L'impact de la Syrie

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Michel Doucet a commencé sa carrière comme économiste... (Photo fournie par VMD)

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Michel Doucet a commencé sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il se joint à l'équipe de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d'économiste, analyste de marché, d'abord pour le secteur institutionnel puis pour le service aux particuliers. Depuis 2004, il est vice-président et gestionnaire de portefeuille chez Valeurs mobilières Desjardins.

Chaque samedi, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Michel Doucet, vice-président, Groupe conseil en portefeuilles, Valeurs mobilières Desjardins.

À votre avis, quel est l'événement le plus significatif des derniers jours à la Bourse?

Les événements en Syrie et la possibilité d'une intervention américaine ont retenu l'attention des marchés. Cela a eu un impact sur les prix des matières premières et, indirectement, sur la surperformance de la Bourse de Toronto par rapport aux indices américains. Les marchés carburent aux événements même s'ils sont malheureux. Il y a également eu, jeudi, l'annonce d'une croissance du produit intérieur brut (PIB) américain meilleur qu'attendu. Les profits des banques canadiennes ont aussi surpassés les attentes, cette semaine.

Quel indicateur suivez-vous le plus attentivement en ce moment?

Les statistiques de l'emploi attendues vendredi prochain seront critiques pour savoir si l'économie américaine est vraiment sur une lancée. Si l'on ajoute les 1,8% qu'ont coûté à l'économie américaine les mesures comme l'ObamaCare ou la nouvelle taxation des ménages et des entreprises, au taux de croissance de 2,5% du PIB affiché jeudi, on obtient un taux de plus de 4%, ce qui nous amène au niveau des neuf dernières reprises économiques. Si cette lancée est confirmée, la Réserve fédérale pourrait commencer à se désengager par rapport à ses achats mensuels d'obligations du Trésor, dès sa prochaine rencontre des 18 et 19 septembre prochains.

Que feriez-vous avec 10 000$ à investir?

Dans un contexte de hausse de taux d'intérêt, je choisis la protection du capital en achetant des obligations gouvernementales échéant dans 5 ans. La partie revenus fixes du portefeuille devrait avoir une durée courte de 2 ou 3 ans, avec 70% en obligations gouvernementales et 30% investis en obligations d'entreprises AAA ou BBB et en actions privilégiées. Un portefeuille équilibré, sur un horizon d'un an, comprendra ainsi 30% en revenus fixes, 10% en liquidité et 60% en actions. La moitié du portefeuille d'actions ira dans des titres américains, le reste sera réparti également dans la Bourse canadienne et les autres.

Quel placement évitez-vous à tout prix?

Oubliez les obligations des pays en émergence. Ç'a été une révélation pour certains investisseurs en quête de rendement à tout prix, dans la dernière année. Dans la chaîne alimentaire pour le petit investisseur, il y a d'abord les obligations gouvernementales canadiennes - Canada, provinces et municipalités -, puis les obligations de société de qualité, les actions privilégiées de qualité. Ensuite, il y a les titres risqués à haut rendement, la dette de pays souverains en monnaie locale, la dette de pays émergents, puis la dette à haut rendement de pays en émergence. Comment aller plus bas? Il est peut-être temps de retourner à la maison.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus actuellement?

Il y a beaucoup de scepticisme parmi les investisseurs devant la reprise économique nord-américaine et le chemin parcouru en Europe, de même que pour la continuité du marché boursier haussier. Seulement 34% des investisseurs se disent optimistes pour la performance des marchés dans les six prochains mois. Or, on sait que, quand tout le monde est négatif, le marché va bien. De la même manière, c'est un signal de vente quand tout le monde est positif.

Michel Doucet a commencé sa carrière comme économiste junior au siège social de la Banque Nationale à Montréal. En 1992, il se joint à l'équipe de Lévesque Beaubien Geoffrion à titre d'économiste, analyste de marché, d'abord pour le secteur institutionnel puis pour le service aux particuliers. Depuis 2004, il est vice-président et gestionnaire de portefeuille chez Valeurs mobilières Desjardins.

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