Un optimisme prudent

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Christian Godin est vice-président principal et chef des actions chez Placements Montrusco Bolton, où il est entré en 2001 après avoir travaillé chez Merrill Lynch Canada. Fondée en 1946, la société montréalaise gère des actifs de plus de 5 milliards de dollars, dont la moitié sous la supervision de M. Godin, en suivant une approche ascendante fondée sur la sélection de titres.

Chaque samedi, un financier différent répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Christian Godin, vice-président principal et chef des actions chez Placements Montrusco Bolton.

À votre avis, quel est l'événement le plus significatif des derniers jours à la Bourse?

L'attention se porte sur le grand nombre de sociétés importantes qui dévoilent leurs résultats financiers annuels. Le moral et le ton du marché boursier, qui est très bien lancé depuis le début de l'année, en dépendent. Il n'y a pas de tendance claire jusqu'à maintenant, mais il y a peu de déceptions majeures. Les commentaires des gestionnaires lors des téléconférences sont aussi encourageants. On peut certainement parler d'un optimisme prudent de leur part. Mais ce n'est qu'un début et la semaine prochaine verra aussi beaucoup de grandes compagnies ouvrir leurs livres.

En terme d'événement de marché, il y a eu aussi l'annonce de Dell de fermer son capital. Il s'agit de la plus grosse opération de privatisation des dernières années. Cela ne pouvait arriver que dans un marché où les coûts de financement par emprunt sont inférieurs au rendement du dividende. Ça démontre une tendance de fond sur le marché depuis un an et demi d'un appétit tous azimuts pour les titres qui versent des dividendes, lesquels sont deux fois plus élevés que les coupons d'intérêt sur les obligations, avec de la croissance en plus.

Quel indicateur surveillez-vous le plus attentivement en ce moment?

Je surveille de près tous les indicateurs qui peuvent nous aider à juger de la santé du secteur de l'immobilier aux États-Unis. Car, comme on dit, quand l'immobilier va, tout va. C'est positif depuis quelques trimestres. Le marché immobilier paraît même supérieur aux États-Unis qu'au Canada. Cela contribue à maintenir la confiance des consommateurs.

Que feriez-vous avec 10 000$ à investir?

Je constituerais un portefeuille de titres canadiens et américains, le plus étendu et le mieux balancé possible entre les secteurs industriels. Le niveau de conviction est supérieur pour les marchés nord-américains que les étrangers. Je privilégierais les compagnies ayant une capitalisation entre 500 millions et 10 milliards et les titres versant des dividendes élevés.

Quel placement évitez-vous à tout prix?

Il faut éviter les entreprises avec de mauvaises feuilles de route ou une équipe de direction incapable de livrer la marchandise durant plusieurs trimestres. Il y a aussi toutes ces sociétés trop exposées aux sables bitumineux. Au-delà des considérations environnementales, plusieurs d'entre elles doivent aujourd'hui vendre leur production avec un escompte qui ne cesse de s'accroître.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus présentement?

Les marchés sous-estiment la force de la reprise de la consommation au Canada et plus encore aux États-Unis.

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