L'assemblée annuelle de Berkshire Hathaway

François Rochon

Qu'avez-vous appris de l'assemblée de Berkshire Hathaway cette année?

Services experts

D'abord, Ms. Buffett et Munger ont discuté des origines de la crise et réitéré leur confiance dans notre économie et sa croissance à long terme. M. Buffett a spécifié : «J'ai 100% confiance en l'avenir du pays. À court-terme, la situation économique est difficile mais à long terme, nous avons le système économique le plus optimal pour laisser s'épanouir le potentiel humain.  Vous ne pouvez pas miser contre les États-Unis et gagner! Vos enfants et petits-enfants vont vivre bien mieux que nous».  

Aussi, ils ont adressé plusieurs questions sur les banques (dont évidemment celles possédées par Berkshire).  Sur le fameux stress-test du gouvernement américain, Warren Buffett avait ceci à dire: « Nous possédons des actions de quatre banques.  Wells-Fargo va avoir des pertes sur certains prêts c'est immanquable mais le vrai test de la solidité d'une banque réside dans sa capacité bénéficiaire. Les banques ne sont pas toutes semblables.  Le modèle d'affaires de Wells-Fargo l'a rend plus solide que les autres. Je ne sais pas ce qui va motiver ou guider le gouvernement mais je crois que Wells-Fargo est aujourd'hui plus solide grâce à la crise.»

 

Un actionnaire a ensuite demandé comment les quatre successeurs à la gestion des portefeuilles de Berkshire avait fait en 2008 : « Aucun des quatre n'a battu le S&P 500 en 2008.  Mais ça ne me dérange pas une seconde.  Nous n'avons pas battu le S&P 500 non plus. Le plus important c'est le processus de sélection de titres pour la gestion des portefeuilles.  Et dans cette optique, ils ont été fidèles à leur philosophie. Je crois qu'à long terme, ils feront tous mieux que les indices. Par contre, si certains candidats avaient vendu avant la baisse et avaient été en liquidités, j'aurais été très déçu d'eux.  Cela n'aurait pas été en ligne avec mes attentes.»

 

Un autre a ensuite demandé à M. Buffett s'il avait été déçu de perdre sa cote AAA: « Oui un peu je l'avoue.  Mais vous savez quoi?  Dans mon esprit nous sommes encore une compagnie AAA.  Et la firme Standard & Poors pense comme moi.».  M. Munger a alors ajouté : «Je crois qu'en général les compagnies de cotes de crédit utilisent des assomptions stupides qui leur permettent de faire des calculs savants avec des formules mathématiques complexes. C'est un exemple de gens trop brillants pour leur propre bien!  Mais Moody's va finir par se raviser parce que tout simplement Berkshire le mérite et ce sont des gens intelligents.» 

 

Et finalement, bien entendu, les actionnaires voulaient savoir si l'Oracle d'Omaha croit que la bourse a touché un creux : « Personne ne sait cela. Tenter d'attraper les creux, ce n'est pas notre travail.  Nous tentons d'évaluer les entreprises.  Vous devez par contre avoir la capacité émotionnelle de passer à travers les fluctuations boursières.  Le problème c'est que les gens intelligents veulent utiliser leur brillance pour prévoir des choses imprévisibles.  Si vous avez un QI de 150, vendez en donc 30 à quelqu'un d'autre!  Vous avez besoin d'être intelligent à la Bourse mais pas d'être un génie. Ce que vous avez besoin c'est d'avoir une paix intérieure pour arriver à penser par vous-même sans être influençable.» 

 

Puis, sur le niveau de la Bourse : «Ce n'est pas comme en 1974 (Munger d'enchérir : «vous ne devriez pas investir comme si un jour 1974 allait revenir»). Mais c'est un des marchés les plus intéressants que j'ai vu dans ma vie. Vous savez, les gens n'aiment pas investir dans les récessions.  Mais la meilleure année pour la Bourse que j'ai vu dans ma vie c'est en 1954, une année de récession.  Le Dow Jones avait grimpé de 50%.  Ça été ma meilleure année à vie. Et j'ai eu d'autres très bonnes années durant d'autres récessions. Vous ne devriez donc pas vous dire que si l'économie est mauvaise c'est mauvais pour les actions.  En fait, c'est souvent le temps d'acheter des actions.»

Partager

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer