Bombardier: malgré les appuis, une autre gifle dès aujourd'hui?

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L'usine de Bombardier à Belfast est le plus important employeur manufacturier en Irlande du Nord, employant jusqu'à 1000 personnes qui travaillent à la conception des ailes et d'une partie du fuselage des avions de la C Series.

Photo Brian Lawless, Archives Associated Press

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Un autre gouvernement, celui de l'Irlande, a joint ses efforts cette semaine à ceux du Canada et du Royaume-Uni pour convaincre Washington de reculer dans le conflit opposant Boeing à Bombardier. Malgré tout, les États-Unis ajouteront vraisemblablement dès aujourd'hui une couche aux quelque 220 % de droits compensatoires imposés la semaine dernière aux avions de la C Series.

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Plus tôt cette semaine, le ministre des Affaires étrangères de l'Irlande, Simon Coveney, a discuté avec le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, à propos des impacts du conflit entre Bombardier et Boeing.

Photo Ints Kalnins, Reuters

Le ministre des Affaires étrangères de l'Irlande, Simon Coveney, a rencontré plus tôt cette semaine le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, celui-là même qui a annoncé la décision à l'encontre de Bombardier.

Selon divers médias locaux, il lui aurait rappelé que le dossier était susceptible de menacer le processus de paix en Irlande du Nord. Des leaders de deux partis politiques d'Irlande du Nord avaient déjà lancé le même avertissement dans une lettre envoyée au vice-président américain Mike Pence à la mi-septembre.

Leur inquiétude vient du fait que l'usine de Bombardier à Belfast est le plus important employeur manufacturier en Irlande du Nord. Cette région pauvre de l'île d'Irlande est l'une des quatre nations membres du Royaume-Uni, mais cette association est contestée par une partie de la population.

Jusqu'à 1000 personnes travaillent à Belfast à la conception des ailes et d'une partie du fuselage des avions de la C Series. Un revers économique, craint-on, pourrait avoir un effet politique déstabilisateur.

La première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, est elle aussi intervenue dans le dossier, directement auprès de M. Trump. L'agence Bloomberg rapportait toutefois hier que malgré cet appui, le gouvernement de Mme May considérait en privé le Canada comme étant le responsable de ce conflit, en raison d'aides trop généreuses envers Bombardier.

Décision aujourd'hui

Il semble peu probable que ces plaidoyers faits auprès de l'administration américaine aient un effet à court terme dans le dossier.

Tout porte en effet à croire que le département du Commerce va plutôt ajouter dès aujourd'hui des droits antidumping aux droits compensatoires de près de 220 % décrétés la semaine dernière.

Alors que les droits compensatoires ciblent les subventions « illégales » reçues par Bombardier, les droits antidumping visent à corriger un prix de vente jugé trop faible en comparaison de celui appliqué dans le marché local de Bombardier et du coût de revient des appareils.

Le taux de cette nouvelle surtaxe reste à déterminer. Comme pour les droits compensatoires, Boeing demandait à l'origine qu'il soit fixé à environ 80 %. Elle a toutefois révisé sa position en cours de route. Arguant le refus de Bombardier de fournir certaines informations exigées par le Département, Boeing a porté sa demande à 143,35 %.

Comme il l'a démontré en déclarant des droits compensatoires de 220 % alors que Boeing n'en demandait que 80 %, le département du Commerce n'est pas lié par la requête de l'entreprise américaine.




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