Prendre une retraite anticipée après une perte d'emploi ?

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Sylvain Chartier, expert-conseil chez Banque Nationale Gestion privée 1859

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Nathalie Côté

Collaboration spéciale

La Presse

Alors qu'il espérait travailler pour son employeur jusqu'à sa retraite, Pierre craint aujourd'hui de perdre son poste. Pourrait-il prendre sa retraite plus tôt, si cela s'avérait nécessaire ?

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Pierre aimerait vendre sa maison d'ici quatre à cinq ans, mais pourrait le faire plus tôt s'il le faut. « Nous sommes juste deux dans une maison de trois chambres à coucher », souligne-t-il.

Photo Martin Chamberland, La Presse

LE PROBLÈME

Depuis quelque temps, la taille de l'équipe de Pierre diminue. Au boulot, les patrons parlent de suppression de postes et de restructuration. À 58 ans, il s'inquiète pour son avenir. « Je ne sais pas si je pourrai garder mon emploi encore longtemps, confie-t-il. À mon âge, j'ai peur que ce soit difficile d'en trouver un nouveau. Si je dois chercher pendant des mois, ça se pourrait que je me décourage et que je préfère partir à la retraite. Mais est-ce que je peux y arriver ? »

Il estime que ses dépenses à la retraite seront semblables à celles d'aujourd'hui. « Je n'ai pas de grands projets, explique-t-il. Je suis une personne active, alors je veux continuer à m'entraîner et à faire du vélo. J'aimerais prendre du temps pour m'occuper de mes petits-enfants et faire du bénévolat et de la peinture. On va peut-être faire un petit voyage par année ou louer un chalet l'été. » Rien d'extravagant !

Pierre aimerait vendre sa maison d'ici quatre ou cinq ans, mais pourrait le faire plus tôt s'il le faut. « Nous sommes juste deux dans une maison de trois chambres à coucher », souligne-t-il.

Après la vente, il songe à louer plutôt qu'acheter. 

« En appartement, il y a moins de frais qu'en condo et c'est aussi moins d'engagements pour le fonctionnement et l'entretien. En plus, je peux faire ce que je veux avec le capital de la vente de la maison. » - Pierre

Dans son quartier, un logement correspondant aux besoins du couple coûte entre 1000 et 1200 $ par mois.

Par contre, Diane, sa femme, préférerait garder la maison encore longtemps. Ils devront donc en discuter, mais Pierre aimerait avoir une meilleure idée des enjeux financiers.

De plus, le couple envisage de rénover sa cuisine. Il évalue les travaux à environ 25 000 $. « Elle est vieille, alors nous voulons la remettre au goût du jour, ça aiderait à la vente le moment venu, croit Pierre. Pour le reste, il n'y a pas grand-chose à faire. » Pour financer le tout, il songe à utiliser sa marge de crédit hypothécaire.

La vie en chiffres

Revenus

Pierre : 72 000 $ par année

Diane (travailleuse autonome) : entre 10 000 et 24 000 $ par année

Dettes : 6000 $ (marge hypothécaire)

Dépenses : 3500 $ par mois

Actifs

REER de Pierre : 250 000 $

CRI de Pierre : 450 000 $

REER de Diane : 160 000 $

Maison : 557 000 $

Fonds de roulement ou d'urgence : 20 000 $ (compte d'épargne)

LA SOLUTION

Bonne nouvelle ! Pierre pourrait prendre sa retraite dès aujourd'hui s'il perd son poste comme il le craint. « Les choses vont bien, dit Sylvain Chartier, expert-conseil chez Banque Nationale Gestion privée 1859. Le coût de vie maximum du couple, s'il conserve la maison, est de 46 500 $ par année. Il n'est donc pas obligé de vendre tout de suite. » Cela laisse une marge de manoeuvre peu élevée, mais c'est réaliste.

Félix Deschâtelets, planificateur financier chez N15, arrive à des résultats semblables. « Ils seraient capables d'arriver sans problèmes financiers jusqu'à l'âge de 100 ans environ », indique-t-il.

Évidemment, la vente de la maison permettra de bonifier leurs revenus de retraite. « Le coût de vie maximum serait alors de 61 000 $ par année », calcule M. Chartier. La différence dans le budget sera amplement suffisante pour pallier l'augmentation des dépenses liée au loyer. Pour arriver à ce montant, il s'est montré plutôt prudent. Il a évalué que chacun des membres du couple recevrait 250 000 $ de la vente. Une partie de cette somme serait utilisée pour maximiser le CELI. L'argent pourrait ainsi croître à l'abri de l'impôt.

Les experts ne leur conseillent pas d'investir cet argent dans un REER une fois à la retraite. « Compte tenu de leurs revenus, leur taux de déduction sera plus bas que leur taux d'imposition », explique M. Chartier.

FONDS D'URGENCE

Avoir un fonds d'urgence est généralement une bonne chose. Cependant, dans le cas de Pierre et de Diane, il est inutilement élevé. « En général, on recommande aux gens d'avoir trois mois de coût de vie, indique M. Chartier. Dans leur cas, deux à quatre semaines de dépenses seraient toutefois suffisantes. Si Pierre perd son emploi, il peut partir à la retraite. Ce n'est donc pas aussi important que pour un travailleur plus jeune. »

Que faire de cet argent, alors ? Plusieurs options sont possibles. Le couple pourrait rembourser sa marge hypothécaire, payer une partie des rénovations de la cuisine ou le déposer dans le CELI. « Si on pense obtenir un rendement plus intéressant que le taux de la marge, mieux vaut l'investir », estime M. Deschâtelets. Par contre, il faudrait dresser le profil d'investisseur détaillé du couple pour en être certain.

D'ailleurs, le remboursement de la marge hypothécaire n'est pas nécessairement urgent. « Comme le couple pense vendre dans quelques années, il peut l'utiliser pour payer les rénovations et la rembourser à la vente de la maison, souligne M. Chartier. Sur une courte période, les frais ne seront pas trop élevés. » Chose certaine, c'est assurément une meilleure stratégie que de puiser dans les REER pour financer les travaux. Il paierait alors beaucoup d'impôt.

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