Évitez le secteur aurifère

Martin Lalonde suggère d'éviter le secteur aurifère, que ce... (PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

Martin Lalonde suggère d'éviter le secteur aurifère, que ce soit l'or physique ou les actions des entreprises minières.

PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Richard Dufour

Chaque semaine, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Martin Lalonde, de la firme Investissements Rivemont à Gatineau.

Quel a été l'événement le plus significatif des derniers jours en Bourse ?

L'acquisition de Tim Horton par Burger King est sans contredit ce qui a le plus marqué la semaine sur les marchés. Le cours boursier des deux firmes s'est envolé à New York et Toronto, ce qui est représentatif du sentiment positif des investisseurs relativement à la transaction.

Plus important encore, cette transaction indique un changement profond de l'image du Canada comme terre d'accueil de grands sièges sociaux internationaux, Valeant étant un autre exemple plus près de chez nous. C'est le résultat concret de l'efficace politique fiscale du gouvernement fédéral. Il reste maintenant à voir comment le trésor américain va réagir à cette vague de conversion qui prive ses coffres de revenus importants.

Quel indicateur suivez-vous le plus attentivement ?

Nous suivons de très près les taux d'intérêt sur les obligations gouvernementales américaines, qui ont atteint leur prix le plus élevé de l'année cette semaine.

Le prix supérieur de la majorité des actifs financiers négociés à l'échelle de la planète est dû au crédit facile disponible en raison de la faiblesse du rendement en intérêts de ces obligations.

Mais comme il est difficile de prévoir le moment du début du prochain cycle de hausse des taux - ceux ayant essayé ont tort depuis plusieurs années maintenant - nous demeurons globalement positifs pour le marché des actions et un peu moins pour celui des obligations.

Que feriez-vous avec plusieurs milliers de dollars à investir ?

Nous construirions un portefeuille d'actions et d'obligations bien diversifié couvrant principalement les régions de l'Amérique du Nord et de l'Asie, avec une place non négligeable pour une stratégie alternative offrant potentiellement une protection en cas de baisse des marchés.

Pour notre exposition au marché chinois nous utilisons le fonds négocié en Bourse iShares MSCI Hong Kong (symbole EWH) qui est négocié à la Bourse de New York.

Du côté des actions individuelles, nous aimons des titres tels qu'Alliance Grain Traders, AK Steel et Globe Specialty Metals.

Quel placement évitez-vous à tout prix ?

J'éviterais le secteur aurifère, que ce soit l'or physique ou les actions des entreprises minières.

La production mondiale n'a jamais été aussi élevée et les investisseurs se soucient moins de trouver une valeur refuge quand les autres portions du portefeuille performent aussi bien qu'au cours des dernières années.

De plus, il ne faut pas oublier que la valeur de l'once d'or s'est multipliée par huit au courant de la dernière décennie, et c'est la raison pour laquelle autant d'épargnants ont intégré cette classe d'actifs à leur portefeuille.

De notre côté nous prévoyons une longue consolidation du prix de l'or et préférons trouver le prochain secteur intéressant plutôt que de regarder vers le passé.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus ?

Je crois que les investisseurs sous-estiment la capacité des marchés boursiers à continuer la tendance haussière entamée depuis maintenant plus de cinq ans.

Il ne faut pas oublier qu'il est normal que ceux-ci montent, la moyenne étant de près de 10 % par année au cours des 200 dernières années.

Un investisseur ayant pris une approche plus défensive a possiblement manqué la plus belle possibilité d'enrichissement de toute une génération. Et rien n'indique que ce marché haussier s'essouffle. Il faut donc profiter de ce que le marché nous offre et ne pas essayer de jouer au plus fin avec lui.

L'histoire montre clairement que les experts positifs ont eu beaucoup plus souvent raison que les experts négatifs, malgré la place de chacun dans les médias.

***

Martin Lalonde est président et gestionnaire de portefeuille responsable des décisions de placements chez Investissements Rivemont à Gatineau. L'actif sous gestion de la firme s'élève à environ 25 millions.

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer