Train de vie: l'appel de l'aventure

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Wal et Caroline ont un rêve, et les experts consultés par La Presse estiment qu'il n'est pas irréaliste.

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Nathalie Côté

Collaboration spéciale

La Presse



Travailler moins pour voyager davantage en famille et espérer prendre une retraite à 50 ans ? C'est le rêve de Caroline et Wal. Le couple se demande cependant si ce projet est réaliste et comment ils peuvent y parvenir.

LE PROBLÈME

Parents de deux enfants de 2 et 4 ans, Wal et Caroline ont profité des congés parentaux pour faire de longs voyages en famille. Ils y ont pris goût et aimeraient le faire de deux à trois mois par année. « Nous louons des appartements sur place, raconte Wal. Nous sommes allés dans les Caraïbes et en Amérique latine. Nous aimerions maintenant aller en Asie. Nous voulons nous imprégner d'une nouvelle culture. » Ils prévoient y consacrer de 10 000 à 15 000 $ par an.

Ils sont prêts à subir une baisse de revenus pour voyager. Wal, fonctionnaire au gouvernement fédéral, envisage de gagner 80 000 $ annuellement. Même chose pour Caroline, consultante incorporée. En congé depuis trois ans pour s'occuper des enfants, elle compte rechercher de nouvelles occasions. Propriétaire d'un condo, le couple possède une seule voiture. « Nous aimerions ne plus en avoir un jour », souligne-t-il.

Les parents sont aussi préoccupés par l'éducation de leurs enfants. En maximisant le régime enregistré d'épargne-études (REEE), ils ont déjà accumulé 25 000 $ pour leurs études postsecondaires. D'ici là, ils envisagent de les envoyer à l'école privée. « L'école publique la plus proche n'est pas dans un environnement optimal », explique Wal.

Quant à leur retraite, ils aimeraient la prendre le plus tôt possible. Wal jouit d'un bon fonds de pension, mais sa conjointe a peu d'épargne pour sa retraite. Ils ont également un duplex dont ils tirent un bon revenu. « Nous pensons le refinancer pour payer notre condo, car les intérêts payés pour un immeuble à revenus sont déductibles d'impôt », explique Wal. À part les hypothèques, le couple n'a aucune autre dette.

La vie en chiffres

Revenus

Wal : 100 000 $ annuellement

Caroline : habituellement entre 160 000 $ et 180 000 $ annuellement dans son entreprise, et elle se verse 100 000 $ en dividendes

Revenus locatifs : 2600 $ bruts par mois

Dépenses

3000 $ par mois

Épargne

Wal : 70 000 $ en REER, 500 $ dans le CELI et un fonds de pension au travail

Caroline : 10 000 $ en REER et 2000 $ dans le CELI

REEE : 25 000 $

Actifs

Condo : 400 000 $ (hypothèque de 150 000 $)

Duplex : 600 000 $ (hypothèque de 300 000 $)

Davie Truong, planificateur financier, note que Wal sera... (Photo François Roy, Archives La Presse) - image 3.0

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Davie Truong, planificateur financier, note que Wal sera probablement pénalisé s'il retire son fonds de pension avant 65 ans.

Photo François Roy, Archives La Presse

LA SOLUTION

Le couple a une bonne situation financière. Leur rêve n'est pas irréaliste, estiment les experts consultés par La Presse. Par contre, il y a quelques éléments urgents à régler.

Le duo a peu d'épargne facilement accessible. « Il devrait avoir un coussin de sécurité correspondant à trois mois de dépenses », indique David Truong, planificateur financier à la Banque Nationale. Il aurait aussi avantage à revoir sa couverture d'assurance. Caroline n'en possède aucune, et Wal n'a que celle offerte par son employeur. En cas de maladie ou de décès, la famille n'est pas bien protégée, surtout avec deux hypothèques.

Autre détail important : le duplex. 

« Les intérêts sont déductibles seulement si le but est de gagner un revenu. S'ils refinancent le duplex dans le but de payer une dette personnelle, ça ne fonctionne pas. » - David Truong

Le couple pourrait cependant opter pour la stratégie de mise à part de l'argent. « Il s'agit de financer le duplex avec une marge de crédit hypothécaire, explique Hadi Ajab, planificateur financier au Centre financier Carrefour. Ainsi, le couple n'a pas à rembourser le capital, seulement les intérêts. Certaines institutions financières n'exigent même pas de les payer. Ils peuvent ensuite utiliser les revenus de location pour rembourser l'hypothèque de leur condo. Ils vont donc le payer plus rapidement, et les intérêts sur le duplex vont demeurer déductibles. »

Le couple doit aussi prévoir l'impôt à payer sur le gain en capital à la vente du duplex.

LONGUE RETRAITE

Par ailleurs, le couple a 25 % de chances que leur retraite s'étende sur environ 45 ans. « Ont-ils l'intention de poursuivre leurs voyages ou d'avoir un chalet à la campagne ? demande M. Ajab. Vont-ils conserver leur duplex ou le vendre ? » Cela demande une planification très minutieuse !

Comme Wal possède un fonds de pension, il pourrait être avantageux de contribuer au REER de sa conjointe. « Cette stratégie permettra de réduire leur imposition à la retraite », indique M. Ajab.

Du côté de Caroline, les experts s'interrogent sur le retrait de 100 000 $ en dividendes plutôt qu'en salaire ou une combinaison des deux. « Il y a eu des changements à la fiscalité ces dernières années, souligne M. Truong. En général, pour une personne dans la trentaine, on a tendance à privilégier le versement d'un salaire. »

« Les dividendes sont moins imposés entre ses mains, ajoute M. Ajab. Par contre, un salaire donne notamment droit à des cotisations au REER et à la Régie des rentes du Québec. » Caroline devrait rencontrer un planificateur financier et peut-être un fiscaliste afin d'analyser en détail la situation de son entreprise. « Il sera important de considérer le fractionnement de revenu avec les enfants, par exemple, indique M. Ajab. De plus, c'est possible d'accumuler de l'argent dans sa compagnie pour sa retraite. »

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