Jongler avec les conséquences d'un vice caché

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La découverte d'un important vice caché est un cauchemar pour les propriétaires. Les travaux imprévus, souvent coûteux, sont de nature à déséquilibrer le budget du foyer.

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LE PROBLÈME: Acquise en 2009, la maison a été bâtie en autoconstruction par la propriétaire précédente. Le couple avait puisé dans ses maigres épargnes et dans une marge de crédit pour payer la mise de fonds. Au fil des ans, il a effectué plusieurs travaux : terrassement, asphaltage de l'entrée, etc.

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Christian Paré, planificateur financier chez Aisance Gestion de Patrimoine

Photo Martin Chamberland, La Presse

Il y a trois ans, le couple s'attaque à son endettement. Il finit de payer les voitures et ses prêts étudiants. Il réussit aussi à augmenter son épargne. Il jouit enfin d'une marge de manoeuvre ! « On en avait enfin fini avec le stress », note Nancy.

Puis, au printemps dernier, survient un dégât d'eau. Les assurances acceptent de payer 16 000 $ pour remettre la maison en état. Sauf qu'un important vice caché a été découvert. Un expert a estimé à 60 000 $ les travaux nécessaires pour corriger la situation.

Évidemment, le couple s'adresse à l'ancienne propriétaire pour obtenir un dédommagement. « Le problème, c'est qu'elle a eu de grandes difficultés financières et a déjà décaissé ses REER, explique Nancy. Les possibilités qu'elle fasse faillite sont grandes. »

Ils acceptent finalement un dédommagement de 15 000 $ seulement dans le cadre d'une entente à l'amiable.

« C'est insuffisant, mais éviter les frais judiciaires demeure une bonne option. Nous espérons ne rien trouver de plus grave encore en cours de route... » - Nancy

Entre-temps, comme ils devaient commencer les travaux, Nancy et Patrice ont contracté une nouvelle marge hypothécaire pour payer les factures. « Vaudrait-il mieux utiliser les 15 000 $ pour payer les travaux, pour rembourser l'autre marge de crédit, pour l'investir dans un REER ou un CELI ou encore pour faire un remboursement anticipé sur l'hypothèque ? », questionne Nancy.

N'ayant plus de réelle marge de manoeuvre dans son budget, elle est aussi tentée de réduire un peu son taux d'épargne. « Mais je me dis que je dois penser aux intérêts composés et continuer d'épargner », souligne-t-elle.

LA SOLUTION

La stratégie proposée par les experts est assez simple. « Je prendrais le solde de sa marge de crédit et je le rembourserais totalement avec la marge de crédit hypothécaire dont le taux est un peu moins élevé », conseille Christian Paré, planificateur financier chez Aisance gestion de patrimoine. Quant aux 15 000 $, il serait préférable de les utiliser pour payer les travaux plutôt que de penser à les investir. »

Pour réduire son niveau de stress et dégager une marge de manoeuvre, le couple pourrait également diminuer un peu son épargne sans que les conséquences soient catastrophiques. « Présentement, Patrice met environ 15 % de son revenu brut de côté, incluant son régime de pension à cotisations déterminées, évalue André Lacasse, planificateur financier chez Services financiers Lacasse. Pour Nancy, c'est environ 13 %. C'est beaucoup. »

Afin de placer les priorités à la bonne place, les experts consultés signalent cependant que le couple aurait besoin d'un bon plan d'ensemble. « Il nous manque quelques données, mais il serait simple de faire une simulation en tenant compte de l'espérance de vie et de l'inflation, note M. Lacasse. On peut faire différents scénarios. Ils sont dans la trentaine, ils peuvent encore s'ajuster facilement. » Ce portrait les rassurerait probablement.

Le couple pourrait aussi être mieux conseillé dans ses placements. « Avec les fonds de travailleurs, l'économie d'impôt est super intéressante, mais ça reste des fonds considérés comme spéculatifs, indique M. Paré. Ça manque de flexibilité, on ne peut pas sortir l'épargne de là pour repositionner le portefeuille. »

« Si on parlait de 5 % à 10 % d'un portefeuille, ça pourrait être correct. Mais là, c'est presque 100 %, c'est énorme. » - Christian Paré, planificateur financier chez Aisance Gestion de Patrimoine

Sans compter qu'un prêt REER est rarement une stratégie recommandée, ajoute M. Lacasse.

Par ailleurs, compte tenu des généreuses subventions offertes par les gouvernements, investir davantage dans le REEE serait une option à regarder attentivement. « Si l'enfant a la possibilité de faire des études postsecondaires éventuellement, c'est la voie que je privilégierais, avant de cotiser dans les REER ou les CELI, souligne M. Paré. Surtout qu'ils ont déjà des fonds de pension. » Il rappelle au passage qu'ils pourront prendre une partie de cet argent pour cotiser à leurs REER plus tard.

Aussi, comme les voitures du couple ont déjà huit et dix ans, il devrait mettre de l'argent de côté en vue de leur remplacement.

Finalement, comme Nancy et Patrice ont un enfant encore mineur, les experts leur recommandent aussi d'en profiter pour vérifier que leur couverture d'assurance est suffisante en cas de problème.

La vie en chiffres

Salaire de Nancy : 62 000 $

Salaire de Patrice : 75 000 $

Maison : 260 000 $

REER de Nancy : 40 000 $

REER de Patrice : 33 500 $

CRI de Patrice : 4500 $

Fonds de pension de Nancy : 37 500 $

Fonds de pension de Patrice : 28 500 $

Hypothèque : 155 700 $

Marge de crédit hypothécaire : 18 000 $ (possibilité de 50 000 $)

Marge de crédit : 6500 $ (remboursement de 700 $ par mois)

Prêt REER : 8500 $

REEE : 5600 $

CELI : 9500 $




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