Votre fonds commun est-il un gagnant ?

La majorité des fonds communs en actions canadiennes ont battu... (PHOTO Mark Blinch, archives Reuters)

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La majorité des fonds communs en actions canadiennes ont battu leur indice de référence, le S&P/TSX, l'an dernier.

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Les gestionnaires de fonds communs en actions canadiennes n'ont pas encore la touche de Midas, mais ils ont tout de même eu la main un peu plus heureuse qu'à l'habitude dans leur sélection de titres l'an dernier.

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Infographie la presse

La majorité de ces fonds populaires ont battu leur indice de référence, le S&P/TSX, l'an dernier, selon le plus récent bulletin semestriel de la firme S&P Dow Jones. Plus précisément, 57 % ont perdu moins de valeur que l'indice composé de la Bourse de Toronto durant le marché baissier, l'an dernier. On parle ici d'un différentiel moyen de plus d'un point de pourcentage.

Mieux encore, 83 % des gestionnaires de fonds axés sur les revenus et les dividendes ont bien mérité leur commission en battant l'indice correspondant, l'indice Aristocrate de dividendes canadiens. Ces experts ont même réussi à réduire de presque la moitié les pertes substantielles de ce noble groupe de titres en 2015.

La gestion active a aussi fait la différence pour 80 % des fonds axés sur les titres de petite et moyenne capitalisation. On devine qu'un essaimage même superficiel ne peut pas nuire dans l'univers très éclaté de l'indice complémentaire S&P/TSX, le standard.

Par contre, nos gestionnaires de fonds d'actions internationales et de fonds d'actions mondiales s'exposent toujours aux boutades, alors que seulement un sur cinq a réussi à battre son indice de référence en tenant compte des gains de change. C'est pire pour les gestionnaires de fonds axés sur les seuls titres américains, alors que huit sur dix n'ont pas réussi à rapporter plus que le S&P 500 exprimé en dollars canadiens.

Il s'agit dans tous les cas d'améliorations sensibles par rapport aux performances relatives pour les trois ou, pire, les cinq dernières années. Sur cinq ans, par exemple, seulement 1 % des fonds communs d'actions américaines ont surpassé l'indice des 500.

C'est à croire que les gestionnaires canadiens tirent mieux leur épingle du jeu dans les marchés plus difficiles. Cela ne devrait pas déplaire aux investisseurs conservateurs qui préfèrent protéger leur mise avec des valeurs plus solides, quitte à sacrifier un peu de rendement quand la Bourse s'enflamme.

SINGERIES

Notons que les gestionnaires américains n'ont guère fait mieux en 2015. La majorité des fonds américains ont perdu de l'argent, alors que le marché boursier faisait du surplace après six années de hausses marquées.

Peu pouvaient en fait se distinguer, vu la forte corrélation entre tous les titres, note Craig Lazzara, stratège de S&P Dow Jones. Ils devraient avoir plus de latitude pour démontrer leurs talents avec la dispersion notée cette année, croit-il.

Les mérites des gestionnaires de fonds communs, ici comme ailleurs, ont été sérieusement entachés par de piètres résultats comparatifs ces dernières années. L'affront ultime a été la confrontation avec un singe jouant aux fléchettes sur une page de cotes boursières.

« Les gens acceptent que la gestion active n'arrive pas à battre le marché, et cela n'est même pas vrai », plaidait Peter Lynch dans un article du Wall Street Journal en décembre dernier. Il faut dire que le gestionnaire-vedette du fonds Fidelity Magellan avait mis la barre haute pour ses collègues en réalisant un rendement annualisé moyen de 29 % dans les années 80.

ÉLOGE DE LA MÉTHODE

Les fiches d'évaluation de S&P Dow Jones, qui tient aussi le compte du plus vieil indice boursier du monde, considèrent aussi les fonds qui ont disparu de la scène financière pendant la période étudiée, que ce soit à la suite d'une liquidation par manque d'intérêt ou d'un regroupement avec un autre fonds aux assises plus solides.

Les analyses rétrospectives basées sur les listes de fonds offerts sur le marché négligent habituellement ces disparus au combat, comme on en a vu plusieurs dans le secteur des ressources ces dernières années. Ce « biais de survie » fausse la comparaison pour l'investisseur qui n'a pas une pareille faculté d'abstraction.

Aye Soe, directeur de la recherche, prône également de pondérer la moyenne des fonds en fonction de leur actif. Cela représente mieux la performance à laquelle un investisseur peut s'attendre qu'une moyenne simple qui accorde autant d'importance aux fonds marginaux qu'aux plus populaires.

S&P Dow Jones, qui est responsable de plus d'un million d'indices boursiers dans le monde, se targue aussi de bien comparer « des pommes avec des pommes ».

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