L'économie porteuse en Bourse

Benoit Brillon est chef des placements chez Gestion de portefeuille...

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Benoit Brillon est chef des placements chez Gestion de portefeuille Landry, à Montréal. Cette firme gère des fonds d'investissement qui réunissent quelque 120 millions en actifs financiers sous gestion.

Chaque samedi, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine: Benoit Brillon, chef des placements chez Gestion de portefeuille Landry, à Montréal.

Q: À votre avis, quel est l'événement le plus significatif des derniers jours à la Bourse?

Les plus récents résultats trimestriels d'Apple ont déçu les marchés, ce qui aurait dû avoir un impact négatif sur les marchés boursiers, en particulier la Bourse américaine.

Mais cette fois-ci, elle a bien résisté aux résultats décevants de l'un de ses titres-vedettes.

C'est un signe très positif, à mon avis. Ça me dit que l'ensemble du marché demeure sain, qu'il anticipe la poursuite du rebond de l'économie américaine et mondiale.

Tant que l'économie s'améliore, et à défaut d'un choc soudain, c'est de bon augure pour le potentiel de rendement du marché boursier.

Q: Quel indicateur suivez-vous le plus attentivement en ce moment?

Les données de l'emploi aux États-Unis, en particulier les demandes d'assurance-chômage, sont les premiers indicateurs de l'état de l'économie américaine.

Or, les demandes d'assurance-chômage sont en baisse depuis quelques mois. Et la création d'emplois a commencé à remonter vers le niveau cible d'environ 250 000 par mois. Même les PME américaines signalent de nouveau des intentions d'embauche, après des années difficiles.

Bref, c'est de très bon augure pour le rebond de croissance économique aux États-Unis. En particulier pour le regain de confiance et les dépenses des consommateurs, qui sont très importants dans l'économie américaine.

Q: Que feriez-vous avec 10 000$ à investir?

Je constate qu'en général, les investisseurs n'ont pas assez d'actions dans leur portefeuille, en particulier des actions étrangères.

Pourtant, cette catégorie de titres est à privilégier à ce moment-ci du cycle économique. Parce qu'ils offrent le meilleur potentiel de rendement à moyen terme avec le rebond de croissance aux États-Unis, puis ce qui est attendu en Asie et en Europe.

Avec une telle somme à investir, j'irais à 75% environ dans des titres ou des fonds d'investissement liés à l'indice boursier MSCI-mondial. Je conserverais le reste en réserve de comptant afin de pouvoir ajuster le portefeuille avec des achats opportunistes en cas de léger repli à court terme.

Q: Quel placement évitez-vous à tout prix?

Il y a selon moi deux types de placement à éviter: l'immobilier résidentiel au Canada et le marché obligataire.

Le premier parce que la hausse de valeur des propriétés résidentielles est finie pour de bon, même que cette valeur pourrait se replier un peu. Au-delà des besoins personnels en logement, il n'y a plus d'argent à faire en investissant dans l'immobilier résidentiel.

Quant aux obligations, il faut les éviter parce qu'en plus d'un rendement courant (taux d'intérêt) minime sinon nul, elles n'ont plus de potentiel de hausse de valeur sur les marchés. Il y a même un risque de correction des prix, notamment parmi les obligations d'entreprises, qui ont été très populaires jusqu'à récemment en raison de leur taux d'intérêt plus élevé.

Q: Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus actuellement?

Je crois que l'on sous-estime encore le rebond de croissance dans l'économie mondiale, en particulier aux États-Unis.

Je m'attends même à ce que la croissance économique américaine et même mondiale durant la deuxième moitié de 2013 s'avère bien plus forte que ce que l'on anticipe actuellement.

Dans un an, nous pourrions voir des statistiques économiques surprenantes.

Dans ce contexte, il ne faut pas négliger que les marchés boursiers ont l'habitude d'anticiper la conjoncture économique.

Le sentiment de rebond économique est donc très positif pour les marchés boursiers à moyen terme aux États-Unis, en Asie et même en Europe.

La Bourse canadienne devrait aussi en profiter, mais avec un léger décalage en raison de l'incertitude qui persiste sur la demande et les stocks de matières premières.

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