Les permis de taxi ne sont pas près de disparaître, selon des intervenants

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PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE - Montreal --- Taxi --- -8 MAI 2016

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Giuseppe Valiante
La Presse Canadienne
Montréal

Le dirigeant de l'une des entreprises qui offrent du financement pour les permis de taxis à Montréal insiste pour dire qu'il y a encore de la place pour un marché du taxi dans la métropole malgré toutes les critiques à son égard.

Le prix d'un permis de taxi a diminué de presque 40 pour cent depuis que l'application Uber a commencé ses activités au Québec il y a quatre ans, selon le ministère des Transports.

L'entreprise de Michel Hébert, FinTaxi, refuse de financer des permis dont le prix est situé en deçà de 110 000 $ - et ce, peu importe comment un vendeur est prêt à offrir.

M. Hébert considère que la valeur d'un permis de taxi est supérieure à 110 000 $ et il entend bien conserver ce plancher.

FinTaxi est sous le contrôle du Fonds de solidarité FTQ, un fonds d'investissement massif lié au plus grand syndicat de la province, qui compte les chauffeurs de taxi parmi ses membres.

La Fédération des travailleurs du Québec n'a donc pas seulement intérêt à aider cette industrie pour conserver les emplois de ses travailleurs; des dizaines de millions de dollars seraient en jeu si le marché des permis devait sombrer.

FinTaxi et la caisse Desjardins financent la vaste majorité des permis de taxis à Montréal et le marché est évalué à des centaines de millions de dollars.

C'est ce réseau complexe qui rend la crise de l'industrie du taxi si difficile à résoudre.

Le gouvernement du Québec s'est donné six mois pour tenter de régler les problèmes et trouver une solution pour l'avenir.

Trouver une solution d'avenir

Au cours des six prochains mois, les intervenants du réseau du taxi, ainsi que le ministère des Transports, tenteront d'arriver à une formule pour compenser les chauffeurs de taxi et les détenteurs de permis qui ont subi les contrecoups de l'arrivée d'Uber.

Il est peu probable, toutefois, que le gouvernement se départisse de son contrôle sur l'industrie et annonce la fin des permis, selon Vincent Geloso, économiste à l'Institut économique de Montréal, un groupe de réflexion de droite.

«Le fait est que le gouvernement compte grossièrement les votes. Il y a peu de votes à aller chercher en permettant la compétition», a-t-il analysé.

Le ministère des Transports limite le nombre de permis dans chaque ville de la province, ce qui assure la stabilité du marché du taxi.

La valeur du permis de taxi à Montréal atteignait les 200 000 $ en 2014.

Des centaines de chauffeurs de taxi ont emprunté jusqu'à 75 pour cent de la valeur du permis à FinTaxi afin d'avoir le droit de conduire un taxi dans la province.

Lorsque Uber s'est immiscé dans le marché, la multinationale a mené ses activités illégalement hors du système gouvernemental, ce qui a augmenté l'offre et diminué la valeur des permis.

Dominic Lemieux, dont le syndicat représente les chauffeurs de taxi, dit que son organisation défendra un «système équitable» pendant ces négociations pour «jouer selon les mêmes règles du jeu».

La plateforme d'Uber permet aux propriétaires de voitures d'arrondir leurs fins de mois en passant quelques heures de leur semaine à reconduire d'autres personnes.

Ce modèle économique a remis en question l'idée que le métier de chauffeur de taxi puisse continuer d'être un emploi à temps plein dans un marché contrôlé par le gouvernement.

Uber fonctionne en toute légalité au Québec en vertu d'un projet pilote adopté il y a près d'un an. Le ministère des Transports a depuis renouvelé le projet pilote d'Uber pour un an, tout lui en imposant de nouvelles règles - la multinationale a d'ailleurs menacé de quitter la province en l'absence d'un assouplissement de ces règles.

Quelle place pour l'innovation?

Selon l'économiste Vincent Geloso, Québec envoie le signal aux acteurs qu'ils doivent obtenir l'«autorisation du gouvernement pour innover» dans la province.

L'un de ces acteurs au Québec ayant obtenu l'aval du gouvernement est Téo Taxi, une entreprise qui possède une flotte de 120 véhicules électriques, mais sans permis de taxi.

Téo Taxi profite d'une «réglementation spéciale» accordée par le gouvernement du Québec lui permettant de se soustraire à une limite qui interdit à une personne ou une entreprise de louer plus que 20 permis, a expliqué Jean Vachon, un porte-parole de l'entreprise.

L'entreprise mène donc ses activités dans le cadre du système gouvernemental et loue 100 permis - mais elle a l'intention de croître considérablement.

Lorsque Téo Taxi est entré dans le marché en 2015, il a garanti à ses détenteurs de permis, sur une valeur de 180 000 $ à l'époque, un revenu de 7 pour cent par année.

«(La valeur du permis) a baissé un peu depuis», a déclaré M. Vachon.

Téo est à la table de négociation et souhaiterait mettre en vigueur «une circulation des permis» pour qu'ils conservent leur valeur dans le système géré par le gouvernement.

«C'est relativement facile de devenir chauffeur de taxi. Si on ne limite pas l'offre, il va y avoir beaucoup trop de chauffeurs de taxi et ils vont tous faire un petit revenu», a-t-il expliqué.

«La technologie doit être au service de la société, ce n'est pas la société qui doit être au service de la technologie. Une modernisation qui affame les travailleurs, pour moi, ce n'est pas de la modernisation.»




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