Parler d'innovation autrement

(Montréal) Montréal sera bientôt l'hôte d'une conférence d'affaires mondiale d'un style tout à fait particulier.

L'événement C2-MTL, imaginé et conçu par l'agence de publicité Sid Lee, proposera durant trois jours des ateliers et des conférences autour du thème de l'innovation, du commerce et de la créativité dans un cadre totalement éclaté. Tant qu'à parler innovation, innovons, ont convenu les organisateurs de cette conférence nouveau genre.

Pour bien marquer leur différence, les organisateurs de C2-MTL - auxquels s'est associé le Cirque du Soleil - ont même créé un village dans lequel vont se dérouler toutes les activités de la conférence. On sera en plein quartier Griffintown, dans le complexe New City Gas, un édifice construit au XIXe siècle où on entreposait le gaz servant à éclairer les rues de Montréal.

Pour vous donner une idée du ton et du contexte dans lequel va se dérouler C2-MTL, du 23 au 25 mai prochains, voici un extrait du communiqué de presse qui annonçait le programme:

«L'événement offrira trois jours d'expériences non traditionnelles et redéfinira la conférence d'affaires: allocutions par des conférenciers de renom, prestations artistiques, installations immersives, boot camp créatif, événements collaboratifs, expositions et plus encore...»

Les conférenciers annoncés sont effectivement de grosses pointures de l'innovation et de la créativité: le cinéaste et vigneron Francis Ford Coppola, l'ex-PDG de Disney Michael Eisner, Patrick Pichette, chef de la direction financière de Google, Bill Damaschke, directeur de la création chez DreamWorks, Arianna Huffington, du Huffington Post Media Group, et plusieurs autres.

Bref, cette conférence de trois jours risque d'être tout sauf banale. D'autant que les activités se poursuivront tous les soirs avec de l'animation, des spectacles de musique et des performances artistiques.

Parlant d'innovation, j'ai eu la chance de rencontrer mercredi soir une sommité en la matière, le Dr Eric Haseltine, spécialiste en neuroscience dont le parcours professionnel est tout à fait singulier.

M. Haseltine était le conférencier invité par le Fonds de solidarité pour discuter d'innovation avec une cinquantaine de chefs d'entreprises où le Fonds est actionnaire. Malgré sa journée chargée, même Geoff Molson s'était déplacé pour l'événement!

Aujourd'hui président de son groupe de consultants Haseltine Partners, le spécialiste du cerveau humain a été tour à tour directeur de l'ingénierie chez Hughes Aircraft et vice-président directeur et chef de la recherche et du développement chez Walt Disney.

Puis il a été directeur de la recherche à la National Security Agency et enfin le directeur science et technologie au Office of the Director of National Intelligence, la supra-agence américaine - créée dans la foulée des attentats de septembre 2001 - qui chapeaute les 14 services de renseignements américains.

M. Haseltine a donc du vécu en matière de recherche et d'innovation. Le cerveau humain a beau être exactement le même que celui de nos ancêtres d'il y a 200 000 ans, c'est l'élargissement de la vision qui a permis à l'homme de se transformer en être innovant au cours des siècles récents.

«Nos yeux voient juste ce qu'ils veulent voir. Nos cerveaux pensent à court terme. Pour innover, il faut d'abord apprendre à voir», explique le neuroscientifique.

«La technologie doit d'abord parler au coeur, pas au cerveau. Le meilleur exemple de ce lien nécessaire entre l'innovation et l'affectif, c'est Steve Jobs qui l'a démontré. Les produits Apple sont simples, ils sont beaux et ils sont faciles à utiliser», poursuit-il.

Eric Haseltine ne peut pas beaucoup parler des huit années de sa vie où il a été responsable des technologies pour les services d'espionnage et de sécurité des États-Unis sauf pour dire que son mandat était de mieux coordonner l'interaction entre les plateformes des différentes agences.

Dans sa vie de consultant, Eric Haseltine conseille les directions des plus grandes entreprises américaines dans leur politique d'innovation et son constat est assez sévère.

«La plupart des PDG sont au volant d'une voiture et devraient donc regarder en avant pour avoir une vision claire de ce qui s'en vient. En fait, ils regardent tous dans le rétroviseur pour se rassurer avec les succès du passé», déplore-t-il.

«Mon rôle, c'est de leur faire comprendre que c'est la croissance organique qui génère le plus de valeur pour leur entreprise et que c'est en plaçant l'innovation au premier plan qu'ils arriveront à créer cette richesse additionnelle.»

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