Médias en quête de revenus

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Marie-Claude Lortie

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La révolution de l'information à l'ère numérique n'a pas exactement commencé dans la dernière année, mais il est clair que 2016 est une de celles où on a le plus senti l'industrie des médias traditionnels bouger pour s'y adapter.

Fermetures et réductions du nombre de publications, mise au rancart du papier au profit des écrans, mises à pied, profits et revenus en baisse donnant lieu à de grands questionnements existentiels et nouvelles quêtes de réponses ont marqué les 12 derniers mois. De La Presse à Québecor Média, en passant par Transcontinental et Rogers ou le New York Times, tout le monde des médias a été touché.

On pourrait croire que, dans un tel bouleversement des acquis, seuls les gros s'en tirent en faisant des compressions et en investissant dans le numérique. Mais en fait, toutes sortes d'entreprises de presse, petites et grandes, choisissent d'affronter la tempête en prenant leur propre chemin. Et des chemins parfois pas traditionnels du tout.

Saviez-vous, par exemple, que le New York Times, confronté comme tout le monde à la chute de ses revenus publicitaires, vend maintenant des repas en kit, livrés à la maison? Le quotidien a aussi un «club de vin» où il détaille de bons crus en ligne, une boutique de marchandises avec la marque New York Times, et il organise aussi des conférences partout dans le monde avec des sommités. 

Prix du billet pour le «New Work Summit» qui se tiendra en Californie en mars prochain? 4000 $! Et il faut être choisi par le journal pour y assister... Autre nouveau service vendu par le quotidien américain? Des voyages organisés un peu partout dans le monde - Maroc, Belfast, Tel Aviv... - où les guides experts peuvent être les correspondants du journal.

Condé Nast, le grand éditeur de magazines, a décidé, quant à lui, d'ouvrir des cafés, des bars et des restaurants, déclinant les marques de ses diverses publications. Ainsi, Dubaï a son bar GQ et Bangkok, son lounge Vogue, tout comme Moscou a son Tatler Club. En tout, la maison d'édition a neuf établissements.

Et le magazine Men's Health? Il s'est carrément lancé dans la vente de vitamines.

À Montréal, une plus petite publication, le groupe Infopresse, dirigé par Arnaud Granata, a décidé, quant à elle, de devenir une école. De communiquer par la formation. Et au début de décembre, elle a inauguré un nouveau campus de formation.

Arnaud Granata, éditeur du groupe Infopresse.... (PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE) - image 2.0

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Arnaud Granata, éditeur du groupe Infopresse.

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Le magazine spécialiste de toutes les formes de communications commerciales - publicité, marketing, graphisme, photo, etc. - a en effet décidé que, pour poursuivre son travail de transmission d'informations dans ce domaine, il fallait maintenant choisir d'utiliser d'autres moyens que le papier et les sites web.

Il y a cinq ans déjà qu'Infopresse propose certaines activités d'éducation dans les domaines couverts par le magazine, mais là, c'est devenu carrément officiellement un centre de formation puisque tout le rez-de-chaussée de l'immeuble du groupe est devenu un «campus» avec gradins, agora et salles multifonctionnelles, équipées de tout ce qu'il faut en électro pour enseigner. 

Ajoutez à cela un café à l'entrée et même une boutique, un peu comme le magazine Monocle, qui décline sa marque über-cool et jet-set intello dans une vaste boutique en ligne, mais aussi carrément des magasins avec pignon sur rue. Il y en a un à Toronto.

«On reste un média, mais on se transforme», explique Granata, qui a pris la direction du groupe fondé par Bruno Gauthier l'an dernier avec Clodine Chartrand, vice-présidente et chef des opérations de l'entreprise.

«Donc, on croit qu'une bonne partie du nouveau modèle d'affaires, c'est ça, la formation et aussi les conférences.» - Arnaud Granata, éditeur du groupe Infopresse

En plus de ses activités de publication - un magazine six fois l'an et toutes sortes d'annuaires des communications - et ses fameux concours - Grafika, Boomerang, Crea, Strat, Lux, etc. qui couronnent ce qui se fait de mieux dans tous les aspects de la communication, donc photo autant que graphisme ou stratégie média -, le groupe tient en effet de plus en plus de rencontres échelonnées durant toute l'année et portant sur une foule de thèmes liés aux enjeux de communication traditionnelle et numérique actuels.

On invite alors des conférenciers d'ici, mais aussi internationaux, et les achats de billets aux prix non négligeables assurent des revenus pour la maison d'édition.

L'organisation de conférences payantes n'est pas un concept totalement nouveau pour les médias. Le New Yorker, publication américaine, tient depuis plusieurs années un festival annuel qui fait venir les foules de partout, ainsi qu'un TechFest. Mais cette option prend de plus en plus d'ampleur partout.

Au Québec, par exemple, en plus d'Infopresse, le magazine Les Affaires organise toutes sortes de rencontres et de conférences et annonce sur sa page web 34 événements en 2017 qui peuvent être autant une table ronde de spécialistes sur la santé psychologique au travail qu'un sommet sur l'énergie.

Granata explique que son entreprise a aussi plusieurs projets de télé en développement.

«On n'a pas le choix, explique-t-il. Donc, on pense vraiment à toutes sortes de choses.» Et c'est aussi l'état d'esprit au magazine Voir, qui s'est lancé dans une toute nouvelle forme de relation avec des marchands, et cela n'a plus rien à voir avec la pub traditionnelle. Le magazine négocie plutôt des ententes pour pouvoir offrir des ristournes aux lecteurs s'ils fréquentent lesdits commerces. Et cela se fait sous forme de carte-cadeau. Après la carte Opus remplie de billets de métro, il y a maintenant la carte Voir remplie d'argent à dépenser chez les partenaires du magazine.

Donc, croyez-vous que je devrais commencer à commercialiser ma vinaigrette?

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