Ménage recomposé: partager ou non la propriété?

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«Il faut que l'on cesse de nous infantiliser, nous, les femmes! Nous sommes en 2013 et, souvent, les femmes travaillent, vivent en appartement avant d'avoir un conjoint, s'achètent une automobile et se tirent d'affaire par elles-mêmes», explique-t-elle, ajoutant qu'elle voudrait voir le gouvernement mettre fin aux «pensions alimentaires sans terme», affirme Lise Bilodeau fondatrice de L'organisme Action des nouvelles conjointes et nouveaux conjoints du Québec (ANCQ)

Isabelle Ducas, collaboration spéciale
La Presse

LE PORTRAIT

Luce, 55 ans, directrice de garderie

Salaire: 88 000$

Maison: 250 000$, solde hypothécaire: 123 000$

Paiements mensuels: 1532$

REER: 190 000$

CELI: 15 000$

RPA à prestations déterminées à 60 ans: 13 000$/an

En couple depuis 11 ans avec Louis, 58 ans, fonctionnaire provincial

Salaire: 72 000$

REER: 97 000$

RPA à prestations déterminées à 65 ans: 27 000$/an

Vient de recevoir un héritage de 100 000$ de sa mère

LE PROBLÈME

Luce est seule propriétaire de la maison. Louis lui paie un loyer de 1500$ par mois, qui couvre toutes les dépenses liées au logement. Cependant, Luce s'inquiète pour sa retraite, puisque son régime de retraite est moins généreux que celui de Louis. Son REER est tout de même bien garni, mais elle se demande si elle devrait vendre la moitié de sa maison à Louis, afin de pouvoir mettre encore plus d'argent de côté en prévision de sa retraite. Surtout que Louis vient de recevoir un héritage, ce qui lui donne les liquidités nécessaires pour un tel achat. «Mais je suis un peu réticente, explique Luce. J'ai déjà vécu une séparation. Et à ce moment-là, je n'avais pas les moyens de racheter la moitié de la maison que je possédais avec mon ex-conjoint. J'ai dû déménager et ç'a été très difficile pour moi. Je ne voudrais pas que ça se produise de nouveau.»

Le couple songe aussi à acheter une propriété en région dans quelques années pour y vivre sa retraite. Il pourrait ainsi se loger à moindre coût. En vendant sa propriété, Luce aurait des liquidités qui pourraient servir à son épargne retraite.

LA SOLUTION

Même si Louis utilise son héritage pour rembourser l'hypothèque de Luce, celle-ci n'accumulera pas plus de capital pour sa retraite, selon la planificatrice financière Marguerite Pernice, de la Banque Nationale. Le couple économiserait en intérêts hypothécaires en payant l'emprunt au complet, mais si l'héritage de Louis est investi, les revenus de placement seraient à peu près équivalents, souligne l'experte. Par contre, Mme Pernice souligne que la situation actuelle, où Louis contribue aux dépenses de la maison sans avoir de droits sur la propriété, semble inéquitable pour lui. «Ça ne serait pas une mauvaise idée qu'il achète une partie de la maison, et qu'il puisse profiter lui aussi du potentiel d'accroissement de sa valeur.» Pour minimiser les inquiétudes de Luce, il faudrait que les contributions de chacun soient inscrites dans les documents de propriété.

Mais peu importe ce que Louis fera de son héritage, le couple risque de manquer de liquidités dans ses vieux jours, étant donné son espérance de vie. Il n'y a pas de solution miracle, indique la planificatrice financière: il faut que le couple réduise son coût de vie. Le déménagement dans une région où les propriétés sont moins chères permettrait d'atteindre cet objectif. Sinon, tous deux devraient dès maintenant réduire leurs dépenses de 5000$.

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