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REM: Ottawa prêt à investir près de 1,5 milliard

Peu avant le budget, Ottawa aurait averti Québec... (Photo Chris Wattie, archives Reuters)

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Peu avant le budget, Ottawa aurait averti Québec que le gouvernement fédéral avait la ferme intention de participer au financement du REM, de préférence par le truchement de la nouvelle Banque de l'infrastructure du Canada.

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(OTTAWA) Le gouvernement Trudeau maintient qu'il souhaite fortement investir dans le Réseau électrique métropolitain (REM), même s'il est demeuré relativement silencieux sur ce projet de 6 milliards de dollars piloté par la Caisse de dépôt et placement dans son budget de mercredi, et il s'explique mal les réactions virulentes de Québec à ce sujet.

Le terminal Rive-Sud REM... (ILLUSTRATION FOURNIE PAR CDPQ Infra inc.) - image 1.0

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Le terminal Rive-Sud REM

ILLUSTRATION FOURNIE PAR CDPQ Infra inc.

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau... (PHOTO SEAN KILPATRICK, PC) - image 1.1

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Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau

PHOTO SEAN KILPATRICK, PC

Selon nos informations, les ténors du gouvernement de Philippe Couillard ont été prévenus au moins 24 heures avant le dépôt du budget fédéral du ministre des Finances Bill Morneau qu'il y aurait peu de détails sur les intentions d'Ottawa relativement au REM. Du même souffle, on aurait assuré Québec que le gouvernement fédéral avait la ferme intention de participer au financement du projet, de préférence par le truchement de la nouvelle Banque de l'infrastructure du Canada, afin d'optimiser les investissements dans les projets d'infrastructure au Québec.

Or, la Banque de l'infrastructure du Canada n'est pas encore créée sur le plan juridique, et aucune décision ne peut être prise quant à ses plans d'investissements avant que le projet loi confirmant sa création ne soit adopté aux Communes et au Sénat, a-t-on fait valoir. Ce projet de loi devrait être déposé par le ministre Morneau d'ici la mi-avril et la Banque devrait être officiellement lancée d'ici la fin de 2017.

En tout, le gouvernement Trudeau verrait d'un bon oeil une participation financière frisant le 1,5 milliard de dollars. Québec devrait pour sa part confirmer dans son budget de la semaine prochaine qu'il compte investir une somme comparable. En coulisses, des pourparlers préliminaires que l'on dit « prometteurs » ont déjà eu lieu entre des mandarins fédéraux et des représentants de la Caisse de dépôt au cours des dernières semaines, a-t-on confirmé à La Presse.

«L'argent est là et Québec sait qu'il aura sa part. En fait, le Québec aura la part du lion des fonds destinés au transport en commun parce qu'il y a plus d'utilisateurs de ce mode de transport au Québec qu'ailleurs.»

Une source gouvernementale qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat afin de discuter du dossier

« Mais on ne peut pas prendre des décisions de cette importance, faire les analyses qui s'imposent, quand on vient juste de recevoir les détails de ce projet de plusieurs milliards à la fin février », poursuit la source gouvernementale. 

IMPATIENCE

Si le Québec piaffe trop d'impatience, il pourrait certes obtenir le financement d'Ottawa plus rapidement, mais à partir des fonds prévus pour les infrastructures. Résultat : Québec pourrait devoir sacrifier d'autres projets pour lesquels la Banque de l'infrastructure n'aurait pas d'intérêt en voulant précipiter les choses et devrait puiser dans la part des fonds qui lui revient dans le cadre des autres programmes plus traditionnels.

« Le rôle de la Banque de l'infrastructure est justement d'attirer des investisseurs privés pour des projets comme le REM. C'est un outil de levier visant à augmenter les investissements dans les infrastructures. Mais elle n'investira pas dans les plus petits projets. Ce n'est pas son rôle », a-t-on souligné.

De passage à Toronto, jeudi, le premier ministre Justin Trudeau a d'ailleurs affirmé que son gouvernement ne voulait pas imposer ses choix aux provinces en indiquant dans le budget les projets qui seraient financés. Il a soutenu qu'un tel geste aurait été mal perçu à Québec.

Une autre source gouvernementale cachait mal sa colère d'entendre les hauts cris en provenance de Québec sur le financement fédéral de projets de transport en commun tels que le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal ou encore le SRB, le réseau de bus rapide que l'on envisage pour la ville de Québec.

«On n'a même pas reçu une demande de Québec concernant ces deux projets. On ne peut tout de même pas annoncer du financement pour des projets alors qu'on a même pas reçu des détails pour ces projets et une demande formelle.»

Une autre source gouvernementale

Mais le premier ministre du Québec Philippe Couillard s'est montré insistant durant un point de presse à Lachute. « On veut les trois projets et on veut Ottawa dans les trois projets », a-t-il affirmé, disant espérer obtenir rapidement, « un écho très fort » en provenance d'Ottawa, un écho « très net et très précis ».

Plusieurs ministres québécois de Justin Trudeau se sont dits hautement surpris de la réaction des élus du Québec. L'Assemblée nationale a voté une motion quasi unanime pour exprimer « la très grande déception » du Québec à la suite du budget fédéral déposé mercredi à la Chambre des communes.

Le ministre des Transports Marc Garneau s'est dit « surpris » des récriminations de Québec. « La réalité c'est qu'il y avait une très belle annonce dans le budget jeudi. On parlait de verser de l'argent, beaucoup d'argent en fait, pour le logement abordable, pour le transport en commun. Et puis, bien sûr, le Québec va avoir sa part. »

La ministre du Patrimoine canadien Mélanie Joly a de son côté souligné qu'Ottawa attendait des demandes précises de Québec en matière de transport en commun. Elle a affirmé que « l'argent est dans le budget » et que la main d'Ottawa est « tendue ».

« On s'attend à ce que le Québec présente ses projets, a dit Mme Joly. Moi, en tant que Montréalaise, je suis très contente de voir que la ligne bleue était un engagement électoral pour nous. On adore le projet du REM, et on appuie aussi le projet du SRB à Québec, mais la réalité c'est qu'il faut que les projets soient présentés par Québec. »




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