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Quand les Américains frappent un mur de 600 milliards
Ce mur est constitué de plusieurs briques. En fait, plusieurs programmes de réductions d'impôt arriveront à échéance, alors que le gouvernement sera forcé de réduire ses dépenses afin d'assainir ses finances.
La dette au plafond
La dette américaine s'approche rapidement du plafond de 16 400 milliards que les Américains ont réussi à relever, in extremis, l'an dernier. Cette saga avait d'ailleurs entraîné la décote des États-Unis par Standard&Poor's.
Pour relever le plafond, il fallait alors trouver une façon de réduire le déficit. Or, les deux partis ne s'entendaient pas sur les moyens à prendre. Les républicains préféraient réduire les dépenses, alors que les démocrates voulaient plutôt augmenter les impôts.
Afin de dénouer l'impasse, ils ont convenu de réduire le déficit d'environ 1200 milliards sur 10 ans (environ 100 milliards par année) en décrétant des réductions de dépenses qui entreront en vigueur automatiquement le 1er janvier 2013.
Au programme: d'importantes réductions dans le budget de la Défense (55 milliards) qui déplaisent aux républicains ainsi que des coupes dans les dépenses discrétionnaires (45 milliards) qui déplaisent aux démocrates.
«C'étaient des mesures qui ne faisaient plaisir à personne pour forcer les partis à s'entendre», explique Jean-René Adam, chef des placements adjoint chez Hexavest. Mais l'échéance approche, et les négociations n'ont pas encore porté fruit.
Exit les baisses d'impôts
Par ailleurs, plusieurs programmes de réduction des impôts doivent aussi prendre fin le 1er janvier.
Par exemple, les baisses d'impôt décrétées par le gouvernement Bush, et qui avaient toujours été reconduites depuis les années 2000, arrivent à échéance. Une ponction d'environ 200 milliards.
«Les démocrates voudraient retirer l'avantage fiscal aux riches seulement, c'est-à-dire ceux qui gagnent plus de 250 000$ par année, et maintenir la réduction pour la classe moyenne. Les républicains voudraient reconduire l'allégement fiscal pour tous les Américains», expose M. Adam.
Par contre, les deux partis s'entendent pour ramener les cotisations sociales à leur ancien niveau. Pour stimuler l'économie en 2010, l'État avait réduit les cotisations (Payroll Tax Cut) de 6,2% à 4,2% du salaire. Une économie d'environ 1000$ par famille.
«C'est à peu près sûr que ça va se faire, estime M. Adam. Et ça veut dire 100 milliards de moins dans les poches des consommateurs.»
Déjà, le consommateur américain, pilier de l'économie, est plutôt chancelant. «Depuis 1999, la classe moyenne aux États-Unis fait face à un déclin continuel de ses revenus réels et de son pouvoir d'achat», dit Jack Ablin, chef des investissements, de la Banque privée BMO à Chicago.
*Tous les montants sont en dollars US
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