Defi boursier: admettre la défaite

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Le parquet de la Bourse de New York.

Richard Dufour

Je dois avant tout rendre hommage à Michel pour sa victoire lui qui prend ainsi une revanche après sa défaite au tennis la dernière fois que nous avons foulé un court ensemble (c'était un match de double, mais tout de même).

Je veux aussi remercier les trois gestionnaires de portefeuille qui ont accepté de quitter leur zone de confort pour participer à ce duel boursier.

Les gestionnaires devaient tenir compte de plusieurs contraintes (horizon d'un an, TSX 60, ajustements trimestriels seulement, etc.). Ils avaient une main attachée dans le dos en plus de jouer le jeu sur la place publique devant les lecteurs de La Presse.

Tous les gestionnaires n'auraient pas eu le courage d'accepter mon invitation.

Surtout que nous étions dans un haut de marché il y a un an après une grande remontée depuis le creux de mars 2009.

Ce fut un exercice d'humilité extraordinaire. Je n'ai d'ailleurs jamais entendu mon camarade chroniqueur Michel Girard éprouver autant de compassion pour les analystes et les gestionnaires de portefeuille.

Il fallait vivre concrètement le défi durant une année comme celle de 2011 pour bien saisir la difficulté. Et encore, on l'a fait avec de l'argent fictif. Personne n'aime mal paraître. Le raisonnement derrière les choix effectués par les gestionnaires durant le défi est ce qui a donné toute la valeur à cet exercice de «stockpicking».

Leur raisonnement aurait-il eu autant de valeur si le défi s'était déroulé dans un marché haussier?

L'exercice a notamment démontré à quel point il peut être difficile de tenter de battre l'indice sur un terrain de jeu limité.

«Investir n'est pas un sprint, mais une épreuve d'endurance», dit Charles Marleau.

Le duel ne reflétait pas la réalité d'un investisseur, puisqu'il nous limitait au TSX 60 (Stéphane Préfontaine disait d'ailleurs il y a un an ne voir aucune occasion convaincante) et imposait de transiger à des dates précises plutôt qu'en fonction des prix.

Un bon investisseur ne commettrait jamais de vrai capital dans ces conditions. Les résultats obtenus n'ont donc rien à voir avec des portefeuilles professionnels réels.

Il faut néanmoins savoir tirer des leçons des actions et des omissions, en évaluant de façon honnête et objective les bons coups et les erreurs.Stéphane Préfontaine retient cinq leçons:

1. Les pressions pour investir à court terme sont immenses. Le flot de nouvelles qui concerne le court terme est accablant et presque irrésistible. Courir frénétiquement après des rendements de trois mois en trois mois est la meilleure recette pour échouer à long terme.

2. Notre attention doit être portée sur les rendements ajustés pour le risque. Dans un concours sur 12 mois, on peut être tenté d'y aller pour le coup de circuit, en se fiant sur l'élan des marchés ou d'un titre. On paraîtra génial ou non sur cette courte période. Mais sur le long terme, celui qui sous-estime les risques est toujours perdant.

3. Un investisseur privé ne devrait pas se mesurer à l'indice du TSX 60 pour juger sa performance; cet indice est trop risqué et n'a pas la diversification requise pour constituer le fondement d'une retraite.

4. Rester patient; en février 2011, je percevais que les risques en bourse étaient importants, c'est pourquoi j'ai amorcé avec une encaisse de 40%, ce qui était une bonne chose. J'ai investi cette encaisse trop tôt, en juin, alors que rien de fondamentalement différent ne le justifiait.

5. On peut mieux diversifier avec neuf titres qu'avec trois. Les trois gestionnaires ne formaient pas vraiment une équipe et ne se coordonnaient pas. Le portefeuille de Michel Girard était mieux équilibré, avec certains actifs à corrélation inverse.

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