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Pourquoi une entente Québec-Ontario est possible

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Le Québec regorge d'énergie, qu'il pourrait bien vendre à l'Ontario. Or, l'Ontario regarde justement, pour la première fois, la possibilité d'importer de l'électricité à long terme de ses voisins afin de réduire ses coûts.

En avril, le ministre ontarien de l'Énergie, Bob Chiarelli, a été clair. «Une entente avec l'un des voisins de l'Ontario garantissant une livraison ferme de puissance électrique propre pourrait offrir une solution moins coûteuse que la construction de centrales», a-t-il déclaré.

Pour analyser ses options, le ministre a commandé une étude à deux des gestionnaires du réseau ontarien, soit l'Ontario Power Authority (OPA) et l'Independent Electricity System Operator (IESO). Un rapport préliminaire a été remis au ministre à la fin de juin.

La possibilité d'importer de l'énergie ou de la puissance électrique à long terme est offerte à l'Ontario, compte tenu de ses plus grandes capacités d'interconnexions avec les autres réseaux. Pour étoffer l'étude, les auteurs se sont vu demander de calculer l'impact de certains scénarios spécifiques. Un rapport final est attendu cet automne, indique l'IESO.

Le Québec aura d'énormes surplus d'ici 2027. Non seulement la division qui vend aux Québécois (Hydro-Québec Distribution) regorge-t-elle d'énergie, mais encore celle qui produit l'électricité (Hydro-Québec Production) a d'importants excédents, qu'elle exporte essentiellement à court terme. En 2015, les deux divisions d'Hydro auront ensemble quelque 37 térawattheures (TWh) de surplus, capables d'alimenter environ 1,5 million de maisons.

IESO a demandé aux parties intéressées par cette question de lui soumettre leur opinion. Du nombre, seuls six producteurs d'énergie ont répondu à l'appel, dont Hydro-Québec et Nalcor Energy, de Terre-Neuve-et-Labrador. Dans sa réponse, toutefois, Hydro-Québec ne démontre pas un intérêt particulier pour l'exportation d'énergie à proprement parler, contrairement à Nalcor, mais plutôt pour l'octroi de puissance hors de ses pointes hivernales.

Les capacités d'interconnexions Québec-Ontario permettent d'exporter jusqu'à 10 TWh d'électricité vers l'Ontario. En termes de puissance, la capacité est de 2000 mégawatts (MW).

La démarche de l'Ontario arrive dans le contexte où 10 de ses 18 centrales nucléaires (13 000 MW de puissance) ont des besoins majeurs de rénovations. Les premières centrales commenceront à être rénovées en 2016.

Pierre-Olivier Pineau, professeur de HEC Montréal spécialisé en énergie, croit que le Québec et l'Ontario pourraient conclure une entente intéressante pour les deux parties.

En Ontario, la production d'énergie tirée d'une centrale rénovée pourrait revenir à 8,6 cents le kilowattheure, promet-on. Toutefois, l'expérience du Nouveau-Brunswick, avec la centrale de Point Lepreau, et d'Hydro-Québec, avec celle de Gentilly, porte à croire que le coût pourrait aisément grimper à 12¢/kWh, selon M. Pineau.

«Personne ne croit que le chiffre de 8,6 cents est réaliste. L'entreprise qui produit l'énergie nucléaire, Ontario Power Generation (OPG), a intérêt à mettre le coût le plus bas possible pour obtenir l'accord des politiciens. Toutefois, dans le nucléaire, les dépassements de coûts sont la norme», dit l'expert.

Au Québec, le coût de production du projet La Romaine (1569 MW), qui est en chantier, oscille entre 6,2 et 7,1¢/kWh, selon les hypothèses. Et le coût moyen de l'électricité d'Hydro-Québec Production est de 1,98¢/kWh. Autrement dit, il y a un écart appréciable entre le coût de l'électricité produite au Québec et celle qui serait produite avec les centrales rénovées de l'Ontario.

En 2013, Hydro-Québec a exporté 32,2 TWh, dont 92% sur le marché de court terme. L'un de ses principaux contrats à long terme a été conclu avec le Vermont.

Le prix de base négocié avec le Vermont est de 5,7¢/kWh. Dans les faits, le prix payé est toutefois passablement plus élevé, compte tenu des aléas de la météo et d'autres facteurs. En 2013, Hydro a ainsi obtenu 9,1¢/kWh pour l'ensemble de son électricité exportée à long terme, dont le Vermont est le principal client.

La partie n'est pas gagnée d'avance. Parmi les groupes qui ont soumis une opinion à l'IESO figure l'Ontario Power Generation (OPG), qui se dit défavorable à un contrat à long terme d'importation. Le producteur - et responsable des rénovations des centrales - privilégie des solutions locales, craignant les «inefficacités considérables» que pourrait entraîner un contrat d'importation à long terme.

Bref, une entente Québec-Ontario n'est pas impossible. Si ce n'est pas déjà fait, Philippe Couillard devrait en discuter sérieusement avec son homologue Kathleen Wynne.

Auto électrique: une erreur de Nissan

Jeudi, j'écrivais qu'il faut généralement payer plus de 40 000$ avant taxes et rabais pour acheter un véhicule électrique. Il s'agit d'une erreur, que j'ai commise en me fiant au site internet de Nissan Canada. La page d'accueil pour la Nissan Leaf indique que le prix est de 31 798$ APRÈS l'application du rabais de 8000$, alors que ce prix est AVANT le rabais. Merci aux lecteurs.

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