Du sang neuf pour Ambulances Demers

Le Québec est un terreau fertile de PME besogneuses et audacieuses, d'entreprises qui n'ont aucun complexe à s'attaquer aux marchés étrangers avec des produits novateurs et différenciés. Ambulances Demers, de Beloeil, est l'une de ces PME méritoires et, fort heureusement, elle vient de trouver de nouveaux actionnaires qui lui permettront de poursuivre son plan de développement.

Fondée en 1960, Ambulances Demers n'a jamais cessé d'assembler des véhicules d'urgence dans ses installations de Beloeil et surtout d'améliorer sans cesse les produits qu'elle fabrique et qu'elle écoule maintenant dans une vingtaine de pays.

C'est plus de 15 000 ambulances qui ont été assemblées au cours des 50 dernières années dans l'usine de l'entreprise familiale de la Rive-Sud.

En 2004, les membres de la famille Demers ont justement décidé de monétiser une partie des 40 ans d'efforts qu'ils avaient mis à bâtir et à faire progresser leur entreprise.

Le fonds Novacap, firme québécoise d'équité privée, a alors pris une participation majoritaire dans le fabricant d'ambulances avec l'intention de faire d'Ambulances Demers un acteur d'envergure mondiale.

L'entreprise de Beloeil a annoncé hier qu'elle avait été achetée par deux fonds d'investissement privés de l'Ontario, le fonds Westerkirk et le fonds Ironbridge.

Ces nouveaux actionnaires ont acquis la participation de Novacap et celle de la famille Demers. Alain Brunelle, PDG d'Ambulances Demers, et Benoît Lafortune, son vice-président directeur, font également partie du groupe d'acquéreurs.

«On est particulièrement fiers des acquéreurs qui vont prendre le relais. On les a soigneusement sélectionnés. Il s'agit d'investisseurs patients qui veulent poursuivre le développement d'Ambulances Demers», m'a expliqué hier Michel Côté, de Novacap, qui était aussi président du conseil d'Ambulances Demers.

Le fonds Westerkirk est la propriété de l'une des héritières de la famille Thomson, la plus fortunée des familles canadiennes. Elle n'est pas là pour revendre l'entreprise rapidement.

Si le fonds Novacap a vendu sa participation, c'est qu'elle avait atteint son horizon de placement.

Lorsque Novacap prend le contrôle d'une entreprise, elle le fait pour une durée de 8 à 10 ans, après quoi elle vend sa participation - la plupart du temps au management qui l'exploite - ou réalise une émission d'actions publiques.

«On a acquis Ambulances Demers en 2004 qui était essentiellement un acteur québécois. On a pris d'assaut le marché canadien et on a entrepris le virage international. Le chiffre d'affaires a triplé et les perspectives sont excellentes aux États-Unis», poursuit Michel Côté.

Benoît Lafortune, vice-président directeur d'Ambulances Demers, s'est dit hier ravi de la transaction et de l'arrivée d'actionnaires qui veulent investir pour assurer la croissance et le rayonnement de l'entreprise.

«On est rendus le deuxième acteur en importance en Amérique du Nord. On perce de plus en plus le marché américain, en Nouvelle-Angleterre, dans le Midwest et en Californie», observe le responsable du développement de marchés que j'avais rencontré il y a quatre ans à Saint-Pétersbourg, en Russie, alors qu'il tentait justement de percer ce marché assez particulier.

«On a laissé tomber la Russie, c'était trop compliqué. Mais on est quand même dans 20 pays, en Europe, en Amérique du Sud, dans le Moyen-Orient, en Irak», souligne Benoît Lafortune.

Il y a trois ans, Ambulances Demers employait 130 travailleurs à Beloeil. Ils sont aujourd'hui 190 et l'entreprise embauche.

«On poursuit notre croissance. Ça va bien. On achète plus de 300 pièces qui servent à la fabrication de nos ambulances chez des fournisseurs québécois. Au total, Ambulances Demers donne du travail à 700 personnes à temps plein au Québec», expose-t-il fièrement.

C'est ce qu'on appelle une PME besogneuse et audacieuse.

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