Après la tempête...

Stéphane Rochon... (PHOTO FOURNIE PAR LA BMO)

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Stéphane Rochon

Chaque samedi, un financier différent répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Stéphane Rochon, de BMO Nesbitt Burns.

À votre avis, quel est l'événement le plus significatif des derniers jours à la Bourse?

Le risque du mur fiscal était surévalué. Ce mur fiscal, qui n'en était pas un, la crise européenne, qui s'est beaucoup atténuée, la perte de momentum des marchés émergents et des États-Unis, maintenant en reprise, ont limité l'essor des actions l'an dernier. Ces trois facteurs expliquent maintenant la belle performance des actions depuis le début de l'année 2013.

Quel indicateur surveillez-vous le plus attentivement en ce moment?

L'indice des nouvelles commandes de l'Institute for Supply Management (ISM) américain est l'un des meilleurs indicateurs économiques avancés. Je surveille aussi son équivalent chinois, l'indice PMI des directeurs d'achat de la Chine, qui a une grande influence sur le marché canadien. La performance du marché boursier canadien est plus affectée par le momentum économique chinois que par l'allure de notre propre économie, car les titres des secteurs de l'énergie et des matières premières comptent pour la moitié de la composition du TSX. Or ces indicateurs sont élevés et à la hausse, ce qui représente le meilleur environnement possible pour les actions et particulièrement pour les secteurs les plus sensibles à l'économie comme les titres industriels ou technologiques, ou la consommation discrétionnaire.

Que feriez-vous avec 10 000$ à investir?

Le moment est particulièrement bien choisi pour mettre un 2000$ dans le fonds négocié en Bourse DEM de WisdomTree, un fonds de revenus axé sur les marchés émergents. J'investirais aussi 2000$ dans Manuvie dont les résultats s'améliorent et qui, comme toutes les compagnies d'assurance-vie, performe mieux dans un contexte de taux d'intérêt haussiers. Un autre cinquième irait dans les actions de grosses banques américaines comme Wells Fargo, Bank of America, ou Morgan Stanley. Je mets 2000$ dans Teck Resources pour profiter de l'essor économique chinois. La dernière portion serait investie dans des actions d'entreprises américaines exposées à une reprise de la construction commerciale, qui suit de quelques trimestres le cycle de la construction résidentielle, comme Nucor, Terex et Rockwell Automation.

Quel placement évitez-vous à tout prix?

Il y a une bulle spéculative pour les actifs apparemment «sécuritaires», comme les obligations gouvernementales à long terme ou les actions privilégiées perpétuelles. Ils ne sont pas sécuritaires, car ils sont extrêmement chers. Une hausse de seulement 1% des taux d'intérêt ferait baisser la valeur des obligations du gouvernement canadien de dix ans de 9 à 10%.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus présentement?

Le risque d'une augmentation des taux d'intérêt est sous-estimé. C'est pourtant la variable qui peut avoir le plus d'impact sur la performance des portefeuilles. La question n'est pas de savoir «si» les taux augmenteront, mais seulement de savoir «quand» cela surviendra.

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