Un enfant, ça change une vie... et un plan!

L'arrivée d'un enfant entraîne son lot de dépenses et de variations de revenus,... (PHOTO THINKSTOCK)

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Marie Lambert-Chan

Collaboration spéciale

La Presse

L'arrivée d'un enfant entraîne son lot de dépenses et de variations de revenus, surtout pendant le congé parental. Sophie Sylvain, planificatrice financière chez Desjardins Gestion de patrimoine, offre quelques astuces et stratégies pour bien s'en tirer.

Budget bébé

Couchette, table à langer, fauteuil berçant, poussette, siège d'auto, parc : les achats s'accumulent vite quand de futurs parents préparent l'arrivée de leur premier enfant. « Le coût total des grands articles pour bébé s'élève à entre 5000 et 10 000 $. Une dépense importante, voire surprenante, pour certains couples », indique Sophie Sylvain. Idéalement, il vaut mieux planifier et terminer ces achats avant la naissance, car le revenu familial déclinera pendant le congé parental.

Attention au régime de retraite

Qu'arrive-t-il à son régime de retraite pendant qu'on est en congé parental ? Certaines organisations offrent à leurs employés de continuer à cotiser leur part... ainsi que celle de l'employeur. Une somme qui se calcule en milliers de dollars pour les mères (et de plus en plus les pères) qui prennent des mois de congé parental. Le choix qui s'offre à eux est cornélien : « Si on cotise, il faut avoir prévu l'argent. Si on ne cotise pas, à long terme, cela diminuera la rente de retraite ou retardera le départ à la retraite », explique Mme Sylvain. Quant aux travailleurs autonomes, la planificatrice recommande fortement de réduire plutôt que de cesser les cotisations à leur REER.

Fractionner les revenus

Mesure fiscale fédérale, le fractionnement des revenus familiaux se révèle une option intéressante pour « les conjoints qui ont un écart de revenu important, surtout pendant l'année du congé parental », signale Sophie Sylvain. La manoeuvre fiscale permet au conjoint ayant le revenu le plus élevé de transférer jusqu'à 50 000 $ en revenu imposable au conjoint qui gagne le moins. Le taux d'imposition global de la famille baisse d'un cran, ce qui génère une économie d'impôts pouvant aller jusqu'à 1670 $ pour un résident du Québec. À noter que cette mesure est valide pour l'année fiscale 2015, mais que le gouvernement Trudeau proposera de l'abroger en 2016.

Les frais de garde

Québec a récemment augmenté les tarifs des CPE. « La mécanique de la hausse des frais reste mal comprise, ce qui pourrait coûter cher aux parents », remarque Mme Sylvain. Les parents continuent de payer 7,30 $ par jour par enfant. La tarification additionnelle modulée en fonction du revenu familial net sera réclamée au moment de la déclaration de revenus. « Il s'agit du revenu net du particulier et de son "conjoint admissible", précise-t-elle. Pour les familles reconstituées, la définition de conjoint admissible désigne celui ou celle qui était conjoint au 31 décembre de l'année fiscale. » Il faut donc mettre de côté l'argent nécessaire pour éviter les mauvaises surprises.

Les études

Selon Sophie Sylvain, le régime enregistré d'épargne-études est un véhicule d'épargne « fabuleux ». « En plus de vos cotisations, vous avez droit à des subventions combinées des gouvernements de l'ordre de 30 %, ainsi que le rendement, rappelle-t-elle. Vous devez vous y mettre rapidement, car les droits à subventions s'accumulent jusqu'à l'année du 17e anniversaire de votre enfant. » Elle suggère aux parents d'utiliser en tout ou en partie les sommes de la Prestation universelle pour la garde d'enfants qui, cette année, ont augmenté de 100 à 160 $ par mois pour chaque enfant de moins de 6 ans. Les enfants de 6 à 17 ans ont nouvellement droit à 60 $ par mois. « Beaucoup de parents n'attendaient pas cet argent. Pourquoi ne pas le faire fructifier ? », dit-elle.

Les assurances

Une assurance vie ou une assurance maladies graves est généralement abordable pour les enfants en bas âge en raison de leur bonne santé. Au moment où l'enfant arrive à l'âge adulte, ses parents lui transfèrent le contrat d'assurance. Si ce n'est déjà fait, les parents devraient aussi songer à magasiner pour eux-mêmes des assurances vie permanente et temporaire. « L'assurance vie permanente permet à vos proches de ne pas s'endetter pour payer les derniers frais à la suite de votre décès, tandis que l'assurance vie temporaire apporte un supplément pour combler les besoins de votre famille si vous mourez alors que vous avez des enfants à charge », explique Sophie Sylvain.

Le testament

Le testament est au coeur de toute bonne planification, insiste Sophie Sylvain. Peut-être l'avez-vous déjà rédigé. Si c'est le cas, prenez le temps de le réviser, car la naissance d'un enfant vous forcera à prendre de nouvelles décisions quant à vos dernières volontés, par exemple le choix de son tuteur légal. Si vous souhaitez léguer de l'argent à vos enfants, prévoyez la création d'une fiducie testamentaire. Vous pourrez décider quand et comment vos enfants auront accès à leur patrimoine. « C'est un mécanisme qui sert à protéger les héritiers d'eux-mêmes, mais aussi des vautours qui peuvent rôder autour d'eux », observe Mme Sylvain.

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