Train de vie: diminuer le rythme

Paul fait six ou sept voyages par année,... (photo kirk elliot, archives the new york times)

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Paul fait six ou sept voyages par année, pour un budget d'environ 7000 $, évalue-t-il. Lorsqu'il travaillera quatre jours par semaine, il aimerait faire grimper cette somme à 10 000 $, et peut-être même à 15 000 $... tout en gagnant moins.

photo kirk elliot, archives the new york times

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Nathalie Côté

Collaboration spéciale

La Presse



D'ici deux ans, Paul souhaite ralentir le rythme au boulot. Il aimerait travailler quatre jours par semaine et voyager davantage. Le hic ? Il y a trois mois, l'homme de 43 ans s'est séparé de la mère de sa fille de 13 ans. Pourra-t-il y arriver malgré tout ?

LE PROBLÈME

Paul travaille dans le domaine du service à la clientèle. Son salaire : environ 50 000 $ par année, auquel s'ajoute un boni de performance oscillant entre 15 000 $ et 20 000 $. Pour l'instant, boucler son budget n'est pas évident avec les dépenses pour la maison, l'hypothèque de 270 000 $ et la pension alimentaire mensuelle de 400 $ qu'il doit payer pour sa fille.

« Je suis très serré pour le budget et je dois jongler pour arriver », confie-t-il. Il envisage donc de vendre sa maison et d'acheter une résidence plus modeste dans le même quartier afin de ne plus avoir d'hypothèque à payer.

Par ailleurs, cet ancien entrepreneur a fermé son entreprise il y a trois ans. Il conserve plus de 387 000 $ dans une entreprise de gestion. « En termes d'imposition, on m'a dit que c'était plus intéressant de faire cela, explique-t-il. Ça va être mon fonds de pension, parce que je n'en ai pas au travail. »

Cet argent est placé dans un portefeuille Chorus II chez Desjardins. Depuis l'ouverture du compte, il y a trois ans, son rendement est de 4,51 %. « Mes amis m'expliquent que mon rendement est trop faible, pensez-vous que je devrais changer ? »

Finalement, Paul fait six ou sept voyages par année, pour un budget d'environ 7000 $, évalue-t-il. Lorsqu'il travaillera quatre jours par semaine, il aimerait faire grimper cette somme à 10 000 $, et peut-être même à 15 000 $... tout en gagnant moins !

La vie en chiffres

Salaire : 50 000 $ par année, plus un boni de 15 000 $ à 20 000 $

Valeur de la maison : environ 550 000 $

Dépenses mensuelles

Maison : 1500 $

Autres dépenses : 850 $

Pension alimentaire : 400 $

Épargne

166 169 $ dans ses REER

40 044 $ dans un CELI

31 381 $ de placements non enregistrés

387 135 $ en placements dans l'entreprise de gestion

Dettes

270 000 $ d'hypothèque

1000 $ sur sa carte de crédit

LA SOLUTION

L'absence d'une assurance invalidité est un gros risque pour les finances de Paul, estime André Lacasse, directeur associé au développement des affaires au Centre financier SFL de la Montérégie. « Son plus gros actif, c'est sa capacité à travailler, souligne-t-il. S'il gagne 50 000 $ par année et qu'il lui reste 20 ans à travailler, cela représente 1 million de revenus futurs. »

Si ce n'est pas déjà fait, il devrait aussi envisager de prendre une assurance vie au bénéfice de son ex-conjointe pour qu'elle continue de recevoir la pension alimentaire advenant son décès. Son testament et son mandat d'inaptitude devraient également être mis à jour, recommande M. Lacasse.

Actuellement, les dépenses de Paul sont supérieures à ses revenus réguliers. Il doit compter sur son boni pour boucler son budget, constate M. Lacasse.

« Un boni, ce n'est jamais garanti. En vendant la maison pour en acheter une plus petite, il pourrait arriver sans problème et pourrait réaliser ses rêves ! » - André Lacasse, directeur associé au développement des affaires au Centre financier SFL de la Montérégie.

Paul pourrait aussi choisir de conserver une hypothèque. « En conservant une marge de crédit hypothécaire au lieu de payer sa nouvelle maison comptant, il pourrait placer une importante somme d'argent, explique Félix Deschâtelets, planificateur financier chez N15. Si le rendement net d'impôt est supérieur à celui de la marge de crédit sur une période de 10 ans, ce serait avantageux pour son enrichissement. »

De plus, les cotisations à son CELI ne semblent pas maximisées, constate M. Deschâtelets. « Pour 2017, ses cotisations pourraient s'élever à 52 000 $, suggère-t-il. On parle ici de l'argent cotisé et non de la valeur de son placement. Il pourrait y transférer une partie de ses placements non enregistrés et économiser de l'impôt. »

Quant à l'entreprise de gestion de Paul, il pourrait être avantageux de la conserver, analyse Serge Lessard, avocat fiscaliste chez Manuvie.

« En général, les fonds en catégorie de société sont un type de produit intéressant d'un point de vue fiscal avec un taux d'imposition comme le sien. » - Serge Lessard, avocat fiscaliste chez Manuvie

Par contre, il faudrait notamment établir le profil d'investisseur de Paul pour s'assurer que le produit choisi correspond bien à ses besoins. Ses amis n'ont peut-être pas tort de remettre en cause le rendement obtenu. « Ce placement est classé deux étoiles sur cinq par la firme indépendante Morningstar », souligne M. Lacasse.

M. Deschâtelets ajoute qu'il pourrait sans doute obtenir un meilleur placement. Il devrait faire affaire avec un conseiller pouvant lui offrir une plus large gamme de produits. « Avec le total des actifs qu'il possède, il aurait peut-être accès à de la gestion privée dans son institution financière ou ailleurs », avance-t-il.

Par ailleurs, Paul pourrait envisager de retirer les revenus de placement de son entreprise de gestion au fur et à mesure, selon M. Lessard. « À première vue, il peut être avantageux de le faire maintenant, explique-t-il. C'est habituellement le cas lorsque le taux d'imposition personnel est bas et que le remboursement au titre de dividendes de la société est plus élevé. Cela laisse plus d'argent à placer. C'est possible si le taux d'imposition à la retraite est similaire à celui au moment des retraits. »

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traindevie@lapresse.ca

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