Train de vie

Maladie et perte d'emploi à l'aube de la retraite

Francis Sabourin, directeur gestion de patrimoine, et gestionnaire... (Photo Ninon Pednault, archives La Presse)

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Francis Sabourin, directeur gestion de patrimoine, et gestionnaire de portefeuille chez Richardson GMP.

Photo Ninon Pednault, archives La Presse

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LE PROBLÈME: Les derniers mois ont été pénibles pour Francine. Elle a eu des problèmes de santé et a perdu son emploi à son retour. Elle a porté plainte contre son ex-employeur, mais elle vit des jours difficiles en attendant.

Dans le domaine de la comptabilité, la femme de 61 ans travaillait pour la même entreprise depuis 13 ans. « J'ai fait une dépression et, pendant mon arrêt de travail, j'ai dû subir une intervention chirurgicale pour un anévrisme », raconte-t-elle.

À son retour au travail, cinq mois plus tard, son employeur lui annonce que son poste est supprimé, Francine n'en croit rien, puisqu'une personne a été embauchée pour effectuer ses tâches. Elle a donc décidé de porter plainte à la Commission des normes du travail. « Une avocate m'a écrit pour me dire que je devais m'attendre à un délai de huit mois pour mon dossier », note-t-elle. 

« Le temps a passé et je n'ai eu aucune nouvelle. J'ai appelé et on m'a dit qu'à cause de la grève des juristes de l'État, ce serait beaucoup plus long. » - Francine

Financièrement, sa situation est difficile. « Comme je revenais d'un congé de maladie, il me manquait quelques heures de gains assurables pour être admissible à l'assurance-emploi », explique-t-elle. Elle a tenté de trouver un nouvel emploi, mais sans succès jusqu'à maintenant.

Elle doit donc puiser dans ses économies pour s'en sortir. Elle a retiré 4700 $ de son fonds de revenu viager (FRV), fruit du partage du fonds de pension de son ex-mari. À cette somme s'ajoutent 8000 $ sortis de son fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) ainsi que 7000 $ du Régime de rentes du Québec. « J'ai réduit mes dépenses au minimum », assure-t-elle.

Si possible, Francine aimerait conserver sa maison sur laquelle elle a une hypothèque de 102 000 $ amortie sur 26 ans. « Je me vois mal déménager dans un immeuble, souligne-t-elle. Si je louais un logement, il faudrait que ce soit dans une place tranquille, peut-être un duplex. »

De plus, elle se demande s'il ne vaudrait pas mieux transférer une partie de son FERR dans son CELI. Serait-ce la meilleure stratégie pour tirer le maximum de son argent?

LA SOLUTION

Les retraits d'un CELI ne sont pas imposables. Par contre, Francine devra payer une importante somme d'impôt lors du retrait du FERR pour maximiser son CELI. Cette stratégie est parfois intéressante lorsqu'elle permet de mettre la main sur un supplément de revenu garanti assez élevé par la suite. Mais ce ne serait pas le cas pour Francine.

« Elle reçoit 7000 $ par année du RRQ, c'est une somme relativement importante, souligne Francis Sabourin, directeur gestion de patrimoine, et gestionnaire de portefeuille chez Richardson GMP. À 65 ans, elle recevra en plus 585 $ par mois en pension de la sécurité de la vieillesse (PSV), soit plus de 7000 $ par an. » Ces revenus ne lui permettraient pas de toucher une grosse somme.

D'ici à ce qu'elle puisse augmenter ses revenus avec la PSV, Francine pourrait se contenter de puiser dans ses épargnes et commencer sa retraite sans compromettre son avenir. « Par contre, sa marge de manoeuvre financière sera très mince, prévient M. Sabourin. L'idéal serait qu'elle ait un revenu d'appoint. Ce pourrait être un emploi, mais elle pourrait aussi envisager de louer une chambre dans sa maison par exemple. »

Évidemment, si elle obtenait gain de cause et recevait une somme importante de son ex-employeur, cela contribuerait certainement à donner un peu d'air à ses finances. « S'il s'agit d'une somme imposable, elle pourrait la placer dans un REER pour éviter de payer de l'impôt, souligne M. Sabourin. Il lui reste environ 90 000 $ en droit de cotisation inutilisés. » Sinon, le CELI serait la meilleure option.

MAISON

Quant à la maison, Francine pourrait la conserver encore plusieurs années. « Les dépenses liées à la maison sont de 845 $ par mois, c'est raisonnable, estime M. Sabourin. En plus, elle dit ne pas avoir de rénovations importantes à faire prochainement. »

Il lui recommande néanmoins de mettre de l'argent de côté dans un compte pour des travaux de rénovation, car certains seront sûrement nécessaires à un moment donné. Même chose pour sa voiture âgée de huit ans. Celle-ci nécessitera sans doute des réparations et il faudra la remplacer d'ici quelques années.

Le jour où elle sera prête à vendre, Francine bénéficiera d'une bonne équité sur sa maison. « Cela lui permettra de subvenir à ses besoins à plus long terme, parce qu'elle ne se rendra pas à 90 ans seulement avec son épargne », souligne M. Sabourin. Au moment d'investir cette somme non imposable, le mieux serait de maximiser son CELI puis d'investir le reste dans des placements non enregistrés.




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