Bombardier: un millier de salariés pourraient se syndiquer

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Si elle réussit, la campagne en cours depuis quelques mois entraînera la syndicalisation de plus d'un millier de salariés administratifs à l'oeuvre dans les installations de Bombardier situées à Mirabel, Dorval et dans l'arrondissement de Saint-Laurent.

photo christinne muschi, archives reuters

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Excédés par la détérioration de leurs conditions de travail, des employés de bureau du secteur aéronautique de Bombardier dans la région de Montréal souhaitent se syndiquer, a appris La Presse.

Si elle réussit, la campagne en cours depuis quelques mois entraînera la syndicalisation de plus d'un millier de salariés administratifs à l'oeuvre dans les installations de Bombardier situées à Mirabel, Dorval et dans l'arrondissement de Saint-Laurent. Les trois divisions de l'avionneur sont concernées : avions commerciaux (C Series et CRJ), jets d'affaires (Challenger et Global) et aérostructures (composants).

« Il y avait eu des tentatives dans le passé, mais cette fois-ci, ce sont des employés qui sont venus nous voir », a expliqué hier David Chartrand, coordonnateur québécois de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA). Ce syndicat d'origine américaine affilié à la FTQ représente déjà les travailleurs des usines aéronautiques de Bombardier ainsi que des salariés administratifs d'Air Canada et d'Air Transat.

« La volonté des employés [de se syndiquer] est plus forte que jamais. »

- David Chartrand

Les travailleurs déplorent notamment les reculs qu'ils ont dû encaisser en ce qui a trait à leurs régimes de retraite et à leurs assurances collectives au cours des dernières années.

De plus, les deux vagues de licenciements lancées l'an dernier ont fait en sorte que les salariés restants se retrouvent avec un « surplus de travail », a précisé David Chartrand. L'importante hausse de la rémunération à laquelle les hauts dirigeants de Bombardier ont eu droit l'an dernier contribue également à attiser la frustration des employés, mais M. Chartrand ne veut pas commenter la question publiquement, préférant faire part de son point de vue directement à l'employeur.

Bombardier vient d'envoyer par messagerie au domicile des salariés concernés une lettre présentant sa position officielle sur la question, à savoir que l'entreprise préfère traiter directement avec son personnel, sans l'intermédiaire d'un syndicat. Il s'agit là d'une pratique courante dans le cadre d'une campagne de syndicalisation. Bryan Tucker, porte-parole de Bombardier Avions commerciaux, s'est fait discret hier. « On va gérer ça à l'interne », a-t-il dit.

ÇA ROULE À MIRABEL

Les travailleurs syndiqués de la chaîne d'assemblage de la C Series sont également sous pression ces jours-ci, alors que Bombardier accroît la cadence de production de sa nouvelle gamme d'avions commerciaux de 110 à 160 places. L'entreprise compte en construire au moins 30 cette année, alors qu'elle en a livré sept l'an dernier et à peine un depuis le début de 2017.

« Depuis l'assemblage du FTV1 [premier avion d'essai, en 2013], c'est la folie », a confié à La Presse un salarié qui a requis l'anonymat.

« Tout le monde met les bouchées doubles parce qu'on veut que ce programme-là fonctionne, c'est l'avenir de Bombardier », a noté David Chartrand.

Tout en reconnaissant que l'augmentation de cadence projetée pour la C Series est significative, le syndicaliste rappelle qu'en 2002 et 2003, Bombardier a livré plus de 200 jets régionaux CRJ par année.




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