Je veux voir un bon docteur, vite!

(Montréal) Mettons que je fais du jogging dans le bois. Je me foule la cheville gauche, qui devient grosse comme un pamplemousse. J'ai très mal et je crains une fracture. Vite, aux urgences?

Pas si vite, justement. Au Québec, il faut 17 heures pour voir un médecin dans un hôpital, selon les chiffres officiels. Et encore, s'agit-il du temps d'attente des patients installés sur une civière.

Pendant ce temps, en Alberta, le temps d'attente est de moins de deux heures, en moyenne. En fait, au moment précis où j'écris ces lignes, il faut patienter 57 minutes aux urgences du Rockyview General Hospital, de Calgary.

Je n'invente rien, les temps d'attente en Alberta sont affichés en temps réel sur le site internet du gouvernement (www.albertahealthservices.ca/4770. asp). Le patient n'a qu'à se diriger vers les urgences les plus rapides des hôpitaux de la liste et le tour est joué. Fabuleux!

Bien sûr, au Québec, il est possible de se rendre dans une clinique sans rendez-vous plutôt qu'un hôpital, mais de plus en plus, ces cliniques ne prennent plus de patients dès 9 h le matin, parce qu'elles ont déjà fait le plein pour la journée.

Ces raisons expliquent pourquoi plusieurs ont été étonnés par les conclusions de l'étude de l'Institut Fraser, publiée mardi. L'organisme place le Québec au premier rang des provinces canadiennes pour le rendement de son système de santé compte tenu des coûts.

Pour chaque province, l'Institut Fraser a mesuré le volume de services médicaux par habitant, de même que la qualité des soins et le temps moyen d'attente pour accéder aux services. Les chercheurs, au premier chef Bacchus Barua, ont ensuite mis ces indicateurs en parallèle avec les dépenses gouvernementales de santé par habitant.

On ne parle pas d'une étude rédigée sur le coin d'une table: au total, les auteurs ont utilisé 46 indicateurs de rendement et consulté et 78 ouvrages de référence. L'étude fait 74 pages.

Les résultats sont surprenants, d'autant plus qu'ils viennent d'un organisme, Fraser, qui place souvent le Québec à la queue de ses classements depuis plusieurs années.

Selon l'organisme de Calgary, le Québec arrive premier pour la disponibilité des ressources de santé par habitant (personnel et équipement), deuxième pour le délai d'attente, deuxième pour la qualité des soins, quatrième pour le volume de traitement. En même temps, selon l'étude, le Québec est le système le moins coûteux, toute proportion gardée. On croirait rêver!

Terre-Neuve finit bonne dernière, suivie de l'Île-du-Prince-Édouard et de la Saskatchewan. L'Ontario est deuxième après le Québec.

En fouillant, on constate toutefois que l'étude comporte une lacune importante: elle ne tient pas compte des urgences! Les temps d'attente dont il est question sont ceux qui ont cours pour consulter un médecin spécialiste, pour avoir un service d'imagerie diagnostique ou pour passer sous le bistouri, entre autres.

L'étude de l'Institut Fraser comporte donc une importante lacune en excluant, pour des raisons techniques, l'élément le plus en vue du système de santé: les urgences.

L'an dernier, ma collègue Sara Champagne a parcouru le Canada pour comparer les urgences. Son reportage percutant est paru les 17 et 18 novembre. Sa conclusion: «le Québec a beaucoup de croûtes à manger pour rejoindre l'Ontario et l'Alberta», me dit-elle.

Le temps d'attente affiché en temps réel, notamment, est révélateur du fossé qui sépare le Québec de l'Alberta.

Pour diminuer les temps d'attente, différentes recettes ont été utilisées ailleurs au Canada. Les infirmières, bien formées, peuvent prendre des décisions pour des cas mineurs, comme de probables entorses, justement. Par exemple, au triage, elles peuvent décider d'envoyer immédiatement le patient passer une radiographie, dont le résultat accélérera les choses.

En Ontario, les médecins spécialistes sont également mis à contribution et une partie de la rémunération du personnel est notamment fonction des résultats aux urgences. De tels bonis à la performance sont encore une hérésie au Québec. De plus, les membres du personnel de certains hôpitaux sont tous équipés d'un iPhone pour avoir un accès plus rapide aux données critiques.

En somme, en dépit des résultats de l'Institut Fraser, il y a beaucoup à faire au Québec pour améliorer le système de santé, notamment aux urgences.

Pour consulter l'étude: http://www.fraserinstitute.org/research-news/display.aspx? id=19 212

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Commentaires (34)
    • @Maxwood merci de me ramener sur la planète terre. Moi qui croyait au gros bon sens, visiblement je me suis trompée.
      Si, comme vous le dite si bien, tout le système nous renvoie aux urgences, il faut arrêter de pleurer comme des madeleine d'attendre en moyenne plus de 12 heures aux urgences...
      C'est plate pour les CSSS, CLSC, clinique privée,
      clinique sans rendez-vous mais tellement rassurant pour la populace. "Keep it simple" comme ils disent.
      Il faut aussi arrêter de nous faire croire qu'une entorse peut devenir une situation post-traumatique-incurable.
      Cela dit, je ne juge pas votre situation qui semblait effectivement urgente. Toute personne ayant un sens critique l'avait crompris.

    • @JuliePeace: My God sur quelle planète vivez-vous - tout le système nous renvoie aux urgences - allez lire mon commentaire précédent.
      Et de grâce, relisez-vous !! (re: votre réponse à lturpin): Le 17 janvier, 22h47, vous avez écrit: "Une entorse à la cheville fait mal, une fracture au bras aussi mais sérieusement, est-ce qu'il faut vraiment se présenter à l'urgence pour ça??"
      Vous suggérez quoi en cas de fracture? Aller voir le rebouteux du village ???

    • @lturpin
      Pouvez-vous m'indiquer où j'ai écrit de ne jamais consulter de médecin pour une entorse ou une fracture? Je suis curieuse...

    • On attend aux urgences selon le degré d'urgence de son cas par rapport aux autres qui sont plus ou moins urgent que son propre cas. Quand à Julie Peace, qui êtes-vous pour affirmer qu'une fracture ou une entorse, non encore diagnostiquée, ne nécessite pas une visite aux urgences en l'absence de cliniques disponibles ? Pouvez-vous faire une radio chez vous? Une fracture non réduite adéquatement ou une entorse avec ligaments étirés ou déchirés peuvent handicaper une personne pour le restant de ses jours. et ça, ça coûte pas mal plus cher qu'une consultation, même à l'urgence. Quand on ne sait pas de quoi on parle, on ne dit pas de niaiseries SVP.

    • Hier, j'avais un rendez-vous avec une neurologue à l'hôpital à 12:45. Je dus attendre 2 heures avant de recevoir une ponction lombaire. Pourquoi? parce que la pharmacienne ne pouvait entrer dans son local pour donner les médicaments: la serrure électronique de la porte ne fonctionnait pas. Deux techniciens ont «Taponné» 2 heures et un troisième, une heure. IMAGINEZ LES COÛTS!. Pourtant il existe une clef pour ouvrir cette porte! Un agent de sécurité est finalement apparu( après environ 2 heures) avec cette clef. Une chance qu'il n'y avait pas urgence, de me dire le (la) médecin. Et ce n'est pas la première fois que je suis témoin d'une telle situation. Et ce n'est pas la dernière parce que la direction va avoir une foule de bonnes raisons pour justifier cette dépense....Je ne dirai pas le nom de l'hôpital car je dois y retourner plusieurs fois par mois et j'en aurais bien d'autres à raconter. Tout le monde est bien gentil mais est tellement mal géré par des administrateurs probablement sortis de l'ENAP....

    • Plusieurs des commentaires qui me précèdent semblent venir de gens déconnectés de la réalité. Je viens de souffrir d'une bursite surinfectée, qui réclamait des antibiotiques par intra-veineuse. J'avais besoin de soins "urgents" car l'infection aurait pu se propager. Mon médecin, presque impossible à consulter sans rendez-vous (pris 4 à 6 semaines à l'avance) m'aurait envoyé me faire soigner aux urgences. Les cliniques, comme l'explique bien M. Vailles, ne prennent pas de patients après 9h le matin. Les infirmières du 811 nous renvoient systématiquement aux urgences. QUE FAIRE D'AUTRE UN SAMEDI MIDI ? Aux urgences de l'hôpital, j'ai attendu 15 heures pour voir l'unique médecin de garde après minuit. J'ai fait les 70 km aller-retours trois fois ensuite pour recevoir mes injections car on ne pouvait pas me donner la formation pour le faire moi-même avant le lundi après-midi. Le problème, c'est la gestion hyper-bureaucratisée du système de santé. Éloquemment, on nous appelle les "clients", pas les "patients" Ça en dit long sur la mentalité de fonctionnaire qui gère (assez mal, merci) le système de santé.

    • Le problème vient de cette affirmation : "Je veux voir un bon docteur, vite!"
      Si tu passes plus de 4 heures aux urgences, il faudrait peut-être comprendre que ce n'est pas si urgent que ça finalement...
      Les urgences devraient seulement être réservé aux crises cardiaques, ACV, température supérieur à 40 degrés, accident de la route, commotion célébrale sévère, et autre cas lourd.
      Une entorse à la cheville fait mal, une fracture au bras aussi mais sérieusement, est-ce qu'il faut vraiment se présenter à l'urgence pour ça??

    • Tout comme l'on peut consulter un Docteur en chiropratique, afin d'avoir droit à la fois à un diagnostic et à la prise et l'interprétation de radiographie.

    • Ina34: de rien pour le conseil, mais il s'agit de la chose à faire, puisqu'il s'agit du domaine de pratique des physio. On a mal aux dents, on va voir un dentiste. On se foule une cheville, on a mal au dos, on va voir un physio ;) Seulement si on croit en la science, sinon, on a l'embarras du choix ;)
      Je suis bien au fait des lois (obsolètes) du Québec, par rapport à l'utilisation du terme (honorifique) docteur. Regardez ailleurs dans le monde et dîtes moi le contraire. Dr Marcel Girouard, phd en chimie est docteur puisqu'il possède un doctorat en chimie, tout comme Me Marcel Girouard est un avocat où le barreau équivaut à un niveau maîtrise. My two cents.

    • Je voulais revenir pour ajouter un petit commentaire. Mon medecin de famille, je l'ai trouvé grâce à un site internet du ministère de la santé de l'Alberta. C'est mis à jour régulièrement, et on peut voir qui accepte encore des patients.
      Autre commentaire. J'ai lu cette information quelque part. Mais je n'ai pas la source, alors j'évite de citer, mais en même temps, je pense que si ça s'avère vrai (je suis sure que j'ai lu ça dans un journal quelque part, je ne trouve juste plus l'article), c'est quelque chose sur lequel le gouvernement du Québec pourrait s'inspirer.
      Le gouvernement de l'Alberta a commencé il y a quelques années, à s'attaquer aux frais d'administration de son réseau. Et après de nombreuses coupures (pas dans les services, dans l'administration) et en revampant son système de santé, l'Alberta a été capable de couper dans le gras. De mémoire, les frais d'administration sont tombés en bas de 10% (4% selon ma mémoire, mais il me semble que c'est vraiment bas. Anyway).
      Le fait que le Québec dépenses entre 40 et 50% du budget de la santé en administration ne fait aucun sens. D'autant plus que les coûts du réseau par habitant est dans les plus bas. Et on réussi à enlever 40 à 50% du montant pour le donner à du monde qui gèrent du monde qui gèrent du monde... et avoir des médecins qui font de la gestion au lieu de soigner des patients.

    • M. Vailles, excellent article et j?aime le fait que vous réagissez aux commentaires. D?excellents commentaires d?ailleurs, que je peux vérifier car j?ai vécu en Ontario et en Alberta et je vous certifie que comparé au Québec c?est le jour et la nuit. Les québécois qui ont lu le commentaire où on mentionne que des médecins à Toronto annoncent pour avoir des nouveaux patients ne le croient peut-être pas, mais je peux vous certifier que c?est vrai car j?ai vu ça moi aussi.
      Maintenant, je vous certifie une autre chose : rien ne va changer ici au Québec, et la raison principale, c?est que nos excellents politiciens et leurs familles n?attendent pas comme nous, ils ont un accès VIP alors tout va bien pour eux. Nos grands industriels n?attendent pas eux non plus, ils donnent suffisamment aux fondations des hôpitaux pour avoir des passe-droits. C?est la classe moyenne qui écope et la classe politique s?en fout. C?est triste mais c?est ça. Continuez de pousser M. Vailles mais malheureusement c?est en vain. Heureusement que le Québec fait partie du Canada, et qu?on peut y déménager n?importe quand, ce que je ferai bientôt. Merci quand même pour votre article.

    • Tout d'abord, j'aimerais rectifier un fait qui a été mentionné ici. En effet, tout professionnel de la santé possédant un doctorat de premier cycle ou de troisième cycle a la possibilité de se faire appeler Docteur. Il doit par contre mentionner par la suite de quel type de Doctorat il s'agit. Par exemple, pour un Docteur en médecine, on mentionne Dr X, médecin. Pour un optométriste, on dit Dre. Y optométriste. Pour un chiropraticien, on dit : Dr Z, chiropraticien D.C.

    • M Vailles. Faut que La Presse présente votre article à la Une, que tout le monde sache que c'est possible chez nos voisins, que nos 30MM de $ sont mal gérés.
      D'accord avec Denis825, faut arrêter d'être à genou devant l'association des médecins,leur retirer le controle de notre systeme de santé, augmenter rapidement le nb de médecins et d'infirmières, par formation et immigration

    • Merci de vos commentaires instructifs. Merci Mme Ross. Question: y a-t-il un leader qui va prendre le taureau par les cornes au Québec?

    • Mon expérience récente, ma blonde se fracture la jambe. Nous passons au triage. L'attente juste pour le triage était d'une heure. L'attente pour voir le médecin, 5 heures. Seulement 5 heures parce qu'on était la veille de Noël et c'était tranquille. À 5 heures on se considère chanceux. Mias ma blonde qui n'est pas originaire du Canada ne cessait de ma dire qu'on devait nous avoir oublié! Ici on est habitué à la misère.
      Il y a un ans j'ai dû me présenter à l'urgence à Beijing en Chine (pays en voie de développement il paraît). L'inscription, le triage, rencontrer un médecin, prises de sang et test d'urine, revoir le médecin avec les résultats des tests, prescription remplie à la pharmacie de l'hôpital. J'étais sorti avec tout ça de réglé en une heure! Comme je suis touriste j'ai évidemment dû payer, grand total environ $25 incluant les médicaments. Le "normal' c'est relatif.

    • Ce qui me paraît diablement efficace, aussi, chez Appletree, c?est que tous les intervenants se promènent avec une tablette. On rencontre d?abord un infirmier ou une infirmière qui nous pose des questions et prend des notes sur sa tablette, directement dans notre dossier (auquel tous les intervenants du groupe médical semblent avoir accès). On rencontre ensuite le médecin, qui a accès à notre dossier mis à jour au moyen des notes prises par l?infirmier, et qui les complète pendant la consultation. J?ai même lu sur le site Web d?Appletree dernièrement que les patients pouvaient maintenant ouvrir un compte en ligne et avoir accès à leur propre dossier en tout temps! Mais qu?est-ce qu?on attend donc pour mettre en place des solutions aussi efficaces au Québec?! Parce que franchement, lorsque je dois me rendre en Ontario pour me faire soigner, j?ai honte d?être Québécoise et je me demande si je ne devrais pas déménager... Je suis une jeune professionnelle, je fait un bon salaire, je paie pas mal d?impôts, mais si je tombe malade, au Québec, je ne peux compter que sur l?urgence de l?hôpital (et encore)! Ce sont les gens dans ma situation, mais qui n'ont pas la chance de pouvoir aller se faire soigner dans une autre province, qui engorgent les urgences des hôpitaux du Québec! Et ça, ça ne se réglera pas tant qu'il ne sera pas facilement possible d'obtenir des soins ailleurs qu'à l'urgence.
      Geneviève Ross
      (Merci de votre patience!)

    • Sur place, on s?inscrit directement au moyen d?un système informatique qui nous demande d?indiquer notre province de résidence, notre numéro de carte d?assurance-maladie, de vérifier notre adresse, de confirmer si on allergique à certains médicaments ou substances et de choisir le nom du médecin qu?on veut consulter. Ça a l?air long, mais ça prend au plus deux ou trois minutes. À la toute fin, le système nous confirme qu?on est inscrit sur la liste d?attente et nous indique le nombre de personnes qui doivent passer avant nous! Ça change des cliniques sans rendez-vous du Québec où on est prévenus dès l?arrivée que la réceptionniste ne peut pas nous donner ce genre de renseignements! Chez Appletree, des écrans de télé accrochés au mur indiquent aussi, en boucle, le temps d?attente dans chacune des cliniques du groupe, partout dans la ville. Si le temps d?attente est trop long dans une clinique, on peut alors choisir d?aller dans une autre clinique. Je n?ai jamais attendu plus de 3 heures.
      Évidemment, les patients du Québec doivent payer (avant même la consultation) pour voir un médecin chez Appletree. Il faut aussi avoir une très bonne compréhension de l?anglais et pouvoir bien s?exprimer dans cette langue, parce que la grande majorité des médecins ne sont pas bilingues. Il en coûte 69 $ pour une consultation. Sur présentation d?un papier signé par le médecin et du formulaire approprié, on peut cependant demander un remboursement partiel à la RAMQ (après remboursement, chaque consultation coûte environ 30 $, ce qui n?est pas génial, mais qui n?est vraiment pas énorme pour pouvoir voir un médecin rapidement). Si le médecin juge que d?autres tests sont nécessaires, il vous réfère à une clinique spécialisée ou à un centre de prélèvement partenaire, que vous devrez aussi payer directement, dans la plupart des cas (certains endroits acceptent la carte soleil).
      Geneviève Ross

    • En Outaouais, où j?habite, il n?est même plus possible de consulter un médecin dans une clinique sans rendez-vous à moins d?avoir un médecin de famille qui y travaille (or, il semble que nous soyons environ 20 000 habitants de l?Outaouais à n?avoir pas de médecin de famille). Dans certains cas, il est quand même possible de se présenter dans une clinique sans rendez-vous si (et seulement si) on y a tout de même déjà un dossier (datant de l?époque où n?importe qui pouvait y consulter un médecin). Sauf qu?habituellement, les patient qui se trouvent dans cette situation ne peuvent voir un médecin qu?un jour par semaine (par exemple, le mardi). Si vous devez voir un médecin un autre jour, c?est tant pis pour vous, allez plutôt à l?urgence! Et n?essayez pas de téléphoner à une clinique sans rendez-vous dans la région; personne ne vous répondra et vous aurez droit à un message pré-enregistré vous demandant de laisser un message qui sera écouté par la réceptionniste à la fin de la journée ? on vous rappellera si on peut vous aider, mais ne retenez pas votre souffle! Dans ces conditions, c?est à peu près impossible de seulement savoir si des médecins acceptent de nouveaux patients. À la Ligne Info-Santé, on m?a déjà dit qu?il existait deux cliniques sans rendez-vous (une à Hull et une à Gatineau, pour une population de plus de 250 000 habitants) qui acceptent tout le monde, peu importe qu?ont ait ou pas un médecin de famille ? mais elles sont habituellement pleines pour la journée à 9 h du matin.
      À l?instar de beaucoup d?autres résidents de l?Outaouais, je fréquente donc depuis quelques années un réseau de cliniques publiques sans rendez-vous à Ottawa (Appletree Medical Group). On peut y voir un médecin assez rapidement en se pointant simplement à la clinique la plus proche où à celle où le temps d?attente est le moins long (les temps d?attente sont indiqués sur le site Web du groupe médical).
      Geneviève Ross

    • Un des gros problemes au Quebec, c'est qu'on a la culture de l'urgence... On se fait une petite entorse au doigt... hop... a l'urgence. Une grippe, un eraflure, je ne me sens pas bien, un peu de fievre etc etc etc... HOP... a l'urgence.
      L'attente se decide au triage... parce-que oui... si vous arriver a l'urgence avec une petite fievre... ben vous allez attendre.
      Mais lorsque c'est une "vrai" urgence... probleme respiratoire grave, accident de la route, blessure grave... il n'y a pas de delais.

    • Je pense qu'il y a deux sortes d'attente à l'urgence : L'attente sur une civière pour être monter dans une chambre et l'attente si vous vous rendez à l'urgence et attendez de voir un médecin pour expliquer votre problème. Je crois que les statistiques parlent du cas des gens qu attendent sur des civières.

    • Je peux vous dire que l'étude Fraser est déconnecté de la réalité. Le gros des coûts en santé est le personnel, qui est moins bien rémunéré au Québec, tout comme les revenus moyens qui sont plus faibles qu'ailleurs. Alors il est normal que les coûts soient plus faibles. Là n'est pas la question. Les services de première ligne sont pitoyables au Québec. J'ai déménagé du Québec vers la grande région de Toronto voici 4 ans. Dans mon quartier, les médecins de familles font de la publicité pour attirer les clients. Mon fils a une maladie chronique. C'était un gros problème au Québec lorsqu'on a perdu son médecin qui le suivait. On ne trouvait pas de remplaçant. Pour les urgences, ça passe mais c'est très long des fois. J'y suis aller recemment avec ma femme et on a attendu 3 heures juste pour voir le médecin une première fois (c'était pas très urgent). J'y suis allé deux autres fois avec mon fils et il a passé presque tout de suite - c'était formidable. Enfin, ce commentaire est juste pour confirmer que les services de premières lignes sont maintes fois supérieurs en Ontario comparé à ce qu'ils étaient au Québec voila 4 ans. Les services aux urgences et aux cliniques sont très importants pour les résidents.

    • françois.greg: Merci pour le conseil concernant la physiothérapie, je n'y aurais pas songé.
      Je vous signale par contre qu'on peut dire "docteur" au Québec pour parler d'un médecin, car en Amérique du Nord, seul le titulaire du doctorat en médecine peut utiliser cette appellation; celui qui a un doctorat dans une autre discipline fait suivre son titre professionel d'une abréviation à laquelle son doctorat lui donne droit, mais un docteur en chimie ne peut utiliser professionnellement le titre de "Dr. X Y".

    • Certains médecins me disent que le 17 heures de mon reportage n'est pas le bon chiffre. L'un d'eux me parle de 5 heures, bien qu'il n'y ait pas de compilation de statistiques. Avez-vous des informations à ce sujet? Des temps d'attente moyens dans votre secteur?

    • Pour ma cheville (celle d'une connaissance, en fait), nous nous sommes rendus à l'urgence en raison de l'ampleur de l'enflure. Ca faisait peur. Je me suis foulé plusieurs membres sans jamais me rendre à l'urgence. L'infirmière au triage aurait dû nous dire d'attendre une journée à la maison avec de la glace et de revenir si jamais ca persistait. Nous avons quitté vers minuit trente après plus de six heures d'attente et réattendu 2 heures le lendemain matin dans une clinique sans rendez-vous.

    • Il y a un reportage sur Radio-Canada qui dit en résumé que plus on paye les omnipraticiens, moins on a de services. La solution m'apparait simple : coupons leurs salaires et inventons, ou augmentons si c'est déjà en place, le nombre d'heures de services requises par année pour garder sa licence de médecins.
      Ça va régler le problème. Mais c'est pas assez compliqué comme solution.
      On pourrait obliger un nombre d'heures requises pour avoir une qualité au moins minimum des soins. Ce serait comme le fun d'avoir collectivement un bouton pour essayer d'ajuster notre système de santé même si on n'y comprend plus rien. Comme c'est là, le docteur passe en courant dans le petit bureau ou vous avez réussi à accéder après les 15 ou 20 heures d'attentes et il ne vous écoute pas et même s'il vous écoutait, il faudrait que vous soyez vous mêmes médecin pour diagnostiquer votre maladie. Moi J'ai eu un cancer de la prostate avant de pouvoir la situer dans mon corps et d'avoir 50 ans, âge ou les médecins commencent à chercher pour ce cancer. Aucun omnipraticien ne pouvait en me parlant ou en me regardant le blanc de l'oeil soupçonner ça (C'est pas là que ça se passe).
      Il y a des auto-tests qui peuvent se vendre en pharmacie pour savoir si on a ce cancer-là mais évidemment les médecins vont s'opposer à ça. Les médecins sont des humains, le problème c'est qu'on les considère comme des demi-dieus. Je pense qu'au Québec, les médecins s'auto gèrent et gèrent le système de santé.
      Jamais Madame Marois n'essaiera quoique ce soit pour améliorer le système, elle l'a dit même avant d'être élue et nous on a voté pour elle, avec la pensée que de toute façon les médecins faisaient toujours que ce qu'ils veulent. Elle se contente de leur demander de ne pas exagérer sur l'augmentation (35% en 5 ans... quand même). Juste à voir l'augmentation qu'ils se donnent chaque année, on voit que ce ne sont pas des humains comme les autres...

    • Et d'ailleurs, on dit un médecin. Un docteur, on peut l'être docteur en physique ou en chimie, pas qu'en médecine.

    • Si vous vous fouler la cheville, pourquoi allez-vous à l'urgence? Le professionnel du diagnostic et du traitements scientifiques et paramédical des troubles musculo-squelettiques (entre autre), c'est le physiothérapeute! Il travaille en première ligne depuis 1990, pas besoin de voir le médecin. Si votre assureur vous réclame une prescription médicale, à votre place, j'appellerais pour me plaindre, puisque vous payez pour un service difficile à recevoir! Si c'est fracturé, il vous le dira, mais les chance sont plus grande qu'il ne s'agisse que d'une simple entorse. Il travaille au privé alors vous pouvez prendre rendez-vous, souvent dans la même semaine. Je donne souvent des conseil de base aux patients par téléphone en attendant, et vous n'attendez pas 17h...
      Voilà!
      François Grégoire, pht

    • solis087: Votre témoignage va dans le sens de nos constatations. Merci. Ça nous aide à avancer dans le débat. Par aileurs, je pense que Fraser prend les dépenses globales de santé par habitant, point. Je vous invite à consulter l'étude, dont l'adresse figure à la fin du texte.

    • Oh. J'ai tellement de chose à dire là-dessus!! :)
      Je vis à Calgary depuis la fin 2010. Ici, c'est le paradis des soins de santé. J'ai trouvé un médecin de famille en quelques mois, j'appele le matin, j'ai un rendez-vous l'après midi.
      Mais comme vous le dites, c'est dans les urgences que c'est le mieux. J'ai dû me présenter à l'urgence (pour un cas qui n'était pas urgent, juste pour qu'ils me réfère à la bonne ressource). L'infirmière au triage m'a donné la liste des cliniques sans rendez-vous et m'a dit qu'elle m'aurait renvoyer chez moi de toute façon. Ici, ce sont les urgences, ils traientent les cas majeurs, pas les entorses à la cheville.
      Durant le temps des fêtes, je discutais avec ma famille de comment le système de santé en Alberta est performant. Et je crois sincèrement que le système québécois engorge parce que les services de première ligne (médecin de famille, clinique sans rendez-vous) débordent. Alors tout le monde se pointe aux urgences, alors que pour une partie des cas à l'urgence (grippe, rhume, entorses etc.) ne devrait pas se pointer là. Et une autre partie pourrait être prévenue grace à un suivi médical­.
      J'ai aussi une question pour Monsieur Vailles. Je sais que le Québec ont les frais de soin de santé par habitant dans les plus bas au Canada. Mais je sais aussi que le pourcentage des frais administratifs au Québec sont dans les plus hauts au pays. Je me demandais si l'institut Fraser avait utilisé les chiffres qui allaient aux soins médicaux (sans les frais d'administration) pour leur étude ou s'ils avaient utiliser les coûts comprennant les frais administratifs. S'ils ont utilisé les frais net des frais d'administration, alors je suis d'accord sur le fait que les médecins du Québec font des miracles avec l'argent qu'on leur donne. Mais je pense aussi que le Québec pourrait avoir de bien meilleurs soins de santé si on faisait le ménage dans les frais d'administration. Pour le même coût total.

    • Je ne sais pas où les chercheurs ont cherché, mais ici à Longueuil, comme je n'ai pas de médecin de famille, l'attente est plus longue et le service plus misérable que ce qui est rapporté. Lors de ma dernière visite en clinique privée, j'ai attendu 5 heures pour voir un médecin pour me faire dire que je pouvais passer des examens mais que le médecin ne pouvait assurer de suivi. Comble de tout, la clinique a perdu mes résultats d'examen. Heureusement que la prise de sang avait été faite au CLSC qui a des archives.

    • Le fait que les cameras de télévision ne sont pas admises dans les salles d'attente aux urgences des hôpitaux devrait déjà faire sourciller bien des gens.
      Comment peut on investir 5 milliards de dollars pour construire un méga-hôpital près de Vendôme mais COUPER dans les dépenses de personnel médical, docteurs, spécialistes, infirmières. C'est simple, c'est plus facile de donner/recevoir des enveloppes brunes dans le domaine de la construction que dans le domaine de l'emploi.
      Avez vous déjà vu une commission Charbonneau faire une enquête sur une agence de placement? Non. C'est dans la construction que ça se passe...
      Pendant ce temps la nous donnons plus de 50% de notre salaire a deux paliers de gouvernement qui ne seront jamais tenus responsables de comment ils ont dépensé cet argent.
      Qu'on commence a tenir les ministres responsables de leur actes, ça presse! Qu'on les fasse payer de leur poche, ou comme en Chine, qu'on les maudisse en prison quand c'est prouve qu'ils ont donne ou reçu des pots de vin. Pas faire comme certains maires qui ont tout bonnement démissioné.
      Démissioner de son poste ne devrait pas être égal a s'en laver les mains.
      Qu'on commence par tenir Marois responsable de son "virage ambulatoire" manqué dans les années 1990, ce fameux virage qui a envoyé tout le système hospitalier et des urgences, dans le décor parce que la courbe a été manquée d'aplomb!
      Qu'on passe ensuite aux autres paliers, ministère des transports, travaux publics, etc.
      Il commence a être temps que le citoyen moyen en ait pour son argent.

    • Ben voyons, on a le ?plus meilleur? système de santé au monde! Tout le monde sait ça? sauf les pauvres malades cordés dans la salle d?attente qui ont peur d?aller aux toilettes au cas où leur nom serait appelé après 20 heures d?attente, et ne vous avisez surtout pas de demander combien de temps ça va prendre encore, l?unique médecin de garde est peut-être en train de faire une petite sieste, ou encore, le personnel syndiqué est en pause syndicale, on ne les dérangera pas pour ça!

    • Est-il si compliqué de diagnostiquer des besoins de points de suture? Une radiographie? Est-il si compliqué d'inscrire le temps d'attente sur Internet en temps réel, question de choisir l'endroit où c'est le moins long?

    • Merci d'en parler, que dire des lésions de la peau qui doivent être suturées en moins de 6 heures.
      Allez-vous aussi parler des débordements? Après l'urgence, c'est le débordement, une civière dans une salle de 20 à 60 personnes avec peu de toilettes, durée 2 à 7 jours. Ou sont les statistiques? C'est là qu'est caché le surplus de l'urgence, mais qui est comptabilisé comme hospitalisé.
      Il devrait y avoir autant de publicité sur les débordements que sur les urgences, pour que la population sache les vrais problèmes.

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