Un casque novateur conçu à... Montréal

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Le problème : l'absorption des chocs. Une coiffe...

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Le problème : l'absorption des chocs. Une coiffe intérieure, en plastique semi-rigide, porte 18 petits coussins d'air. Leur disposition a fait l'objet de nombreux tests en laboratoire.

(Montréal) Plus que six jours avant le Super Bowl. La fièvre du football? Toboggan Design l'a sentie à plein pendant deux ans et demi.

En 2006, cette petite firme de Montréal a reçu le mandat de faire le design d'un nouveau casque de football révolutionnaire.

Son client était un médecin, diplômé de Harvard, ancien quart-arrière de son équipe universitaire. Vincent Ferrara s'inquiétait des dommages au cerveau causés par les chocs violents et répétés subis au cours du jeu.

Pour absorber ces coups, les casques traditionnels utilisent des coussinets de mousse compressible. Mais ces coussinets ne répondent adéquatement que dans une plage de chocs limitée.

Vincent Ferrara a trouvé la solution dans la pharmacie de sa salle de bains, sous la forme intrigante d'un petit soufflet de plastique. Pressé lentement, il laisse doucement expulser son air par sa buse, et se comprime aisément. Mais plus on y met de pression, plus il résiste. Bingo.

Vincent Ferrara a réuni des investisseurs, a fondé Xenith, et a tracé les grandes lignes d'un casque dont l'intérieur serait garni d'une série de pastilles compressibles, fonctionnant sur ce principe.

Restait à choisir une équipe de designers.

Ce fut Toboggan Design. Pourquoi des entrepreneurs de la Nouvelle-Angleterre ont-ils fait appel à cette petite firme de Montréal, fondée par Laurent Carrier, Kurt Hibchen et Bernard Daoust? «C'était grâce aux connaissances de Bernard dans le milieu de l'équipement de sport, explique Kurt Hibchen. Ils nous connaissaient par nos projets passés.» Toboggan avait notamment conçu un casque de planche à neige pour Burton.

Un banc d'essai

Plutôt que de foncer tête baissée, Kurt Hibchen et Bernard Daoust ont d'abord proposé un petit contrat pour établir le budget, l'échéancier et la méthodologie du projet. «La première chose à faire n'était pas de concevoir la coquille et de voir à quoi ressemblerait ce casque, mais plutôt de mettre au point un appareil qui nous permettrait de déterminer la configuration optimale des cellules sur la tête», décrit Kurt Hibchen.

Combien faudrait-il de ces petits coussins d'air percés d'un trou, de la dimension d'un biscuit Whippet? Où les mettre? Kurt Hibchen et Bernard Daoust ont conçu un banc d'essai - une espèce d'hybride entre un casque de bain et une passoire à gros trous. On pouvait y fixer les amortisseurs à diverses positions, l'installer dans un casque de forme standard, et vérifier l'absorption des chocs. Le laboratoire de l'École des sciences de l'activité physique de l'Université d'Ottawa a ainsi mené des milliers de tests pour arriver à la configuration idéale. Le nombre d'or s'est fixé à 18.

«Une fois qu'on avait ça, raconte Kurt Hibchen, on pouvait faire le design.»

Les designers ont retenu le même principe d'une coiffe en plastique souple, flottant entre la tête et la coquille, sur laquelle sont fixés les amortisseurs.

Avec mille détails.

La surface des amortisseurs est couverte de petites protubérances, pour réduire la friction et favoriser un léger glissement contre la surface intérieure du casque.

Question de confort, sur la face en contact avec la tête, chaque amortisseur contient une petite galette de mousse.

Sur la mentonnière, une courroie d'ajustement exerce une traction sur un câble, qui resserre certains amortisseurs sur le pourtour de la tête. Contrairement aux casques des concurrents, dont la mentonnière est anonyme, «la mentonnière fait partie du casque», précise Kurt Hibchen. Elle comporte une coquille extérieure rigide sur laquelle est tendue une membrane en silicone, elle-même garnie d'un centre en lycra!

Restait le casque proprement dit.

Ici, la marge de manoeuvre était mince. Le milieu sportif est très conservateur. Les deux designers ont donné un arc concave à la base du casque, pour inspirer l'idée de mouvement. L'ouverture pour l'oreille, traditionnellement ronde, est ici trapézoïdale. Elle donne naissance à une cannelure dont la longue courbe s'estompe à l'avant du casque. Des fentes d'aération sont percées au creux de cette strie.

Le casque X1, qui vient de gagner un prix Good Design du Chicago Athenaeum, est sur le marché depuis novembre 2008. «Certains joueurs de la NFL le portent», souligne Kurt Hibchen. Dimanche prochain, vous le reconnaîtrez peut-être, à la forme de son trou pour l'oreille, sur la tête de l'ailier rapproché Dallas Clark, le numéro 44 des Colts. Mais vous n'y verrez pas le nom de Xenith. Dans la NFL, l'équipementier Riddell a acheté le droit exclusif d'afficher son nom sur ses casques.

 

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