Courtage direct: la bataille des outils de placement

(Montréal) Avec l'achat d'E*Trade par la Banque Scotia, la guerre des prix s'est essoufflée dans le courtage direct. Désormais, les concurrents tentent de se distinguer par leur service à la clientèle et leurs outils. Survol des nouveautés pour les investisseurs qui sont de plus en plus nombreux à se construire eux-mêmes un portefeuille sur l'internet.

> Clavardez ce midi (24 sept.) avec Stéphanie Grammond

Les investisseurs autonomes n'ont jamais été aussi gâtés! Non seulement le prix des commissions a-t-il été divisé par trois depuis le milieu des années 2000, mais les firmes de courtage direct rivalisent maintenant d'imagination pour fournir de nouveaux outils aux individus qui veulent construire eux-mêmes leur portefeuille sur l'internet.

Chez les courtiers directs canadiens, la commission moyenne a fondu de 36,80$ en 2005, à 11,23$ en mars dernier, selon le consultant Investor Economics. Pour comparer, les investisseurs versent une commission moyenne de 274$ dans les firmes de courtage de plein exercice, où un courtier en chair et en os les conseille sur la gestion de leur portefeuille.

Reste que dans le courtage direct (ou à escompte), la guerre des prix s'est calmée depuis que la Banque Scotia a mis la main sur la filiale canadienne de E*Trade, en 2008. Le courtier américain avait largement contribué à la chute du prix des commissions.

Maintenant, tous les courtiers directs ont une grille tarifaire très semblable. Ils demandent 10$ par transaction sur l'internet, pour les investisseurs qui ont au moins 50 000$ dans leurs comptes. Les clients qui ont moins d'actifs ou qui préfèrent passer leurs ordres au téléphone paient environ 30$. Enfin, les investisseurs très actifs ont droit à des commissions à environ 5$. Difficile d'aller plus bas!

Mais l'an dernier, Scotia iTrade a surpris l'industrie en lançant les transactions gratuites sur certains fonds négociés en Bourse (FNB). Le courtier offre 50 FNB sans commission. Zéro! La brochette compte 40 iShares, 8 Horizons, 1 Vanguard et 1 PowerShares. Quand on sait que les FNB coûtent très peu en frais de gestion annuels (à partir d'aussi peu que 0,08%), cette option d'investissement est pratiquement sans frais.

QTrade a emboîté le pas en offrant jusqu'à 60 FNB sans commission. Toutefois, le site web de ce courtier indépendant de Vancouver est unilingue anglais, tout comme la plateforme d'autres petits courtiers tels que Virtual Brokers, Credential Direct et Questrade.



Un autre front

Désormais, la vraie bataille du courtage se livre sur un autre front: le service à la clientèle et les outils technologiques. «Les grands courtiers en ligne ont presque tous les mêmes prix. On se différencie avec les fonctionnalités offertes en ligne», dit Laurent Blanchard, vice-président et directeur général de Disnat.

Par exemple, plusieurs courtiers ont lancé des applications de transactions mobiles: Disnat, Pro-Investisseurs CIBC, Courtage Direct Banque Nationale et RBC Placements en Direct, notamment. Les clients peuvent suivre les marchés et procéder à des transactions à partir de leur téléphone mobile ou de leur tablette.

Les courtiers ont élaboré des outils de répartition d'actifs et d'évaluation de la performance du portefeuille. Ils ont ajouté des outils de recherche. Par exemple, Courtage Direct Banque Nationale a développé un centre d'information sur les FNB et a donné accès aux rapports de recherche de Morningstar. D'autres, comme RBC Placements en Direct, ont mis l'accent sur la formation, avec des comptes fictifs qui permettent aux débutants de se faire les dents avec de l'argent virtuel.

Autre avancée intéressante: RBC Placements en direct et BMO Ligne d'action ont maintenant un compte REER qui permet de conserver des dollars américains. Cela évite de payer des frais de conversion de devise chaque fois qu'on vend et achète des titres américains, ou chaque fois qu'une société américaine verse des dividendes.

Mais dans l'ensemble, les courtiers directs canadiens restent à la traîne par rapport aux acteurs américains, constate J.D. Power and Associates. Par exemple, ils offrent moins de séminaires et proposent moins d'outils de planification financière.

«Aux États-Unis, la concurrence a fait chuter les prix encore plus bas, forçant les courtiers les plus performants à se distinguer en offrant des outils et des ressources à valeur ajoutée», indique Lubo Li, directeur principal chez J.D. Power.

Pour l'instant, les investisseurs canadiens en ont moins pour leur argent que les Américains.

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