Le RVER face au REER et au CELI

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Les employés qui n'ont ni régime de pension agréé, ni REER ou CELI collectif pourront progressivement bénéficier du RVER.

Illustration Francis Léveillée, La Presse

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Marielle Rougerie
La Presse

La Régie des rentes du Québec espère à terme que 2 millions de travailleurs pourront bénéficier du régime volontaire d'épargne-retraite (RVER). Mais quels sont ses avantages par rapport au régime enregistré d'épargne-retraite (REER) ou au compte d'épargne libre d'impôt (CELI) ?

ÉPARGNE FORCÉE ET AUTOMATIQUE

Les employés qui n'ont ni régime de pension agréé, ni REER ou CELI collectif pourront progressivement bénéficier du RVER.

L'adhésion à ce système d'épargne-retraite est automatique, l'employé n'a aucune démarche à faire. Les cotisations sont directement retenues à la source, sur la paie. Le taux de cotisation par défaut sera de 2 % du salaire brut jusqu'à la fin de 2017 et augmentera jusqu'à 4 % en 2019. Le travailleur peut renoncer à adhérer au régime, s'il le souhaite, ou cesser ou suspendre son adhésion. Il peut aussi modifier son taux de cotisation.

Un travailleur autonome ou tout autre particulier intéressé peut également adhérer de manière volontaire en communiquant directement avec une institution financière autorisée.

RÉFLÉCHIR À SA RETRAITE

« Le but est de forcer les gens qui ne le faisaient pas déjà à mettre de l'argent de côté pour leur retraite, un peu à chaque paie, explique Jean-François Guay, planificateur financier au Groupe financier BMO. On conseille normalement de mettre 10 % de son salaire de côté en prévision de la retraite, si on est capable. Le taux par défaut du RVER est un bon départ, mais il ne faut pas se fier seulement à ça et compléter avec un CELI ou un REER. »

« Ça peut inciter l'employé à s'asseoir, à faire un budget, à rencontrer un conseiller financier pour discuter de sa situation financière », estime Brigitte Felx, planificatrice financière chez RBC.

SIMPLICITÉ ET FRAIS DE GESTION ALLÉGÉS

C'est à l'employeur de choisir un RVER offert par un administrateur. Tous les employés auront les mêmes options de placement. Ils auront le choix entre un RVER de base, une option de placement par défaut basée sur une approche « cycle de vie » où le niveau de risque est ajusté en fonction de l'âge, et environ trois à cinq autres placements. « Il y a peu de choix de placements offerts, mais l'avantage est que les frais de gestion sont faibles », explique Brigitte Felx.

Les frais de placement sont plafonnés à 1,25 % pour le RVER de base et à 1,50 % pour les autres placements, alors que ceux d'autres placements admissibles dans un REER ou CELI peuvent avoisiner les 2 ou 3 %. « Par contre, si notre tolérance au risque est importante et que l'on a une certaine expérience, il y a beaucoup de placements non accessibles comme les fonds d'actions de marchés émergents. »

COTISATIONS ÉVENTUELLES DE L'EMPLOYEUR

L'employeur n'a aucune obligation de le faire, mais il peut cotiser au RVER de ses employés. « C'est très avantageux si l'entreprise contribue au RVER. Par contre, les cotisations de l'employeur sont immobilisées et ne serviront que pour la retraite », souligne Brigitte Felx. « Si le but est de mettre de l'argent de côté à court ou à moyen terme, comme pour un fonds d'urgence ou pour un voyage dans deux ou trois ans, le CELI peut être un meilleur choix, estime Jean-François Guay. Dans le cas de l'achat d'une maison, le RVER ne peut être " rapé " directement, mais sa partie non immobilisée peut être transférée vers un REER. »

Les sommes placées par l'employé ne sont pas immobilisées, et les retraits font l'objet d'une imposition comme pour le REER.

ÉCONOMIES D'IMPÔTS IMMÉDIATES

Tout comme pour le REER, les cotisations sont déductibles du revenu imposable. Et comme les cotisations sont déduites du salaire brut, les économies d'impôts sont immédiates et vous n'aurez pas de remboursement d'impôts. Les cotisations du participant et de l'employeur sont assujetties au même plafond de cotisation annuel que les cotisations au REER. Les cotisations au REER et les cotisations patronales et salariales au RVER ne doivent donc pas dépasser 18 % du revenu gagné l'année précédente.

Si les économies d'impôts sont alléchantes, ce n'est pas forcément la meilleure solution pour tout le monde. « Par exemple pour les personnes à faibles revenus : à la retraite, les sommes qu'elles retirent du RVER ou du REER s'ajoutent à leurs revenus et elles pourraient perdre le Supplément de revenu garanti [SRG] », fait remarquer Mme Felx.

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