François Trahan toujours au sommet de Wall Street

Il a été le premier analyste financier à annoncer la baisse des marchés boursiers américains à l'été 2011. En octobre dernier, alors que les indices étaient à leur plus bas, il a été le premier et seul stratège à signaler le retour d'un marché haussier. Cette prescience particulière a encore permis cette année au montréalais François Trahan d'être désigné le meilleur stratège de portefeuille de Wall Street.

Au cours des neuf dernières années, François Trahan a été nommé six fois le meilleur stratège boursier de Wall Street par la revue spécialisée Institutional Investors. Les trois fois où il n'a pas terminé premier, François Trahan a obtenu le deuxième rang.

Ce nouveau couronnement a été annoncé mardi par le magazine financier américain, qui est en quelque sorte la bible que consultent religieusement tous les importants investisseurs institutionnels.

C'est à partir d'un sondage que réalise la publication auprès des lecteurs que François Trahan a été choisi. Les investisseurs professionnels reconnaissent ainsi la qualité et la fiabilité de ses études et de ses prévisions de marché.

Économiste de formation, Trahan, 41 ans, a commencé à se démarquer dans le monde de la finance lorsqu'il a joint la firme Bear Stearns à Wall Street, en 2002. Il avait 33 ans et était le plus jeune stratège du centre mondial de la finance.

En 2003, il est nommé le 6e stratège de Wall Street. En 2004, il se classe second, mais prend la première place dès l'année suivante. Une position qu'il conserve depuis de façon quasi systématique.

Depuis 2005, les seules fois où François Trahan n'a pas ravi le titre de meilleur stratège de portefeuille, c'est lorsqu'il a changé de firme et qu'il a donc réduit la cadence de publication de ses études.

Ses dons d'oracle l'ont aussi bien servi dans sa vie professionnelle. En février 2007, à la surprise générale, il quitte la firme Bear Sterns où il est pourtant considéré et traité comme une véritable star. Il se joint au ISI Group, une boîte de recherche de niche hyperspécialisée.

Quelques mois plus tard, Bear Sterns s'écroule comme un château de cartes. François Trahan a quitté au bon moment. Il a pu écouler toutes ses actions de la firme à fort prix.

«J'ai été chanceux. Beaucoup de mes collègues ont perdu leur fonds de pension. Moi je voyais que la firme était beaucoup trop exposée sur les marchés et je n'aimais pas ça», m'avait-il raconté à l'époque.

Les États-Unis redémarrent

Depuis février 2010, François Trahan est vice-président et stratège en chef de la firme Wolfe Trahan qu'il a fondée avec un ancien collègue de Bear Stearns. La firme de courtage et de recherche compte une soixantaine d'employés à New York.

Joint hier à Londres, après une longue journée de rencontres avec des clients de sa firme, François Trahan avait la voix d'un homme vanné, mais le ton s'est ressaisi lorsqu'il a commencé à expliquer pourquoi les investisseurs institutionnels l'avaient encore désigné comme le numéro 1 de Wall Street.

«J'ai fait deux bonnes prévisions et j'ai été le seul à les faire. En mars 2011, je voyais le marché baissier se profiler. Même si les marchés sont restés neutres jusqu'en juin, ç'a été une descente aux enfers en juillet et août avec des reculs de l'ordre de 20%.

«Dans la première semaine d'octobre, les marchés étaient à leur plus bas, mais j'ai annoncé qu'ils amorçaient leur remontée. J'ai été le seul négatif à l'été 2011 et le seul positif en octobre et dans les deux cas ça s'est avéré. J'ai eu beaucoup d'attention avec ces prévisions», résume-t-il.

À distance, François Trahan consulte son ordinateur et me fait observer que d'octobre 2011 à aujourd'hui, l'indice S&P 500 affiche un rendement de 27%. «Pas pire comme call», laisse-t-il tomber.

Selon lui, les marchés n'ont pas fini leur progression. L'économie américaine redémarre de façon significative, observe-t-il. Parmi les indices précurseurs qu'il favorise, c'est celui des mises en chantiers résidentielles.

«On a pas vu ça depuis six ans, on va assister à la meilleure croissance économique depuis la crise de 2008», souligne-t-il.

Après 12 années à New York, François Trahan a décidé de revenir vivre l'an dernier à Montréal avec sa jeune famille de trois enfants. Il doit donc faire la navette Montréal-New York sur une base quasi hebdomadaire. Il a lancé en avril dernier sa firme montréalaise Gestion de capital Trahan en mettant sur pied un hedge fund international, le Fonds Opportunités Trahan.

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EN CHIFFRES

Novembre 2002

François Trahan devient stratège en chef chez Bear Stearns, une firme de courtage réputée de Wall Street.

Février 2007

Il quitte Bear Stearns et se joint au ISI Group.

Février 2010

Fort d'une réputation internationale, le Québécois fonde la firme Wolfe Trahan & Co. avec un partenaire.

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