Des records envers et contre tout

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Photo fournie par Martin Lalonde

Chaque samedi, un financier différent répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Martin Lalonde, président et gestionnaire de portefeuille Les investissements Rivemont.

À votre avis, quel est l'événement le plus significatif des derniers jours à la Bourse?

Au cours des dernières séances, nous avons vu l'indice phare américain Dow Jones accumuler les nouveaux hauts historiques tandis que l'indice S&P 500 approchait de cet important palier. Concrètement, ça veut dire que, quel que soit le moment où un épargnant aurait investi sur les marchés américains, celui-ci a aujourd'hui un rendement positif, et ce malgré l'avalanche de mauvaises nouvelles économiques véhiculées par les médias. L'importante leçon à tirer de cette réalité est qu'il y a très peu de lien entre la couverture médiatique des marchés et le rendement de celui-ci, et que si ce lien existait, il serait probablement inverse: plus les nouvelles sont mauvaises, meilleure est la période pour investir.

Quel indicateur suivez-vous le plus attentivement en ce moment?

Nous suivons actuellement deux indicateurs de façon plus attentive: le niveau d'inflation des prix à la consommation des grandes économies occidentales et les prix des principales matières premières, notamment l'or et le pétrole. Dans le premier cas, je crois que la présente période de création de liquidité et de bas taux d'intérêt sur les marchés prendra fin dès que le taux d'inflation commencera à augmenter de façon significative, et ce sera l'effondrement plus ou moins rapide de la grande classe d'actifs des revenus fixes. Les portefeuilles de nos clients sont évidemment préparés pour cette éventualité. Pour les matières premières, je crois que la hausse de prix que nous avons connue depuis maintenant 15 ans est provisoirement sous contrôle et que, pour cette raison, le marché canadien devrait continuer à sous-performer celui de notre voisin du sud et de plusieurs marchés émergents.

Que feriez-vous avec 10 000$ à investir?

Avec un tel montant, trop petit pour une diversification efficace en utilisant des titres individuels, j'utiliserais des fonds négociés en Bourse pour construire un portefeuille performant d'actions. En simplifiant grandement, j'investirais 20% du portefeuille dans le marché canadien (VCE.T), 40% dans le marché américain (XSP.T), 25% dans les pays émergents (VEE.T) et 15% dans les marchés du Sud-est asiatique, comme les Philippines (EPHE.N) et la Thaïlande (THD.N). Cette région est l'une des plus intéressantes au niveau des projections de croissance économique et de l'enrichissement global de la population. De notre côté, c'est en grande partie notre exposition à ces marchés et au marché américain qui nous a permis de fortement surperformer les indices au cours des derniers mois.

Quel placement évitez-vous à tout prix?

J'éviterais toutes les classes d'actifs dont l'intérêt principal est de fournir un revenu régulier pour l'investisseur tel que les obligations gouvernementales (surtout les longues échéances), les fonds immobiliers, les fonds d'infrastructures et les services publics, incluant les fonds équilibrés à revenus élevés. Ces types d'investissements offrent un rendement très faible sur une base historique et les possibilités de pertes en capital sont très élevées, en raison évidemment de l'augmentation prochaine des taux d'intérêt. Le plus dangereux actuellement est le fait que ces produits sont souvent distribués pour leur aspect défensif et conservateur. Certains investisseurs pourraient se réveiller avec un gros mal de tête si la hausse des taux que nous prévoyons se réalise.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus actuellement?

Les intervenants financiers du monde entier sous-estiment, selon moi, la résilience du marché américain et sa capacité légendaire à se redresser après chaque choc économique important. Il ne faut jamais oublier que malgré le second choc pétrolier, le lundi noir de 1987, la crise mexicaine et sud-américaine de 1994, la crise des monnaies asiatiques de 1997 et l'effondrement russe qui a entrainé dans son sillage l'effondrement du plus important fonds de couverture de l'époque, LTCM en 1998, cette période a produit des rendements exceptionnels pour ceux qui sont demeurés investis en tout temps dans ce dynamique marché boursier. De plus, l'histoire nous apprend que les périodes moins intéressantes en terme de rendement, comme la dernière décennie, sont habituellement suivies de périodes extrêmement positives. Pour ces raisons, nous croyons que les actions sont actuellement la classe d'actif la plus intéressante pour assurer la croissance continue du capital investi.

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