Vivre en ville ou en banlieue

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Pour devenir propriétaires, bien des familles quittent Montréal pour la banlieue en se disant que les maisons sur l'île coûtent trop cher. Trop souvent, elles ne tiennent pas compte des coûts de transport. Ceux-ci peuvent être tellement élevés qu'ils réduisent à néant les économies réalisées à l'achat d'une propriété moins coûteuse.

Plus chère, la vie en ville ? Pas pour Martine Sonier, Jonathan Filion et leurs deux filles. Il y a quelques mois, cette famille a choisi de quitter Mont-Saint-Hilaire pour s'installer à Montréal, dans le quartier Saint-Michel. Résultat : 18 000 $ de plus dans leurs poches chaque année, grâce à la vente d'une voiture et à la baisse de leurs frais de transport, plus de temps et d'argent pour des activités en famille et moins de stress.

« On avait de 15 à 17 heures de voyagement par semaine. Ce qui fait une job à temps partiel », raconte Jonathan Filion.

PAYER PLUS CHER POUR UNE MAISON OU POUR LE TRANSPORT?

Chaque année, des milliers de familles quittent l'île de Montréal pour s'installer en périphérie. Pour nombre de personnes, il s'agit d'un choix économique : on peut acheter une maison à meilleur prix en banlieue. Mais pour celles qui travaillent en ville, les frais de transport peuvent annuler cet avantage financier.

Les coûts directs d'un véhicule moyen qui roule 20 000 km par an sont de 10 500 $, ce qui représente l'équivalent d'une hypothèque de 160 000 $, selon une étude de Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal, sur les coûts cachés de l'automobile. Si on ajoute les coûts indirects, le montant grimpe à 210 000 $. Ça signifie qu'une famille urbaine avec une seule voiture peut acheter une propriété qui coûtera 210 000 $ de plus qu'une famille de banlieue avec deux voitures.

« Les gens ne regardent que le coût du logement, quand ils pensent s'installer en banlieue, dit M. Pineau. Mais en faisant ce choix, ils deviennent dépendants de l'automobile. Dans les publicités, l'automobile est associée à l'idée de liberté. Mais quand on est obligé de l'utiliser quotidiennement, on y devient plutôt enchaîné. »

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Prix médian des propriétés depuis le début de 2014

Région | Unifamiliale | Condo | Plex

Île de Montréal | 382 500 $ | 265 000 $ | 456 000 $

Laval | 290 000 $ | 214 000 $ | 387 500 $

Rive-Nord | 240 000 $ | 176 500 $ | 308 500 $

Rive-Sud | 274 500 $ | 193 000 $ | 335 000 $

Consultez le Baromètre du marché résidentiel de la Fédération des chambres immobilières du Québec >>

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Dans son étude, Pierre-Olivier Pineau a aussi tenu compte du temps passé dans la congestion et lui a accordé une valeur monétaire en utilisant le salaire minimum. « Du point de vue de la productivité, c'est du temps perdu. Et ça enlève du temps passé en famille. On pourrait aussi calculer les coûts des problèmes de santé engendrés par le manque d'activité physique », souligne-t-il.

Il déplore que les banques ne tiennent pas compte des frais reliés à l'automobile quand elles accordent un prêt hypothécaire et évaluent la capacité de remboursement d'un consommateur. En outre, « les dépenses de transport sont une perte nette puisque la valeur d'une automobile diminue rapidement. En contraste, l'achat d'un habitat plus coûteux permet généralement la création d'un actif qui augmentera à long terme », écrit M. Pineau dans son étude, publiée en 2013. D'autres études soulignent que la valeur des maisons en ville augmente plus vite que celle des maisons de banlieue.

COMPROMIS POUR VIVRE EN VILLE

Les familles qui décident d'habiter en ville doivent parfois faire des compromis sur le logement où elles s'installent. Elles acceptent d'avoir moins d'espace, d'être locataires plutôt que propriétaires et achètent parfois une propriété à revenus, ce qui aide à payer l'hypothèque, a constaté Sandrine Jean, à l'occasion d'entretiens avec plusieurs familles urbaines et banlieusardes dans le cadre de son doctorat en études urbaines à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS).

« Les familles qui se sont installées en banlieue étaient tellement convaincues que c'était trop cher en ville qu'elles n'ont même pas regardé les propriétés qui étaient disponibles en ville, souligne-t-elle. Pourtant, dans mon échantillon, les familles urbaines avaient un revenu moyen similaire à celui des familles de banlieue. »

Pour les citadins, il est essentiel d'habiter à proximité de leur lieu de travail, des services et du transport en commun. Ils sont aussi très attachés à leur quartier et accordent beaucoup d'importance au temps passé en famille. Tandis que le mode de vie des banlieusards est plus axé sur un domicile familial conforme à leurs exigences et l'usage de l'automobile.

UN DUPLEX EN VILLE POUR RETROUVER LA SÉRÉNITÉ FINANCIÈRE

Quitter la banlieue pour vivre en ville, se débarrasser d'une voiture, passer moins de temps sur la route : est-ce que ces changements permettraient à Martine et François, participants à notre série Train de vie extrême, de redresser leur situation financière ?

Le couple, installé sur la Rive-Sud, se demande si l'achat d'un duplex pourrait lui permettre de réduire son coût de vie. Nous avons fait la comparaison avec leur coût de vie actuel. Résultat : ils y trouveraient un avantage financier de 1650 $ par mois, soit 19 800 $ par année.

Voyez la situation financière de Martine et François >>

Tableaux explicatifs >>

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