Bombardier: la facture totale de la C Series atteindra 7 milliards US

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Les 2 milliards requis pour terminer le développement de la gamme d'avions C Series serviront notamment, explique Bombardier, à bonifier la chaîne de montage et à assurer la « mise en marché » des avions.

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Bombardier a investi beaucoup dans sa nouvelle famille d'avions C Series et ce n'est pas fini. Le constructeur prévoit y injecter 2 milliards US de plus d'ici la fin de 2017, ce qui portera le total à pas moins de 7 milliards US.

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Bombardier’s CS300 Aircraft, showing its Pratt & Whitney engine in the foreground, sits in the hangar prior to its test flight in Mirabel, Quebec, in this February 27, 2015, file photo. A proposed government bailout of aircraft maker Bombardier Inc. could give Ottawa and Quebec control of a separate board for the CSeries jet program, eroding the influence of the company’s founding family, two sources familiar with the matter said, February 24, 2016. REUTERS/Christinne Muschi/Files

Photo archives Reuters

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Bombardier chief executive Alain Bellemare poses for photos in front of the CS100 at the company’s plant Friday, December 18, 2015 in Mirabel, Que. After years of delays and cost overruns, Bombardier’s CSeries commercial aircraft has been certified by Canada’s transportation regulator. THE CANADIAN PRESS/Ryan Remiorz

Au 31 décembre, Bombardier avait investi 4,92 milliards US dans le développement de la gamme d'avions de 110 à 150 sièges. C'est près de 2 milliards US de plus que ce qui était prévu au moment du lancement du programme, en 2008.

Mais voilà que les investissements ne sont pas terminés. Au moment de la publication des résultats annuels de Bombardier, il y a 10 jours, le PDG de la multinationale québécoise, Alain Bellemare, a révélé qu'il restait 2 milliards US à dépenser dans la C Series avant que le programme ne dégage ses premiers flux de trésorerie positifs.

Ces sommes ne seront pas comptabilisées comme des coûts de développement, a indiqué à La Presse la directrice des communications de Bombardier Avions commerciaux, Isabelle Gauthier. Elles serviront entre autres à bonifier la chaîne de montage pour accroître la cadence de production, à accumuler des stocks de pièces de rechange et à assurer la « mise en marché » des avions, a-t-elle indiqué. 

Selon les analystes financiers qui suivent Bombardier, les 2 milliards US permettront aussi de couvrir les pertes découlant de la construction des premiers appareils, un phénomène courant dans l'industrie aéronautique.

Bombardier souhaite que ces 2 milliards US soient avancés par les gouvernements. L'automne dernier, Québec s'est engagé à investir 1 milliard US en deux tranches : la première moitié le 1er avril et la deuxième le 30 juin. L'entreprise espère que le gouvernement fédéral versera également 1 milliard US ; le premier ministre Justin Trudeau doit annoncer sa décision à ce sujet d'ici le 22 mars. Si Ottawa va de l'avant, les deux gouvernements détiendront 66,7 % de la C Series et Bombardier, 33,3 %.

DÉPRÉCIATION

Rappelons qu'au moment de l'annonce de l'accord avec Québec, à la fin du mois d'octobre, Bombardier a radié de ses états financiers 3 des 5 milliards US investis jusqu'alors dans la C Series, de sorte que la valeur comptable du programme s'établit aujourd'hui à moins de 2 milliards US. Dans son rapport annuel, l'entreprise explique que la valeur des investissements en immobilisations effectués dans la C Series (5 milliards US) était « supérieure » à ce qui est possible de recouvrer par des ventes d'avions, d'où la dépréciation de 3,1 milliards US.

En même temps qu'elle développait la C Series, le projet le plus ambitieux de son histoire, Bombardier investissait massivement dans trois autres programmes d'avions, ceux des jets d'affaires Global 7000/8000, Challenger 650 et Learjet 85. Depuis 2011, l'entreprise a injecté plus de 3,9 milliards US dans ces projets. En raison de divers problèmes, l'entrée en service des Global 7000/8000 a été repoussée de deux ans, tandis que le programme du Learjet 85 a été annulé, faute de ventes suffisantes.

Ce sont ces retards et dépassements de coûts qui ont placé Bombardier dans une situation financière difficile. Depuis un an, l'entreprise a recueilli 4,6 milliards US en émettant des actions (868 millions US) et des obligations (2,25 milliards US), puis en vendant 30 % de sa division ferroviaire à la Caisse de dépôt et placement pour 1,5 milliard US. Mais comme ses revenus seront en baisse en 2016 alors que ses investissements demeureront élevés, Bombardier dit avoir besoin de l'aide des gouvernements pour maintenir un niveau adéquat de liquidités et rétablir la confiance de ses clients.

LA C SERIES FERA SES DÉBUTS À MANCHESTER

Bombardier doit livrer à Swiss son premier CS100, le plus petit avion de la C Series, d'ici la fin de juin. En entrevue à la publication spécialisée Travel Daily Media, l'un des responsables du transporteur a indiqué hier que l'appareil reliera d'abord la Suisse à la ville de Manchester, en Angleterre. Swiss déploiera ensuite ses appareils C Series à Birmingham, puis à l'aéroport du centre-ville de Londres. Les 20 CS100 et les 10 CS300 commandés par la compagnie aérienne remplaceront des avions britanniques Avro RJ 100.

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