Une acquisition qui en dit long

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Christine Décarie est vice-présidente principale, gestionnaire de portefeuille et directrice de la recherche Société de gestion d'investissement I.G. Avant de se joindre au Groupe Investors en 1999, elle a été vice-présidente et gestionnaire de portefeuille chez Montrusco et associés. Elle compte plus de vingt-cinq ans d'expérience en gestion de placement.

(Montréal) Chaque samedi, un financier différent répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Christine Décarie, vice-présidente principale, gestionnaire de portefeuille et directrice de la recherche de la Société de gestion d'investissement I.G.

À votre avis, quel est l'événement le plus significatif des derniers jours à la Bourse?

Les fusions et acquisitions teintent le marché. Warren Buffett, qui avait acheté Burlington Northern Santa Fe avant le début de l'âge d'or du rail, voit maintenant de la valeur dans les compagnies de consommation. Et Buffett n'est pas un acheteur stratégique, mais un financier. Cela démontre que le coût du capital est bas. On a vu de même beaucoup de compagnies québécoises faire de grosses acquisitions dans la dernière année. C'est le principal sujet de discussion des dirigeants d'entreprise. Il y a une certaine urgence pour elles de faire les acquisitions projetées avant que les taux d'intérêt augmentent.

Quel indicateur surveillez-vous le plus attentivement en ce moment?

On regarde beaucoup de qui se passe avec l'économie américaine. Les chiffres de l'emploi sont encourageants. On surveille aussi ce qui se passe du côté de l'immobilier, car il y a un effet multiplicateur pour l'emploi. Le marché immobilier résidentiel représente aujourd'hui 2,5% du PIB américain, moitié moins qu'historiquement. Il y a donc encore beaucoup de place à l'amélioration.

Que feriez-vous avec 10 000$ à investir?

Dans un portefeuille diversifié, les actions restent encore très intéressantes alors que le marché des obligations est encore très dispendieux. Les revenus en dividendes au Canada comme aux États-Unis sont plus élevés que les taux d'intérêt sur dix ans. Les multiples boursiers sont aussi encore relativement bas même si moins intéressants qu'il y a un an.

Je placerais la moitié aux États-Unis, 20% au Canada et la balance en Europe et en Asie. Le marché boursier canadien est moins favorable qu'il y a trois ans. Le marché américain est beaucoup plus attrayant.

Quel placement évitez-vous à tout prix?

Les obligations à rendement réel de longue échéance sont à proscrire dans un contexte de hausse de taux d'intérêt. Ce n'est qu'une question de temps avant que les taux montent. Il suffit d'une petite hausse de taux d'intérêt pour générer des rendements négatifs sur les obligations. En plus, il faut payer de l'intérêt sur les revenus.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus présentement?

Ceux qui croient que les marchés boursiers sont trop élevés négligent l'important flux de fonds qui viendra de la rotation prochaine des obligations vers les actions. L'argent ira d'abord dans le secteur financier, plus liquide, avant de se déployer dans tous les autres secteurs.

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