En attendant la loi antipourriel...

(Montréal) Des horoscopes, des offres d'achats groupés, des communiqués d'une société inscrite en Bourse... une multitude de courriels non sollicités atterrissent, chaque jour, dans la boîte de réception de sa messagerie électronique. Impossible de s'en débarrasser.

«Je ne veux plus les recevoir», dit Pierre Lefebvre qui a tout fait pour aviser les expéditeurs des pourriels. «Ils ne s'occupent pas de mes demandes. Il devrait y avoir une loi qui obligerait les entreprises de ne plus envoyer de courriels», dit ce lecteur de La Presse Affaires.

Bonne nouvelle, Ottawa a justement adopté une loi antipourriel en 2010. Mauvaise nouvelle, elle n'est pas encore en vigueur. Mais le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) parle de 2013...

La loi interdira d'envoyer un courriel ou un texto sans votre permission, que ce soit à votre adresse courriel, dans les médias sociaux ou sur votre téléphone cellulaire. Et les expéditeurs n'auront plus le droit d'obtenir votre «consentement par la négative», se réjouit Philippe Viel, porte-parole de l'Union des consommateurs.

Présentement, la case est où l'on demande au consommateur s'il veut recevoir des courriels est souvent cochée par défaut. Pour éviter les envois, l'internaute doit prendre soin d'enlever le crochet. Avec la nouvelle loi, les consommateurs devront cocher eux-mêmes pour donner leur consentement.

Ce n'est pas tout. La loi empêchera aussi d'installer un logiciel sur un ordinateur sans le consentement de son propriétaire. Elle s'attaquera aussi aux faux blogueurs qui font la promotion d'une entreprise sans dévoiler leurs véritables intérêts. En plus, la future loi interdira aux polluposteurs d'aller à la pêche aux adresses courriel en balayant les pages web.

Après l'entrée en vigueur de la loi, les gens qui recevront encore des courriels non sollicités pourront se plaindre au Centre de notification des pourriels, dont le CRTC assumera la responsabilité.

«C'est un pas dans la bonne direction. Les compagnies honnêtes vont certainement suivre les règles. Mais la loi n'empêchera pas les gens malintentionnés de continuer d'envoyer des pourriels, surtout de l'étranger», prédit M. Viel.

Ainsi, les internautes ne pourront pas compter entièrement sur la loi antipourriel. Ils devront toujours rester sur leurs gardes pour ne pas mordre aux tentatives d'hameçonnage, comme celles de ces pirates qui vous demandent votre numéro de compte et votre mot de passe en se faisant passer pour votre institution financière, ou comme celle de cette héritière du Nigéria qui vous demande un coup de main pour mettre ses millions à l'abri.

Voici donc un rappel des précautions de base pour réduire le flot des pourriels.

Premièrement, il est essentiel de munir votre ordinateur d'une trousse de sécurité complète, avec un logiciel antipourriel, un antivirus et un pare-feu. Consultez le site Softonic (www.softonic.fr) pour dénicher des logiciels de sécurité gratuits, conseille l'Union des consommateurs.

Par la suite, il faut prendre soin d'activer les mises à jour qui permettent d'améliorer la sécurité des logiciels et du système d'exploitation, souligne M. Viel.

De plus, il est préférable d'éteindre son ordinateur ou de le déconnecter d'internet, lorsqu'on ne l'utilise pas, car certains logiciels malveillants profitent des ordinateurs qui restent allumés trop longtemps.

Aussi, il faut se méfier du Wi-Fi. Dans les endroits publics, plusieurs réseaux Wi-Fi permettent d'utiliser internet gratuitement. Mais certains faux points d'accès utilisent un nom de réseau semblable à celui d'un hôtel ou d'un café pour capter vos données. Ne transmettez jamais d'information névralgique sur un réseau Wi-Fi douteux. Et fermez la connexion Wi-Fi de votre appareil mobile si vous n'utilisez pas internet.

Enfin, gardez votre adresse courriel la plus secrète possible. Idéalement, ayez une adresse «sérieuse» pour le travail et les transactions financières, et une adresse de rechange pour remplir des formulaires sur le web, adhérer à des groupes, etc.

Et lorsqu'on vous demande votre adresse sur internet, remplacez le symbole @ par la lettre A pour déjouer les polluposteurs (ex: stephanie POINT grammond A lapresse POINT ca).

Malgré toutes ces précautions, que faire si vous recevez encore des pourriels? «À l'heure actuelle, nous vous recommandons de supprimer tout simplement les pourriels que vous recevez», répond tout bonnement le site web d'Industrie Canada voué à la lutte contre les pourriels (http://combattrelepourriel.gc.ca).

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