Les marchés émergents plutôt que le Canada...

Jean-René Adam est cochef des placements et vice-président,... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Jean-René Adam est cochef des placements et vice-président, Marchés nord-américains, chez Hexavest à Montréal.

Photo Martin Chamberland, La Presse

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Chaque semaine, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Notre invité cette semaine : Jean-René Adam, cochef des placements et vice-président aux marchés nord-américains à la firme Hexavest, à Montréal.

L'ÉVÉNEMENT DE LA SEMAINE

Évidemment, la débâcle boursière du début de l'année. Et nous croyons que les Bourses continueront de se dégonfler encore un peu avant de redevenir attrayantes. La raison ? Les valeurs en Bourse et des autres actifs dits risqués ont été dopées ces dernières années par les mesures d'assouplissement quantitatif de plusieurs banques centrales. Ces mesures ont créé une déconnexion entre la valeur du marché boursier et la situation de l'économie mondiale, qui est plutôt décevante. Au Canada, les données économiques ont recommencé à se détériorer. Les prochains trimestres seront difficiles pour l'économie et la Bourse canadienne, étant donné la fin du cycle haussier des ressources, l'endettement élevé des Canadiens ainsi qu'un marché immobilier surévalué.

OÙ INVESTIR ?

Nous aimons beaucoup les titres boursiers dans les pays émergents, bien qu'ils n'aient pas la cote chez les investisseurs. En fait, nous sommes d'accord avec le consensus quant aux vents de face importants qui persistent dans les économies émergentes et qui découlent surtout de leur endettement élevé et de la hausse du dollar américain. Cependant, nous croyons que ces problèmes sont pleinement considérés dans la dépréciation des marchés boursiers des économies émergentes. Par conséquent, il y a de nouvelles occasions d'investissement dans ces marchés. Nos favoris sont le Mexique et la Pologne. Ce sont deux économies dont les chaînes de production sont bien intégrées aux États-Unis et à l'Allemagne, respectivement.

L'INDICATEUR À SUIVRE

Nous surveillons surtout l'indice des directeurs d'achats (PMI) du secteur manufacturier mondial, qui nous indique l'évolution du climat des affaires ainsi que les échanges commerciaux. Ces données s'affaiblissent depuis plusieurs trimestres et reflètent un ralentissement dans la croissance économique mondiale. Par ailleurs, les variations des écarts de crédit dans les marchés obligataires sont également importantes, car elles sont souvent des précurseurs des mouvements boursiers. À cet égard, on a vu en 2015 que la hausse des écarts de crédit des obligations de pacotille (junk bonds) a contaminé aussi les marchés boursiers.

LES PLACEMENTS À ÉVITER

Les sociétés pétrolières intégrées. Parce que plusieurs titres de ces pétrolières n'ont presque pas baissé alors que le pétrole a perdu près de 60 % de sa valeur en un peu plus d'un an. Les investisseurs se sont réfugiés dans ces sociétés, car elles ont un bilan solide, paient de bons dividendes et sont mieux diversifiées. Cependant, leurs actions sont maintenant extrêmement dispendieuses, à notre avis. D'autant que leur valeur en Bourse se base encore sur un baril de pétrole à un prix beaucoup plus élevé que le cours actuel. Dans ce secteur de l'énergie, nous commençons plutôt à nous intéresser aux sociétés d'exploration et de production de pétrole brut.

CE QUI EST SOUS-ESTIMÉ

La plupart des investisseurs sont positionnés pour une hausse des taux d'intérêt. Ils évitent donc les placements qui sont pénalisés lorsque les taux d'intérêt montent, tels que les actions à dividendes élevés, les obligations et les pays émergents. Nous sommes en désaccord avec cette thématique. Parce que, même si la Réserve fédérale américaine (Fed) continuait de remonter son taux directeur en 2016, nous anticipons le maintien d'une relative stabilité des taux d'intérêt à moyen et à long terme. Si notre scénario se réalise, tout ce qui a été délaissé par les investisseurs pourrait rebondir.

L'EXPERT DE LA SEMAINE

Jean-René Adam est cochef des placements et vice-président des marchés nord-américains à la firme Hexavest, à Montréal. Fondée en 2004, cette firme gère pour 19 milliards d'actifs provenant d'une centaine d'investisseurs institutionnels établis au Canada, aux États-Unis, en Asie et en Europe.

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