Le soleil se pointe en Chine

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Carl Robert est co-chef des placements de Sigma Alpha Capital. Après avoir obtenu un post-doctorat en physique, le spécialiste de la théorie du chaos a bifurqué vers la finance. Il a oeuvré sept ans à la Caisse de dépôt et placement du Québec, avant de faire le saut chez Sigma Alpha, une firme montréalaise qui gère 260 millions en se fondant sur l'analyse des grands courants macro-économiques.

Chaque samedi, un financier différent répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Carl Robert, de Sigma Alpha Capital.

À votre avis, quel est l'événement le plus significatif des derniers jours à la Bourse?

Les chiffres provenant de la Chine (indice de l'activité manufacturière PMI) et les déclarations des nouveaux dirigeants chinois quant aux mesures à prendre pour stimuler davantage leur économie, signalent fort probablement qu'il n'y aura pas d'atterrissage brutal de l'économie chinoise. Les bourses chinoises et asiatiques ont d'ailleurs fort bien réagi suite à ces nouvelles données. L'indice de la Bourse de Shanghai a rebondi de plus de 3% depuis une semaine, même s'il reste en baisse de près de 8% depuis le début de 2012.

Quel indicateur surveillez-vous le plus attentivement en ce moment?

La résolution du précipice budgétaire aux États-Unis est ce qui nous préoccupe le plus en ce moment. C'est incroyable à quel point ça influence les marchés! À Washington, le président des États-Unis et les Républicains se livrent à un duel. S'ils ne s'entendent pas d'ici la fin de l'année, des réductions de dépenses et des augmentations d'impôts de 600 milliards $US entreront automatiquement en vigueur à partir du 1er janvier, retranchant 4% au PIB.

Tout ça pourrait faire déraper l'économie américaine qui connaît une embellie. Nous continuons de surveiller les indicateurs reliés à l'immobilier américain, à l'emploi et à la confiance des consommateurs.

En parallèle, nous surveillons aussi le bilan de la Réserve Fédérale américaine (Fed) qui tiendra une réunion le 12 décembre prochain. La Fed annoncera probablement la continuation de sa troisième phase d'assouplissement quantitatif (QE3+). En achetant des obligations que le gouvernement émet, c'est comme si la Fed imprimait de l'argent. Cela pourrait alourdir son bilan qui atteint presque 3000 milliards $US.

Si tel est le cas, cela devrait être très porteur pour les métaux précieux et pour l'or en particulier qui est perçu comme une devise de rechange. D'ailleurs, quand on regarde le graphique du bilan de la Fed et celui du prix de l'or, c'est presque une copie conforme.

Que feriez-vous avec 10 000$ à investir?

En supposant qu'il y aura une solution acceptable au précipice fiscal et que la Fed augmentera son bilan, je suggère le portefeuille suivant sur un horizon de placement de trois à six mois :

> 20% dans les métaux précieux (or, argent). L'argent est un hybride entre les métaux précieux et les métaux industriels, ce qui peut être intéressant si on croit à la reprise en Chine. Mais les investisseurs plus prudents peuvent investir uniquement dans l'or, car l'argent est beaucoup plus volatile.

> 25% dans les marchés boursiers américains (S&P500, Nasdaq et Dow Jones).

> 25% dans les marchés boursiers asiatiques (Hong-Kong, Japon, Singapour et Taïwan).

> 30% en obligations américaines. On veut un coussin pour se protéger, car il peut y avoir encore de grandes turbulences à court terme, en raison du précipice fiscal et de l'Europe. Quand ça va mal, les investisseurs se réfugient toujours vers les obligations et le dollar américain.

Quel placement évitez-vous à tout prix?

Il y a trop d'incertitude en Europe. J'éviterais les marchés boursiers européens pour l'instant. L'Europe est en récession depuis le dernier trimestre. Le taux de chômage ne fait qu'augmenter. Cette semaine, Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, a révisé à la baisse les perspectives de croissances en Europe. L'évaluation boursière de plusieurs marchés boursiers européens est très attrayante. C'est ce qui a fait grimper certains marchés comme l'Allemagne de manière fulgurante en 2012. Mais pour le moment, les risques sont trop élevés pour avoir une exposition européenne.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus présentement?

Nous pensons que le marché sous-estime une entente possible pour résoudre le précipice fiscal. Si ce risque devait être en grande partie réglé d'ici la fin de l'année, les marchés boursiers américains, ainsi que la plupart des actifs risqués pourraient connaître une forte remontée.

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