Les multiples subventions au Québec

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Au Québec, c'est connu, l'État est très présent dans l'économie, bien davantage qu'ailleurs en Amérique du Nord. Non seulement les organismes financés par le gouvernement sont-ils nombreux, mais aussi des subventions sont directement versées aux particuliers.

La semaine dernière est justement parue la 18e édition de l'Annuaire des subventions au Québec, qui recense tous les programmes offerts par le provincial, le fédéral et les fondations. Ce guide est publié - sans subvention - par l'entrepreneur Michel Goyette et sa conjointe Nathalie Robillard, de Sainte-Adèle, depuis 1996.

Comme le couple publie aussi le Canadian Subsidy Directory, il est possible de comparer le Québec aux autres provinces.

Qu'en est-il au juste? Le guide québécois compte 516 pages en format PDF regroupant les programmes fédéraux et provinciaux de subventions et d'aide financière, mais également les bourses et autres dons de diverses fondations. Cet annuaire comprend 2052 programmes d'aide: 802 sont issus du gouvernement du Québec, 696 du fédéral et 554 de diverses fondations et organismes.

Le Québec est, de loin, le gouvernement provincial qui compte le plus de programmes, selon les deux guides de Michel Goyette. Pour le gouvernement ontarien, par exemple, 294 programmes ont été recensés; pour l'Alberta, 430; et pour la Saskatchewan, 451. Les politiciens de la Colombie-Britannique sont moins prolifiques, avec 205 programmes, tout comme le Nouveau-Brunswick, avec 141.

Avec ses 802 programmes, le Québec compte presque quatre fois plus de programmes que la moyenne des autres provinces et territoires au Canada!

Évidemment, il ne s'agit pas d'un recensement scientifique et il est bien possible que le couple québécois Goyette-Robillard ait couvert une plus grande part de programmes ici qu'ailleurs. Tout de même, ils font l'exercice depuis 18 ans et ils ont des clients partout au Canada qui les alimentent, ce qui donne une crédibilité certaine à leur travail.

J'ai parcouru les 516 pages de l'Annuaire. Premier constat: contrairement à ce qu'on pourrait croire, il y a peu de programmes qui paraissent injustifiés. Certains sont discutables, mais plusieurs servent des causes nobles.

Le problème, c'est la multitude des causes nobles et, surtout, le grand nombre de programmes, ce qui nous laisse croire que bien des gens dans le besoin ne doivent pas connaître ce qui est offert. De plus, des programmes du Québec et du fédéral se dédoublent, notamment dans le secteur des arts.

Le succès du guide - 20 000 clients, 5000 renouvellements par année - prouve que les organismes ont besoin d'une boussole pour s'y retrouver. Même les gouvernements y sont abonnés, comme le ministère des Finances (Québec et Canada), l'Agence du revenu du Canada, Emploi-Québec et le Conseil des arts, par exemple.

Qui est subventionné?

Qui donc est subventionné au Québec, selon le guide? Il y a les personnes handicapées, les décrocheurs, les autochtones et les mineures enceintes, notamment, qu'on aide financièrement à trouver un emploi ou à étudier.

Il y a aussi les sportifs de haut niveau, les chercheurs et les jeunes entrepreneurs. De plus, les deux gouvernements ont plusieurs programmes d'aide pour les agriculteurs. Le guide recense également une série de programmes environnementaux (efficacité énergétique, technologies vertes, transport alternatif).

Le Québec offre un soutien financier pour l'avancement des femmes dans le sport et dans les métiers non traditionnels. Il a aussi des programmes pour les fonds de travailleurs, les designers industriels, les designers de mode, les personnes infertiles, les mères avec des naissances multiples, les chauffeurs de taxi, les transporteurs aériens en région, les constructeurs de navires, les organismes de plein air.

Le fédéral a un programme qui encourage le développement de l'autonomie chez les jeunes adultes, tandis que le provincial donne des bourses aux étrangers qui font des études sur le Québec, notamment les «québécistes» de langue allemande. Un programme appuie également les étudiants français qui veulent occuper un emploi d'été ici.

Les arts et la culture, secteur sensible au Québec, sont parmi les plus importants bénéficiaires, au fédéral comme au provincial. Le Conseil des arts du Canada et son pendant au Québec comptent respectivement 192 et 169 programmes.

On subventionne les artistes, qu'ils soient musiciens, comédiens, danseurs ou conteurs. L'aide va pour leur production, mais également pour leurs déplacements au Québec et outre-mer. Des programmes visent aussi à soutenir la venue d'artistes étrangers au Québec.

Selon Michel Goyette, le nombre de programmes offerts a peu varié depuis 2003, autant au provincial qu'au fédéral. Il ne calcule pas les sommes globales engagées.

L'économiste Vincent Geloso affirme que si le Québec ramenait ses subventions aux entreprises au même niveau relatif que celui des Ontariens, il économiserait 3 milliards de dollars. Je ne sais pas si ce chiffre est exact, mais chose certaine, le politicien qui voudrait faire le ménage dans les programmes aurait certes des décisions plus faciles, mais bien des choix douloureux à faire et bien des groupes de pression sur le dos.

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Commentaires (4)
    • Je ne comprendrai jamais pourquopi on subventionne musiciens, comédiens, danseurs ou conteurs. Ne sont-ils pas capables de vendre des billets? Ça devrait être l;es spectateurs, via la vente de billets, qui fournissent des revenus à ces gens-la, pas des fonctionnaires qui évaluent des applications et dépensent en notre nom notre argent sur certains artistes qu'on ne verra jamais

    • @exterminateur: Soins de santé gratuits, PSV, SRG, fractionnement du revenu,... non, en effet, rien pour le troisième âge...

    • une chose seulement,rien pour les gens du troisieme age.

    • Ce serait bien qu'il y ait une certaine analyse plus poussée de ces programmes. Par exemple, en donnant des % par classes (subventions aux entreprises, artistes, sociales, environnement, éducation, etc.)Genre est-ce que les artistes reçoivent tant d'argent que cela? Je soupçonne que non mais je peux me tromper...
      Autre constat: il semble n'y avoir pratiquement rien pour les hommes.

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