Les obligations de pacotille s'imposent au Canada

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Postmedia Network possède des quotidiens de Vancouver à Montréal, incluant The Gazette et le National Post.

On les appelle junk bonds aux États-Unis, obligations dimsum en Chine, high yield en France (si!) et titres de pacotille, chez nous. Mais le mépris fait place à l'envie vu l'attrayant coupon de ces obligations émises par des entreprises dont la signature n'est pas de première qualité, alors que les obligations de qualité suffisent seulement à compenser l'inflation, encore moins la hausse du prix de l'essence.

Ces obligations affichent aujourd'hui un rendement très attrayant: 9,30% par an en moyenne en Europe, 7,4% aux États-Unis et plus de 8% chez nous.

Le produit est relativement nouveau chez nous, le marché canadien étant réservé aux émetteurs de première qualité jusqu'à il y a quelques années. Il n'y avait eu que quatre émissions d'obligations notées Ba1 et moins par des entreprises canadiennes, au deuxième semestre de 2009. On en dénombre en moyenne 15 par an depuis 2010 pour un produit de plus de 9 milliardsde dollars.

Ces débentures sont évidemment plus risquées que celles émises par les entreprises bien notées. Il ne faut jamais oublier les risques de taux, de crédit et de liquidité liés à toute obligation. Les débentures, même de pacotille, ont tout de même priorité sur les actions ordinaires et, sauf exceptions, sur les privilégiées également.

La possibilité que certains émetteurs ne puissent rembourser leur dette est bien réelle. En Europe, le taux de défaut des émetteurs de moindre qualité est de 5% et aux États-Unis, 2% des émetteurs du club Ba1 ont manqué à leurs obligations à l'égard de leurs créanciers. Au Canada, le produit est trop jeune pour tirer une moyenne.

Ces titres s'adressent aux épargnants à la recherche de revenus réguliers, mais capables de faire face à un arrêt toujours possible des paiements. Il faut aussi prendre en compte les conséquences fiscales de leur encaissement, les revenus d'intérêts étant pleinement imposés alors que les ponctions fiscales sur les revenus de dividendes et les gains de capital sont atténuées.

On privilégiera les obligations dont l'échéance est proche, et qui seront donc bientôt remboursées par leur émetteur. Ces obligations de courte durée sont moins volatiles, car elles sont moins sensibles aux fluctuations des taux d'intérêt sur les marchés. Et le risque de défaut de l'entreprise est aussi moins important.

Pour reprendre une formule consacrée: ces émissions s'adressent à un public averti. Nous préférons vous en aviser!

La classification des obligations de Moody's

> Meilleure qualité

Aaa

> Haute qualité

Aa1

Aa2

Aa3

> Qualité moyenne supérieure

A1

A2

A3

> Qualité moyenne inférieure

Baa1

Baa2

Baa3

> Spéculatifs

Ba1

Ba2

Ba3

B1

B2

B3

Caa1

Caa2

Caa3

> Très spéculatifs

Ca

> Techniquement en défaut

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