année «difficile», mais on semble en bonne voie d'y arriver malgré les deux énormes obstacles qu'il nous reste encore à surmonter: la fin du monde et le précipice fiscal américain.

Allons au plus pressant, la fin du monde, prévue dans deux petites journées seulement. Un mot pour ceux que cela peut rassurer. La NASA a devancé la diffusion d'une vidéo qu'elle devait mettre en ligne le 22 décembre pour expliquer pourquoi la fin du monde n'avait pas eu lieu.

Cette petite capsule de cinq minutes nous explique bien clairement que le 21 décembre 2012 marque bien la fin du calendrier maya et non la fin du monde. Passé cette date, les Mayas n'avaient plus de chiffres disponibles pour poursuivre la séquence de leur calendrier de 5000 ans, c'est aussi simple que ça. Une vidéo à voir pour ceux qui ont besoin d'être rassurés.

Pour ce qui est du précipice fiscal, le Congrès républicain a jusqu'au 31 décembre pour s'entendre avec le président Obama sur les façons d'arriver avec un plan efficace de réduction du déficit sur 10 ans.

Si les parties n'arrivent pas à s'entendre, des hausses d'impôts et des compressions de dépenses de 600 milliards vont automatiquement se mettre en branle le 1er janvier 2013 et cette éventualité plongerait le pays et le continent nord-américain en récession.

Encore là, on semble en bonne voie à Washington de trouver un compromis pour franchir ce dernier obstacle de l'année. Les marchés boursiers y croient comme en fait foi cette nouvelle journée de forts gains enregistrés à New York. Cette année moche pourrait donc se terminer sur une bonne lancée.

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Commentaires (2)
    • Je pense que le précipice fiscal américain ne sera pas règlé avant fin de l'an et que les augmentations des impôts et les réductions de services prévu vont mettre les États Unis en récession. Les républicaines ne cèderont pas et vont essayer de mettre le blâme des augmentations des impôts sur le dos des démocrates et Obama. Le Président joue le même jeux dangereux en espérant que les républicaines seront punit aux élections 2014, c'est une joute politique dangéreuse qui va l'économie du Canada. C'est peut-être ça que le calendrier Maya à prévu, car ce scénario resemble au fin du monde!

    • La fin du monde pourrait entrainer de sérieuses difficultés pour les banques américaines. En effet, plusieurs personnes se sont endettés en fonction du 21 décembre. Lorsque ces gens, étranglés par les dettes, vont recevoir les comptes, on risque de voir plusieurs faillittes.
      Des banques américaines pourraient pêter au frette, suite à "l'après armageddon" ...Armez vous maintenant et payez après le jugement dernier... La question est de de savoir si toutes ces personnes, ces preppers, vont faire faillitte en même temps ou dans le temps.

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