La Bourse hypnotisée par les politiciens

Au printemps dernier, Ian Scullion s'est joint à l'équipe... (Photo fournie par Addenda Capital)

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Au printemps dernier, Ian Scullion s'est joint à l'équipe d'Addenda Capital, à titre de vice-président, actions internationales. Auparavant, il avait travaillé chez CIBC Gestion Globale d'actifs et chez Jarislowsky Fraser. Addenda Capital a fusionné en 2008 avec Services de conseil en placement Coopérateurs.

Chaque samedi, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Ian Scullion, d'Addenda Capital.

Q. À votre avis, quel est l'événement le plus significatif des derniers jours à la Bourse?

R. Cette semaine, plusieurs sociétés ont livré leurs résultats trimestriels, comme Target, Wal-Mart et Home Depot, dans le secteur de la consommation. De manière générale, on voit que la santé du consommateur se maintient. Mais depuis deux ans, on constate que les comportements ont changé. La classe moyenne achète davantage de marques maison moins coûteuses. Mais la demande est encore soutenue du côté des produits de grand luxe, comme ceux de Cartier ou d'Hermès. La classe supérieure se porte encore assez bien, surtout dans les pays émergents.

Q. Quel indicateur suivez-vous le plus attentivement en ce moment?

R. On essaie de ne pas se laisser influencer par tout ce qui se passe du côté politique. Les problèmes en Europe et le mur budgétaire aux États-Unis créent beaucoup de volatilité à court terme. Mais notre stratégie consiste à rechercher des entreprises dominantes dans des secteurs porteurs.

Plusieurs grandes sociétés affichent une croissance de 10 à 12% par année, malgré la morosité économique. Souvent, ces sociétés paient des dividendes supérieurs aux rendements obligataires actuels, et ces dividendes augmentent de 6 ou 7% par année. À ce rythme, leurs dividendes auront doublé d'ici de 7 à 10 ans, et ils seront donc, à terme, trois fois plus élevés que le rendement des obligations gouvernementales à 10 ans. Concrètement, ces actions produiront des revenus de dividendes de 6 à 8% d'ici 10 ans en supposant un taux de dividende de départ de 2 ou 3%. À ce rendement s'ajoutera, bien sûr, l'appréciation potentielle de l'action.

Q. Que feriez-vous avec 10 000$ à investir?

R. Il y a plusieurs entreprises solides qui peuvent passer au travers de la volatilité. Quelques exemples:

- Diageo est le leader mondial des spiritueux. La majeure partie de sa croissance à long terme provient de facteurs exogènes à l'économie, comme l'augmentation des populations ethniques dans les pays développés qui préfèrent les spiritueux à la bière ou au vin; ou encore la mode des «cocktails» à base de spiritueux auprès de la gente féminine (à la Sex and the City) et des jeunes adultes qui aiment le goût sucré des boissons gazeuses.

- Novo Nordisk est le plus grand fabricant de produits pour contrôler le diabète, une véritable pandémie qui a de graves conséquences sur la santé. La consommation élevée de malbouffe combinée à une plus grande sédentarité augmente le degré d'obésité de la population mondiale, y compris en Chine, en Inde et en Indonésie.

- John Wiley&Sons est moins connu en dépit de ses 200 ans d'histoire. L'éditeur scientifique américain réalise une croissance de 8-12% par année. Il profite de la thématique de l'éducation partout dans le monde. Plusieurs pays émergents sont en train de migrer d'une économie de production vers une économie du savoir.

Q. Quel placement évitez-vous à tout prix?

R. J'évite la spéculation à court terme. Il faut arrêter de miser sur des tendances macro-économiques pour faire un coup de circuit. C'est une erreur majeure. Il y a beaucoup de volatilité autour des entreprises qui sont très endettées et très cycliques. Les investisseurs peuvent se brûler.

Dans les ressources naturelles, même une multinationale comme BHP Billiton ne sait pas combien elle dégagera de cash-flow dans 18 mois. Ça dépend de l'économie, de l'inflation, des taux d'intérêt, de la croissance en Chine... Il est impossible de prédire toutes ces variables-là.

Q. Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus présentement?

R. Sincèrement, je trouve que les investisseurs sont hypnotisés par la macro-économie et par les risques politiques. Les gens négocient beaucoup autour de ça. Il y a un gros décalage avec la performance des grandes entreprises qui réussissent à tirer leur épingle du jeu et à faire beaucoup d'argent.

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