Europe, États-Unis: la politique inquiète...

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Moïse Falco

Chaque samedi, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Moïse Falcao, vice-président principal, titres à revenu variable, chez Optimum Gestion de placement, à Montréal.

À votre avis, quel est l'évènement le plus significatif des derniers jours à la Bourse?

Deux évènements ont retenu mon attention. Tout d'abord, le résultat des élections italiennes rend incertaine l'application de mesures d'austérité en Italie dans le futur. Dans une certaine mesure, c'est le retour du risque de financement des pays européens.

Je suis également de près l'impact des coupures automatiques au budget américain (séquestration). Ces coupures pourraient totaliser 85 milliards et elles seraient applicables d'ici le mois de septembre 2013. Si les politiciens américains ne s'entendent pas rapidement, cela pourrait réduire la croissance du PIB américain de 0,5% sur une base annuelle, ce qui ralentirait substantiellement l'économie aux États-Unis en 2013.

Quel indicateur surveillez-vous le plus attentivement en ce moment?

Je surveille particulièrement l'indice VIX ainsi que le prix de l'or. Le VIX est un indicateur de la volatilité de l'indice boursier S&P 500. Lorsque le VIX est bas, comme en ce moment, cela peut indiquer un degré élevé d'optimisme à l'égard du marché boursier, ce qui m'incite à la prudence à court terme.

Je surveille également le niveau de 1 525$ / once sur le prix de l'or car il s'agit d'un niveau technique important. La chute du prix de l'or depuis le début de l'année coïncide avec la hausse du marché boursier. Advenant une correction boursière à court terme, l'or pourrait à nouveau servir de valeur-refuge et reprendre de la valeur.

Que feriez-vous avec 10 000$ à investir?

J'investirais dans un portefeuille d'actions canadiennes bien diversifié. La sous-performance du marché canadien depuis plusieurs trimestres le rend attrayant. En effet, le multiple entre le cours et la valeur aux livres par action est de 1,8 fois, ce qui est inférieur à la moyenne historique de 2,1 fois.

Notre stratégie chez Optimum met l'accent sur les titres à bons dividendes et qui ont su le faire croître au fil des ans. Dans cette optique, les banques canadiennes sont intéressantes. Leur taux de dividende moyen de 4 % et leur excellente santé financière font en sorte qu'elles pourraient augmenter leurs dividendes au cours des prochains trimestres. Nous aimons particulièrement la Banque TD pour la qualité de sa gestion ainsi que pour son évaluation attrayante.

Les entreprises de télécommunications sont elles aussi bien positionnées pour hausser leur dividendes, compte tenu de leur rentabilité élevée. Rogers Communication est l'une d'entre elles. Nous aimons également les entreprises qui profitent des bas taux d'intérêt pour faire des acquisitions à bon prix, comme le Groupe CGI et Alimentation Couche-Tard.

Finalement, j'investirais une partie du 10 000$ dans des titres du secteur de l'énergie qui sont à des évaluations très intéressantes. Les producteurs intégrés comme Suncor et Cenovus sont de bons achats défensifs. Dans l'éventualité d'une reprise du secteur à moyen terme, Baytex Energy et Whitecap Ressources sont de bons choix, avec leur taux de dividende de 6,1% et de 6,5%.

Quel placement évitez-vous à tout prix?

Tout d'abord, les obligations gouvernementales à long terme sont peu attrayantes. Par exemple, le rendement sur les obligations fédérales canadiennes à long terme est de 1,8%, ce qui est nettement inférieur au rendement en dividende de 3% sur l'indice boursier S&P/TSX.

Une telle situation est très rare et elle démontre la cherté relative des obligations.

Ensuite, j'éviterais les fiducies de placement immobilier (FPI). Même si elles versent de bons dividendes, leurs évaluations sont à des niveaux extrêmes. Les FPI ont profité de la chute des taux d'intérêt, réduisant ainsi leur coût de financement, et de la ruée vers les titres à dividendes sur le marché.

Finalement, j'évite les entreprises du secteur de la défense. Aux États-Unis comme en Europe, les gouvernements devront réduire leurs dépenses. Je crois que le secteur de la défense pourrait être affecté négativement au cours des prochaines années.

Diplômé en finances (HEC) et détenteur du titre de CFA, Moïse Falcao est vice-président principal, titres à revenu varibale, chez Optimum Gestion de placement. Cette filiale du groupe d'assurance Optimum, de Montréal, gère 5,5 milliards en actifs financiers provenant surtout d'une clientèle d'investisseurs institutionnels.

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