Couche-Tard livre gros

(Montréal) Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Alimentation Couche-Tard a terminé son année financière en lion, comme en témoignent les résultats spectaculaires de son quatrième trimestre. Non seulement le groupe a enregistré des ventes et des profits records, mais il a aussi trouvé le temps de réaliser la plus grosse acquisition de son histoire. Est-ce qu'Alain Bouchard se sent d'attaque pour rééditer cet exploit durant le premier trimestre de son nouvel exercice?

C'est par un grand rire que le PDG de Couche-Tard accueille cette question à réponse prévisible.

«Je ne le sais pas. On va d'abord digérer ce que l'on vient de réaliser à notre quatrième trimestre. Je viens d'expliquer aux analystes financiers qu'il n'était pas question que l'on mette en danger notre cote de crédit en réalisant des acquisitions coûteuses. Ça nous a pris assez de temps à monter notre dossier. On va absorber Statoil tout en continuant de regarder le marché», confie Alain Bouchard.

Un rapport d'analyste suggérait la semaine dernière que Couche-Tard serait sur les rangs pour acheter les 1123 stations-services de la pétrolière Exxon Mobile en Allemagne. Un gros morceau à avaler alors que le groupe québécois est en pleine digestion.

«Je ne sais pas d'où vient la rumeur, mais en Europe, c'est très difficile de procéder à l'acquisition de certains actifs ciblés. En Allemagne, par exemple, les autorités anticoncurrence sont très pointilleuses. C'est beaucoup plus simple d'acheter une société en bourse», précise le PDG.

Même si Couche-Tard est maintenant sollicité en Europe par des exploitants de chaînes de dépanneurs, le groupe se garde de faire un geste précipité. «Réaliser une transaction en Europe, c'est long et on est bien satisfait que ça prenne du temps, on n'est pas pressé», explique Alain Bouchard.

Un trimestre spectaculaire

Revenons d'abord sur les résultats du quatrième trimestre de l'exercice 2012 de Couche-Tard. L'entreprise a dégagé un bénéfice net de 117,8 millions US, en hausse de 82,6% par rapport aux 64,5 millions US obtenus l'an dernier. Les ventes du groupe ont totalisé 6 milliards US, en hausse de 28% par rapport aux 4,7 milliards US enregistrés en 2011.

Le groupe de dépanneurs termine son année avec un chiffre d'affaires de 23 milliards US et des profits de 457 millions US. Même si l'entreprise a profité d'une 53e semaine à son année financière, comme je le rappelle souvent, il faut en vendre des litres de lait et des billets de loto pour afficher un pareil bilan.

Couche-Tard a donc enregistré de meilleures ventes et a dégagé de meilleures marges sur ses ventes tout comme elle a profité des acquisitions qu'elle a réalisées en cours d'année. Parce que, mine de rien, ce n'est pas moins de 200 nouveaux dépanneurs que le groupe a absorbés aux États-Unis en 2012.

Un chiffre impressionnant, mais qui n'a aucune commune mesure avec les 2300 nouveaux magasins de la chaîne norvégienne Statoil Retail&Fuel que Couche-Tard a acquise en Europe du Nord durant ce même fameux quatrième trimestre.

Potentiel américain

Cette transaction de 2,6 milliards, qui vient tout juste d'être finalisée, marque de façon non équivoque l'implantation de Couche-Tard sur le marché européen.

«Oui, on est bien installé en Europe, mais ça ne veut pas dire que l'on cesse de s'intéresser au marché américain. Au contraire, on va annoncer dans les prochains mois des acquisitions de petits réseaux indépendants, il s'agit de transactions très profitables parce que les nouveaux magasins s'intègrent sans coût à notre réseau», expose Alain Bouchard.

Le PDG en veut pour preuve les 200 nouveaux magasins qui ont été acquis aux États-Unis au cours de l'année. «L'impact de ces ajouts s'est fait pleinement sentir dans nos résultats du quatrième trimestre», explique-t-il.

Alimentation Couche-Tard continue d'être la même entreprise qu'elle a toujours été depuis sa création en 1980, lorsque Alain Bouchard a acquis son premier dépanneur à Laval. Une entreprise disciplinée qui réalise son opération de façon systématique et qui comprend bien son marché.

La seule différence avec le Couche-Tard d'hier, c'est que son marché d'aujourd'hui est beaucoup plus vaste et multiple que celui du magasin de quartier d'antan. Le marché de Couche-Tard déborde maintenant les frontières et se développe outre-mer, en Europe, un territoire qui va lui aussi nourrir l'expansion prochaine du groupe québécois.

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SOLIDE FIN D'EXERCICE

[4e trimestre (var. annuelle)]

Revenus 6,1 milliards US (+26%)

Bénéfice net 117,8 millions US (+83%)

Bénéfice net par action ** 0,57$ (+64%)

* trimestre terminé le 29 avril 2012

** Excluant les éléments non récurrents

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