La petite histoire des parts de Desjardins

Desjardins a travaillé durant un an et demi avec l'Autorité des marchés financier (AMF) pour accoucher de ses nouvelles parts F. «Ç'a été toute une affaire!», lance Marc Laplante, premier vice-président directeur du Mouvement Desjardins.

Desjardins avait besoin d'une bonne bouffée de capitaux frais pour s'adapter aux changements réglementaires et aux nouvelles normes comptables. Or, la réglementation internationale est plutôt conçue pour les banques. Et les coopératives, qui ne peuvent pas émettre des actions, ont du mal à dessiner des instruments financiers qui correspondent aux exigences... sans trop se dénaturer.

Lors de son dernier exercice financier, Desjardins a été la première institution financière à utiliser les nouvelles normes internationales d'information financière (IFRS). Ces normes ont réduit d'environ 1% le taux de fonds propres de première catégorie de Desjardins (Tier One Core Ratio) qui a baissé d'environ 17% à 16%.

Ce ratio est crucial dans l'industrie financière. Il témoigne de la solidité des institutions, de leur capacité à absorber les chocs. Depuis la crise financière de 2008, les banques du monde entier ont relevé leur ratio de capitaux propres, en suivant les règles de Bâle III. Les banques canadiennes ont toutes haussé leur ratio de façon significative, pour l'amener autour de 12,5%.

«Nous répondons déjà aux normes de Bâle III. Mais comme Desjardins n'a pas nécessairement accès à tous les moyens de capitalisation, nous avons toujours voulu avoir un coussin de fonds propres plus élevé par rapport à l'industrie», explique M. Laplante.

Pour garder sa marge de manoeuvre, Desjardins a décidé d'émettre du capital. Or, les anciennes parts permanentes ne correspondaient pas aux normes de capitaux propres de Bâle III, qui incluent essentiellement les actions ordinaires et les bénéfices non répartis (ou les réserves dans le cas de Desjardins).

C'est pourquoi Desjardins a lancé de nouvelles parts de capital, subordonnées et non rachetables, qui ressemblent davantage à des actions ordinaires.

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